Édition Avril 2016

Dans le but de demeurer un chef de file en grandes cultures au Québec et par souci de se tenir à l’affût des nouvelles techniques culturales, le réseau Agrocentre a profité du passage au Québec, le 11 février dernier, du professeur Fred Bellow de l’Université de l’Illinois, pour organiser une journée agronomique pour ses représentants.

Le Dr Bellow, professeur au département de phytotechnie à l’Université de l’Illinois et reconnu comme grand spécialiste de la culture du maïs et du soya, a profité de cette journée pour partager avec les représentants du réseau Agrocentre, des dernières avancées dans son domaine de prédilection, les 7 merveilles de la production de maïs à haut rendement.

 

Le texte suivant vous résume les grandes lignes de cette conférence : La température : malgré que l’on souhaite chaque année avoir un printemps précoce, sec et chaud, la réalité est que nous n’avons toujours pas trouvé le moyen de contrôler dame Nature. Une température clémente demeure toutefois le facteur le plus important dans la maximisation du rendement du maïs : selon le Dr Bellow, la température compte pour 70 boisseaux à l’acre.

La sélection des hybrides : un producteur agricole sème et récolte environ 40 fois dans une vie. Une des décisions les plus importantes qu’il a à prendre année après année est donc la sélection des hybrides qu’il sèmera. Selon le Dr Bellow, l’innovation au niveau des nouvelles variétés de maïs et les nouveaux traits de biogénétique, qui sont sans cesse améliorés, leur permettent d’exprimer leur potentiel de rendement. Toujours selon celui-ci, il faut être prêt à débourser un peu plus pour un bon hybride, dans le but d’augmenter le rendement de 50 boisseaux/acre.

Travail du sol : le travail du sol n’affecte pas le rendement autant que la croyance populaire ne le laisse croire. Peu importe le type de travail de sol choisi par le producteur, ce facteur ne compte que pour 15 boisseaux/acre, selon le Dr Bellow.

L’azote : le placement de l’azote et le stade de croissance auquel il est appliqué ont le potentiel d’influencer le rendement du maïs autant que la température. En ce qui concerne le placement, le Dr Bellow décrit le système de pendior Y (Y drop system) comme étant une pratique révolutionnaire, qui consiste à appliquer la solution d’azote liquide près des racines du plant, plutôt qu’entre les rangs. Cette nouvelle technique sera testée à l’été 2016 par le réseau Agrocentre. De plus, pour maximiser les rendements de maïs, il est important d’avoir une formule balancée en azote, phosphore et potasse (N-P-K) et autres éléments mineurs, tels que le soufre et le zinc, tout en respectant les recommandations du plan agroenvironnemental en fertilisation (PAEF). Le MESZ offre une avenue intéressante selon le professeur Bellow. L’azote compte pour 70 boisseaux/acre. Il est important de comprendre que l’azote et la température, combinés ensemble, comptent pour plus de la moitié du rendement du maïs.

Population de plants/acre : le professeur Bellow affirme qu’une grande majorité de producteurs laisse du rendement sur la table, ou plutôt dans la poche de maïs en semant une trop basse population de plants à l’acre pour un espacement de 30 pouces.

Selon lui, des solutions simples à ce problème seraient d’augmenter la population de plants semés à l’acre et de réduire l’espacement des rangs de 30 à 20 pouces ou de semer en rangs jumelés. La population de plants à l’acre compte pour 20 boisseaux/acre.

Antécédent cultural : le Dr Bellow décerne une pénalité de rendement de 25 boisseaux/acre pour une rotation maïs sur maïs. Cela s’explique par le fait que les résidus de maïs de l’année précédente, accumulés au sol, séquestrent l’azote, qui est donc moins disponible pour les nouveaux plants. Cela a pour effet de produire de plus petits plants et plus petits épis. Une rotation maïs/soya et/ou maïs/soya/céréales est conseillée.

Régulateurs de croissance : utilisé en combinaison avec un haut taux de semis, une fertilisation complète et un hybride performant. Le Professeur Bellow conseille l’utilisation de fongicides pour protéger le rendement. Ce dernier facteur et non le moindre compte pour 10 boisseaux/acre. En conclusion, bien que chacun des 7 facteurs énumérés ci-haut, pris individuellement, a l’effet d’augmenter le rendement de maïs, c’est la synergie créée par la combinaison de tous ces facteurs qui permettra d’atteindre un rendement maximal.

En travaillant main dans la main avec son représentant Agrocentre, chaque producteur a les outils à sa disposition pour aller chercher un maximum de rendement.

Bonne saison et bon semis !

Derniers miles avant le début de la saison. Comme c’est souvent le cas, plusieurs producteurs cherchent à réaliser quelques dernières ventes de grains avant d’amorcer les semis. Pour certains, c’est une question de liquidité, pour d’autres, c’est plutôt pour enfin finir de vider les silos. Dans tous les cas, le mois d’avril n’est pas toujours la meilleure période pour vendre. 

Pourquoi ? Parce que tout comme à la récolte, au printemps cette offre de grain fait généralement baisser les prix. Il y a trop de producteurs qui ont pris cette habitude en avril de « donner un dernier coup » tout juste avant les semis. Bien que ce ne soit pas toujours le cas, par exemple l’an dernier, on constate ainsi souvent un recul des prix en avril.

Évidemment cette année, avec la récolte exceptionnelle de 2015, il y a fort à parier que les prix seront moins intéressants ce mois-ci. Que peut-on faire pour contourner ce problème ?

Comme c’est le cas depuis plusieurs mois, on peut tout d’abord fermer uniquement une base plutôt que tout son prix. Bien qu’il soit vrai que la base elle-même peut s’avérer moins intéressante en avril, la tendance saisonnière à Chicago propose souvent des sommets au printemps, en mai et juin. Il y a donc encore une combinaison intéressante à aller chercher.

On peut aussi essayer de mieux planifier sa période des semis pour permettre de livrer du grain. C’est souvent dans le feu de l’action des ensemencements que des opportunités de vendre à meilleur prix se présentent, parce qu’une majorité de producteurs est trop occupée à semer pour répondre aux besoins ponctuels de certains acheteurs. Alors, pourquoi ne pas le prévoir ?

Enfin, il faut garder l’habitude de nous contacter régulièrement pour rester au fait des marchés, même pendant les semis.

Après tout, l’objectif de semer rapidement, dans les meilleures conditions, avec les meilleurs outils n’est-il pas réalisé pour obtenir de bons rendements, une bonne récolte, mais aussi de bons prix ? 

Les dépôts de soufre « naturels » provenant de la pollution sont de moins en moins grands. C’est pourquoi nous observons de plus en plus de réponses positives aux engrais contenant du soufre. Le ratio azote/soufre est essentiel pour la synthèse des protéines et pour assurer un remplissage du grain adéquat.

La principale source de soufre provient de la matière organique. Donc, si votre sol en contient peu, les chances d’avoir des carences en soufre augmentent. Les sols sableux permettent aussi d’observer des carences. Tout comme l’azote, le soufre est soumis au lessivage et ce phénomène est beaucoup plus observé en sol sableux.

Les analyses de sols peuvent nous donner une indication du niveau de soufre, mais cela ne représente qu’un portrait de la situation au moment de la prise d’échantillon. Tout changement dans la pluviométrie ou dans la température pourra affecter soit la minéralisation de la matière organique ou le niveau de lessivage, changeant ainsi la donnée obtenue.

Lors de la fertilisation, il est conseillé de viser un ratio de 10 : 1 (10 parties d’azote pour une de soufre). Ainsi, si vous devez appliquer 180 kilogrammes d’azote pour le maïs, vous devriez apporter 18 kilogrammes de soufre.

Différents fertilisants sur le marché vous permettent d’apporter le soufre. Au démarreur, le MESZ est un engrais bien balancé en azote, phosphore, soufre et zinc. Le k-Mag, si vous avez des besoins en potassium et en magnésium est le produit idéal, car il vous apportera le soufre également. À la volée, en postlevée au stade 2-3 feuilles du maïs, un mélange d’urée et de sulfate d’ammonium peut vous fournir un apport rapide en azote et soufre. En postlevée également, un mélange d’azote 32 et de thiosulfate d’ammonium vous permettra d’apporter le soufre en quantité suffisante.

Pour plus d’information, contactez votre représentant Agrocentre.

Le mois de février est riche en conférences et formations de toutes sortes. C’est le temps de l’année pour se mettre à jour sur les dernières recherches et observations en agriculture. J’ai eu la chance de participer au Rendez-vous végétal cette année. Pour moi, il est clair que les participants à cet événement seront en mesure de prendre de meilleures décisions de régie au champ pour la prochaine saison.

L’un des points discutés lors de cette journée est l’utilisation de l’azote dans le maïs grain et sa courbe de prélèvement pour combler les besoins de la plante à tous les stades. En effet, l’apport en azote est le facteur le plus important après les conditions météo. Tout le monde sait que l’azote est important dans le maïs, mais personne ne l’ajuste champ par champ. La plupart du temps, c’est la même dose pour tous les champs, pour l’ensemble de l’entreprise ! Ne devrions-nous pas plutôt prendre en considération chaque champ pour établir la quantité optimale ? 

Pour commencer, il faut bien comprendre le principe du 4B : utiliser le bon produit, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit. Basée sur ce principe, une ferme ayant plusieurs types de sols devrait avoir des stratégies différentes d’application. Vous avez quelques champs avec des sols plus légers ? Pourquoi ne pas favoriser le fractionnement pour diminuer les risques de pertes par lessivage, étant donnée la capacité moindre du sol à retenir les éléments nutritifs ? Il existe plusieurs façons de fractionner. On peut passer plusieurs fois avec une dose plus faible d’azote. On peut aussi mélanger plusieurs sources d’azote qui seront disponibles pour la plante à différents moments. Par exemple, c’est le cas de l’urée en mélange avec du sulfate d’ammonium. Fractionner, c’est aussi utiliser des produits pour stabiliser l’azote. L’Agrotain sur l’urée empêche la volatilisation entre le moment d’application sur le sol et l’incorporation par la pluie. L’Agrotain Plus se mélange au 32-0-0 pour diminuer la volatilisation et garder le plus longtemps possible l’azote sous forme ammonium (NH4+), qui est la forme la plus stable dans le sol.

Et si on parlait maintenant des hybrides de maïs ? Vous avez plusieurs hybrides sur votre ferme ? Ceux-ci sont maintenant évalués en fonction de leur réponse plus ou moins élevée à l’azote. Alors, pourquoi fertiliser en azote tous les hybrides de la même façon lorsqu’on connaît déjà ceux qui seront en mesure de vous donner un meilleur retour sur votre investissement ? Aussi, connaissez-vous vos hybrides ayant une protection contre la chrysomèle ? Ces hybrides ont la capacité de se nourrir plus longtemps en saison, car les racines sont protégées. Avez-vous assez d’azote pour que la plante se nourrisse jusqu’à la fin septembre ? Pour y arriver, de nouvelles technologies d’application existent avec des équipements à haut dégagement pour appliquer encore plus tardivement l’azote, lorsque le maïs est trop haut pour les équipements d’épandage standard.

Jusqu’ici, on a parlé de types de sols et d’hybrides pour ajuster l’azote. Mais est-ce que tous vos champs ont le même potentiel de rendement et la même fertilité ? Les champs semés hâtivement avec des hybrides « pleine saison » auront une période de végétation plus longue. Il faut alors garder en tête qu’il faut nourrir les plantes plus longtemps. Est-ce un retour de maïs grain avec énormément de résidus de l’an passé ? N’oublions pas que les bactéries du sol utilisent beaucoup d’azote pour décomposer tout ce matériel. On peut certainement favoriser l’apport d’azote si la levée du maïs est parfaite, ou être plus conservateur advenant une population finale faible. Qu’en est-il des conditions de sol ? Certains champs ont reçu des précipitations excessives d’eau au printemps ? Si beaucoup de pluie est tombée après les semis, le risque de perte est grand, surtout si le sol se draine mal ou reste humide pendant longtemps. Tous ces facteurs sont importants à considérer lors de votre dernier passage d’azote au champ.

Ceci dit, chaque producteur devrait avoir un plan de régie avant de commencer la saison. Ce plan devrait être fait champ par champ. Rien n’empêche de s’ajuster en cours de route selon les conditions météo. L’important, c’est de prendre les meilleures décisions pour atteindre ses objectifs de rendement ! 

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