Tout le monde le sait, personne le fait

Le mois de février est riche en conférences et formations de toutes sortes. C’est le temps de l’année pour se mettre à jour sur les dernières recherches et observations en agriculture. J’ai eu la chance de participer au Rendez-vous végétal cette année. Pour moi, il est clair que les participants à cet événement seront en mesure de prendre de meilleures décisions de régie au champ pour la prochaine saison.

L’un des points discutés lors de cette journée est l’utilisation de l’azote dans le maïs grain et sa courbe de prélèvement pour combler les besoins de la plante à tous les stades. En effet, l’apport en azote est le facteur le plus important après les conditions météo. Tout le monde sait que l’azote est important dans le maïs, mais personne ne l’ajuste champ par champ. La plupart du temps, c’est la même dose pour tous les champs, pour l’ensemble de l’entreprise ! Ne devrions-nous pas plutôt prendre en considération chaque champ pour établir la quantité optimale ? 

Pour commencer, il faut bien comprendre le principe du 4B : utiliser le bon produit, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit. Basée sur ce principe, une ferme ayant plusieurs types de sols devrait avoir des stratégies différentes d’application. Vous avez quelques champs avec des sols plus légers ? Pourquoi ne pas favoriser le fractionnement pour diminuer les risques de pertes par lessivage, étant donnée la capacité moindre du sol à retenir les éléments nutritifs ? Il existe plusieurs façons de fractionner. On peut passer plusieurs fois avec une dose plus faible d’azote. On peut aussi mélanger plusieurs sources d’azote qui seront disponibles pour la plante à différents moments. Par exemple, c’est le cas de l’urée en mélange avec du sulfate d’ammonium. Fractionner, c’est aussi utiliser des produits pour stabiliser l’azote. L’Agrotain sur l’urée empêche la volatilisation entre le moment d’application sur le sol et l’incorporation par la pluie. L’Agrotain Plus se mélange au 32-0-0 pour diminuer la volatilisation et garder le plus longtemps possible l’azote sous forme ammonium (NH4+), qui est la forme la plus stable dans le sol.

Et si on parlait maintenant des hybrides de maïs ? Vous avez plusieurs hybrides sur votre ferme ? Ceux-ci sont maintenant évalués en fonction de leur réponse plus ou moins élevée à l’azote. Alors, pourquoi fertiliser en azote tous les hybrides de la même façon lorsqu’on connaît déjà ceux qui seront en mesure de vous donner un meilleur retour sur votre investissement ? Aussi, connaissez-vous vos hybrides ayant une protection contre la chrysomèle ? Ces hybrides ont la capacité de se nourrir plus longtemps en saison, car les racines sont protégées. Avez-vous assez d’azote pour que la plante se nourrisse jusqu’à la fin septembre ? Pour y arriver, de nouvelles technologies d’application existent avec des équipements à haut dégagement pour appliquer encore plus tardivement l’azote, lorsque le maïs est trop haut pour les équipements d’épandage standard.

Jusqu’ici, on a parlé de types de sols et d’hybrides pour ajuster l’azote. Mais est-ce que tous vos champs ont le même potentiel de rendement et la même fertilité ? Les champs semés hâtivement avec des hybrides « pleine saison » auront une période de végétation plus longue. Il faut alors garder en tête qu’il faut nourrir les plantes plus longtemps. Est-ce un retour de maïs grain avec énormément de résidus de l’an passé ? N’oublions pas que les bactéries du sol utilisent beaucoup d’azote pour décomposer tout ce matériel. On peut certainement favoriser l’apport d’azote si la levée du maïs est parfaite, ou être plus conservateur advenant une population finale faible. Qu’en est-il des conditions de sol ? Certains champs ont reçu des précipitations excessives d’eau au printemps ? Si beaucoup de pluie est tombée après les semis, le risque de perte est grand, surtout si le sol se draine mal ou reste humide pendant longtemps. Tous ces facteurs sont importants à considérer lors de votre dernier passage d’azote au champ.

Ceci dit, chaque producteur devrait avoir un plan de régie avant de commencer la saison. Ce plan devrait être fait champ par champ. Rien n’empêche de s’ajuster en cours de route selon les conditions météo. L’important, c’est de prendre les meilleures décisions pour atteindre ses objectifs de rendement ! 


Les sept commandements pour réussir votre maïs

Dans le but de demeurer un chef de file en grandes cultures au Québec et par souci de se tenir à l’affût des nouvelles


En avril, ne te découvre pas d’un fil

Derniers miles avant le début de la saison. Comme c’est souvent le cas, plusieurs producteurs cherchent à réaliser


Le soufre, un élément à considérer

Les dépôts de soufre « naturels » provenant de la pollution sont de moins en moins grands. C’est pourquoi nous observons