Édition avril 2017

Connaissez-vous les mégadonnées ?

Avec la révolution verte, nous avons assisté à un bond prodigieux dans le rendement des récoltes. Depuis les années ‘40, l’amélioration génétique des plantes, combinée à l’utilisation judicieuse d’intrants et d’équiments performants ont fait en sorte que le potentiel de rendement des plantes en agriculture atteignait de nouveaux sommets.

Au début des années 1990, le génie génétique proposait une nouvelle approche : la transgénèse, d’où l’apparition des organismes génétiquement modifiés (OGM). Cette révolution promettait des rendements supérieurs et des produits de meilleure qualité en utilisant moins d’intrants conventionnels.

Selon l’ONU, on prévoit que la population mondiale augmentera de 2 milliards d’humains et se situera à 9.5 milliards en 2050. Ce n’est pas rien et cet impact créera une pression sur la production agricole mondiale. En parallèle, ce développement doit se faire avec un faible impact sur l’environnement. Ainsi, on devra produire de façon rentable et durable tout en minimisant l’empreinte environnementale de ce gain de productivité.

Essentiellement, le « Big Data », c’est la globalité de données et d’informations à traiter. Elles sont tellement volumineuses qu’elles nécessitent l’utilisation d’outils d’analyses et de traitements performants. Cette explosion de données provient de sources issues des nouvelles technologies. On n’a qu’à penser aux images satellites, aux capteurs de rendement et à la géolocalisation, pour n’en nommer que quelques-unes. Ces nouvelles données, dites « non structurées » donc volumineuses, s’ajoutent aux données plus conventionnelles telles que l’historique des rendements, les cultures en rotation et la description des parcelles. Le « Big Data », ce n’est pas seulement des données, mais c’est aussi des algorithmes mathématiques et statistiques qui, appliqués à ces données, permettent de les valoriser davantage. Ultimement, leur traitement sert à optimiser l’utilisation d’une ressource, cibler des habitudes, orienter des choix. Lorsque nous faisons une recherche sur Google, curieusement, peu de temps après, on voit des publicités sur notre mur Facebook, sollicitant notre intérêt. Le moteur de recherche transmet des données sur nos habitudes de consommation et ces dernières servent à des fins de publicités ciblées. Ce n’est là qu’un des multiples exemples que l’on pourrait donner.

La prochaine révolution agricole passera inévitablement par l’utilisation efficace et optimale de ces données, adaptées à la gestion de la ferme. Le manque de relève et le besoin de créer des économies d’échelle pour être plus compétitif, favorisent actuellement la consolidation des entreprises agricoles. Le nombre de fermes diminue et leur taille augmente. Le nouveau gestionnaire agricole devra être encore plus performant pour rentabiliser son entreprise.

L’agriculture de précision est possible avec l’utilisation judicieuse des données : appliquer le bon intrant, au bon moment, à la bonne dose et au bon endroit, voilà qui correspond à une vision durable de l’agriculture. Durable, puisqu’elle réduit son empreinte environnementale et permet aux producteurs une utilisation judicieuse des ressources.

Par exemple, les applications en production végétale sont, entre autres : le semis à taux variable, le dépistage et l’arrosage ciblé à l’aide de drones, la cartographie des niveaux de fertilité des sols, la cartographie des rendements et j’en passe ! L’utilisation de toutes ces données combinée à d’autres données externes peut favoriser un taux de semis optimal, une application de fertilisants mieux localisée en fonction des potentiels de rendements, un arrosage guidé par des drones qui ont ciblé des zones d’application dans les champs. De plus, l’agriculteur emmagasine les données de sa ferme en une sorte de mémoire corporative, ce qui est utile pour l’historique des champs, pour les produits et les doses utilisées, pour la commercialisation des denrées ainsi qu’un répertoire pour les différentes règlementations. Ceci représente des applications disponibles à l’heure actuelle.

 

Toutefois, on peut se permettre d’aller plus loin vers ce qu’est plus précisément le « Big Data » soit dans l’utilisation de toutes les données pertinentes dans la prise de décision ou l’automatisation des décisions. Les données externes publiques (météo, prix du marché, avertissement phytosanitaire, etc.), celles de la ferme (station météo, données de dépistage, cartes de rendements, cartes d’analyses de sols, etc.) ainsi que les données transactionnelles avec son fournisseur (prix des intrants, historique d’achats, etc.) sont des éléments de première valeur qui peuvent alimenter un système de gestion de ces informations (la plateforme) et par le fait même, valoriser ces données. Si en plus, on a accès aux données d’un ensemble de producteurs, on augmente d’autant les possibilités et la valorisation des mégadonnées. Si par exemple, il était possible de choisir son hybride de maïs ainsi que son taux de semis optimal par zone, en fonction des modèles de prévisions météo pour la saison à venir, le type de sol et sa topographie, on aurait un outil performant d’aide à la décision. 

 

La plateforme de gestion : nerf de la guerre

Le tout sera relatif à la plateforme de gestion utilisée, à ses capacités à intégrer et gérer efficacement toutes ces données. À ce jour, c’est là où se situe le nœud de la décision : Quelle plateforme utiliser et quel niveau de flexibilité génère-t-elle ? Où prend-elle ses données ? Quelles sont les possibilités à long terme avec cette plateforme ? Est-ce qu’il sera facile de migrer vers une autre plateforme dans quelques années ?

Plusieurs compagnies arriveront sur le marché en proposant leur plateforme de gestion des données et il y aura lieu de prendre une décision judicieuse en fonction des différentes possibilités offertes, certes, mais aussi en fonction de certains critères pratiques :

Avec quels intervenants ou collaborateurs la plateforme communique-t-elle ?

Quelle est la compatibilité avec mes équipements (semoirs, arroseuse, épandeurs) ?

Est-ce que le système de gestion comptable de l’entreprise est compatible avec la plateforme ?

Est-ce que le détaillant avec qui je fais affaire connait cette plateforme ?

 

Applications possibles dans un futur peut-être pas si lointain :

On peut se mettre à rêver sur les applications possibles de l’utilisation de toutes ces données. À titre d’exemple : à l’aide de lunettes munies de caméra miniature, l’identification automatique de la mauvaise herbe ou d’ennemis des cultures déclenche une sélection de produits ou interventions appropriées, validation de l’inventaire à la ferme dans le cas d’un produit phytosanitaire et commande générée au détaillant, si l’inventaire n’est pas suffisant. Envoie aussi un ordre de travail à l’opérateur de l’arroseuse (ou un autre intervenant, selon la méthode de lutte choisie) qui aura la quantité de produits à appliquer, en fonction de la superficie à traiter, selon l’évaluation faite par des drones dépisteurs. Il pourrait même y avoir une suggestion de fenêtre d’application selon les prévisions météo.

Le futur, c’est demain. Vaut mieux s’y préparer !

Comme l’an dernier, le prix du maïs éprouve des difficultés à franchir 200 $ la tonne. Pour plusieurs, il s’agit donc d’un premier objectif de vente intéressant et il fait un certain sens ! Après tout, il est en fonction d’un niveau qui apparaît acceptable considérant ce qui a été proposé dernièrement.

Le hic ? Cette manière d’évaluer ses objectifs de vente ne tient pas compte de plusieurs facteurs : coûts de production, stocks qu’il reste à écouler, le contexte du marché, les besoins des acheteurs, etc.

L’objectif de 200 $ la tonne est donc défendable, mais il est peut-être plus risqué qu’on le croit de trop attendre ce prix avant de réaliser ses premières ventes.

Par exemple, avec la récolte importante de l’automne dernier, si tous les producteurs attendent encore quelques semaines avant de vendre, tôt ou tard, un volume plus important sera disponible dans le marché. Déjà que les acheteurs en ont possiblement plus qu’il n’en faut, il sera alors encore plus difficile pour eux d’accepter de payer plus cher.

Il est vrai que le marché à Chicago pourrait forcer des prix plus élevés au printemps. Le jeu est par contre plus risqué. Non pas parce qu’ils n’ont pas pour habitude d’être plus hauts au printemps, mais surtout parce qu’on a moins le temps quand on débute la saison de surveiller les marchés et nos ventes. Comme on le sait, les prix des grains peuvent rapidement grimper, comme ils sont capables de baisser brusquement. Ce fut le cas l’an dernier. Le prix du maïs a atteint un sommet au printemps pour ensuite rapidement reculer à partir de la fin juin.

C’est pourquoi, à défaut de suivre de près les marchés et d’avoir une machine bien huilée pour vendre au printemps, il n’est certainement pas mauvais de ventiler ses ventes avant cette période. On évite ainsi de mettre tous nos œufs dans le même panier.

Que nous réserve le marché des fertilisants d’ici au printemps qui vient ? Si on regarde ce qui s’est passé depuis le printemps dernier, on a constaté que la plupart des produits N-P-K ont atteint un creux au niveau des prix que l’on n’avait pas observé depuis plusieurs années.

Par exemple, pour l’urée, le prix de l’été 2016 est descendu à un niveau qui a forcé plusieurs usines dans le monde à fermer leurs portes faute de rentabilité. C’est le cas en Chine ou 50 % des usines moins efficaces ont stoppé leur production. Cela a pour conséquence de diminuer l’offre du produit et par le fait même de consolider les prix par rapport à ce qu’ils étaient l’été dernier.

Même chose pour le phosphore et la potasse : les prix ont baissé de façon significative après le printemps 2016, mais depuis quelques semaines, ils se sont raffermis car les producteurs de fertilisants ajustent leur production selon l’offre et la demande mondiale. Encore une fois, l’exemple de la Chine pour l’urée est frappant. Selon les saisons, ce pays peut être exportateur et importateur d’urée. Quand celui-ci décide de ralentir sa production d’urée, cela a un impact sur les prix partout dans le monde.

De plus, comme la Chine et l’Inde sont les plus importants consommateurs de fertilisants au monde, leurs intentions d’achats ont un impact significatif sur notre marché local.

Qu’est-ce que ça veut dire pour les agriculteurs d’ici qui n’ont pas encore fait leurs achats pour la prochaine année ? Pas de catastrophe en vue, car malgré toutes les fluctuations dans le marché mondial, les prix devraient être à des niveaux aussi intéressants qu’au printemps 2016.

Pour plus de détails, veuillez contacter votre Agrocentre. 

 

Depuis un certain temps déjà, nous vous présentons toute sorte d’innovations, ayant comme objectif commun l’augmentation des rendements. Ceci m’amène à vous parler de la fertilisation, qui fait partie intégrante de l’atteinte de cet objectif. Les engrais complexes NPK, enrichis d’éléments mineurs (un seul granule composé de plusieurs éléments) sont une nouveauté technologique qui trouvera bien sa place dans le monde de l’agriculture de précision.

Souvent mis de côté, les éléments mineurs font partie des substances clés de la croissance des plantes et sont comparables aux vitamines dans la nutrition humaine. Comme ils sont absorbés en quantités infimes, les apports pour obtenir un niveau optimal à la culture sont généralement très faibles. Puisque les produits disponibles sont souvent des concentrés en granules qui sont mélangés à d’autres engrais, la faible proportion de l’élément mineur dans le mélange cause une répartition non uniforme de ce dernier au moment de l’application au champ. De plus, l’élément mineur appliqué de cette façon ou apporté sous forme d’enrobage est immédiatement disponible et répond seulement au besoin de démarrage en demeurant efficace pour une période limitée. Pourtant, les besoins des cultures sont bien présents du début de la croissance et jusqu’à la fin du remplissage du grain (voir figure ci-dessous). Le secret de la réussite réside donc dans la distribution homogène et dans la disponibilité de l’élément mineur pour la culture, en fonction des besoins et des stades de croissance.

Sachant cela, il devient évident que les éléments mineurs tels que le bore, doivent faire partie du processus de fabrication de chacun des granules d’engrais, pour une distribution uniforme et une libération plus lente, avec pour impact des augmentations de rendement très appréciables et un retour sur l’investissement plus qu’intéressant. Mosaic, fournisseur mondial d’engrais, a relevé le défi en mettant sur le marché l’Aspire® (0-0-58-0,5 B), un nouveau fertilisant à base de muriate de potassium enrichie de bore. Aspire® permet de répartir uniformément le bore au moment de l’application à la volée, limitant ainsi les risques de toxicité liés à une trop forte concentration de cet élément au même endroit (voir le tableau ci-dessous).

C’est bien beau tout ça, mais j’entends certains d’entre vous penser très fort : combien est-ce que ça me rapportera ? Des essais multiples et indépendants, aux États-Unis, ont démontré qu’une application de 67 kg de K2O/ha à la volée, sous forme d’Aspire®, a résulté en des augmentations de rendement de 110 kg/ha de moyenne dans le soya, en comparaison d’un apport équivalent sous forme de MOP (0-0-60). Ici au Québec, les essais ont démontré des augmentations de 146 kg/ha dans le soya, ce qui se traduit par un retour sur l’investissement de 4 $/ha pour chaque 1 $/ha investi. Pour le maïs, on parle plutôt de 3 $/ha en retour sur l’investissement.

 

Finalement, il est important de retenir qu’il ne 
faut pas avoir peur d’innover en fertilisation, car c’est payant. Les engrais complexes sont à privilégier : le maximum d’éléments différents, mélangés de façon homogène dans chaque granule et non seulement un mélange de granules ou un engrais enrobé.

Vous désirez faire l’essai de ces produits à valeur ajoutée pour augmenter la profitabilité de vos entreprises ? Votre réseau Agrocentre vous en offre plusieurs, comme le K-mag®, MESZ®, Aspire®, NOK® (21-021), Sulfan®, pour ne nommer que ceux-là !

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