Édition horticole 2018

Nous sommes dans une ère de changement, où le souci de réduire les impacts indésirables de nos actions sur notre environnement est de plus en plus présent. Après la mécanisation et les intrants chimiques, les biostimulants font leur apparition. L’utilisation de ceux-ci est en constante augmentation et ils font partie des sujets de l’heure quand on parle d’agriculture durable. Comment s’y retrouver parmi toutes les informations qui circulent…

Tout d’abord, on définit un biostimulant comme étant un produit qui favorise, stimule la croissance et le développement de la plante, et l’aide à augmenter sa tolérance face aux stress abiotiques et biotiques tels que les ravageurs, maladies, stress hydriques, etc. Les extraits d’algues, les acides aminés, les substances humiques et les inoculants microbiens forment les 4 principaux groupes de biostimulants.

 

Inoculants microbiens

Les inoculants microbiens regroupent les champignons et les bactéries. Bien que leurs modes d’action varient selon l’espèce inoculée, ils agissent tous principalement au niveau de la rhizosphère et sont donc appliqués sur la semence ou au sol, le plus près possible de la zone de développement racinaire. Les mycorhizes prolongent le système racinaire et augmentent du même coup la capacité d’absorption, améliorent la disponibilité des éléments fertilisants et la gestion du phosphore. La fixation de l’azote et la résistance aux stress abiotiques font aussi partie des avantages de l’utilisation de ces produits dans une régie de culture. Certains inoculants bactériens, quant à eux, colonisent le système racinaire en laissant moins de place à la concurrence des autres agents pathogènes indésirés, agissant comme un bouclier pour protéger la culture. Les champignons et bactéries sont des produits vivants, il faut donc porter attention à l’entreposage de ceux-ci. 

 

Acides aminés

Les acides aminés sont les constituants principaux des protéines, indispensables à la plante pour la formation des tissus végétaux et le transport des éléments nutritifs. Lorsque appliqués au champ, les acides aminés permettent une meilleure reprise de la culture suite à une période de stress tel qu’un gel, coup d’eau, chaleur, récolte, sécheresse ou herbicide. Les acides aminés sont impliqués dans plusieurs processus physiologiques : la croissance végétative, la formation et le développement des fruits, le développement racinaire, la stimulation de la photosynthèse. Certains acides aminés peuvent aussi s’associer avec des nutriments du sol pour former des chélates afin de faciliter l’assimilation et le transport de ceux-ci dans la plante, surtout en sol à pH élevé.

 

Extraits d’algues

Les extraits d’algues, de leur côté, sont issus de plusieurs sources différentes. Le réseau Agrocentre est fier d’offrir des produits québécois provenant d’algues ascophyllum nodosum, qui se développent naturellement sous nos climats rigoureux et qui sont prélevées en respectant le principe d’une récolte durable. Durant le processus de fabrication, les molécules qui permettent aux algues de résister aux stress sont extraites et transformées en divers produits liquides et granulaires. Ces extraits ont une panoplie de bienfaits à offrir à nos cultures grâce entre autres aux phytohormones qu’ils contiennent. Ils favorisent la germination, le développement racinaire et la croissance générale ; ils stimulent la floraison et la fructification, améliorent la qualité des récoltes, et la durée de vie des produits récoltés. Les extraits d’algues contiennent des molécules qui activent les systèmes de défenses naturels des plantes et les aident à combattre les multiples stress pendant la saison de croissance. Plusieurs produits biostimulants sont disponibles à travers le réseau Agrocentre, tel que le STIMULAGRO, à base d’algues marines. Sous forme de concentré liquide, il peut être appliqué en foliaire, au sol et en fertigation. Il est recommandé d’en appliquer à quelques reprises durant la saison, pour limiter le stress au moment de la transplantation par exemple, en préfloraison et en période de développement végétatif intense. Chez les cultures à fleurs, nous observons une nette augmentation du nombre de fleurs avec l’utilisation du STIMULAGRO, ce qui découle en un meilleur rendement. On note aussi une masse racinaire plus importante en réponse au traitement. Dans la culture de fraises, la stimulation de la production de stolons et une meilleure santé globale des plants ont été observées. ASCO-ROOT est un autre produit à base d’algues marines qui est ajouté aux engrais granulaires pour stimuler la croissance racinaire et la formation des tubercules. La famille des solanacées démontre une forte réponse à ce produit, en sol minéral surtout. Dans les pommes de terre, on observe une augmentation du rendement vendable, c’est-à-dire un plus gros calibre, plus d’unifomité et moins de maladie. L’ASCO-ROOT favorise grandement l’assimilation des éléments nutritifs par la plante.

 

Substances humiques

Finalement, les substances humiques proviennent de matière organique décomposée. Ce type de biostimulant agit plutôt sur le sol en ayant un impact sur la structure, l’aération et la rétention en eau. Chargés négativement, les humates agissent comme une éponge et retiennent les éléments minéraux près des racines tout en aidant à garder le phosphore disponible en limitant sa fixation. Les acides humiques favorisent le développement racinaire et augmentent la qualité des fruits et légumes. Ces produits sont à prioriser surtout en sol sableux ou à faible teneur en matière organique. Les acides humiques s’appliquent au sol ou par fertigation afin d’être positionnés le plus proche possible du système racinaire. HUMARINE est un supplément granulaire à base d’humates solubles, qui est incorporé aux engrais granulaires. Il augmente la CEC dans la zone racinaire et permet de réduire les pertes par lessivage. Il forme des chélates avec les éléments nutritifs et augmente leur disponibilité pour les plantes. OPSORBA est la version liquide qui s’ajoute facilement aux démarreurs liquides tout en offrant les mêmes avantages.

L’équipe Agrocentre met en place annuellement plusieurs essais de ces différents produits afin d’évaluer leur efficacité sous notre climat et dans nos types de sol. Les biostimulants sont des produits avant-gardistes qui méritent d’être connus et intégrés dans une régie de culture. Il faut apprendre à travailler avec eux et garder en tête que ces produits peuvent agir différemment d’une saison à l’autre selon la température, la quantité de pluie, l’ensoleillement, etc. Une plus grande réponse sera observée lorsqu’il y aura occurence de situations stressantes, ou dans certains types de sol, tandis que sous des conditions idéales, les réponses seront plus subtiles. Cependant, il faut parfois dépasser l’aspect aérien pour noter des différences. Les biostimulants s’adressent aux producteurs innovateurs qui cherchent à s’améliorer et désirent pousser le potentiel de leur culture. Il faut garder en tête que ces produits ne peuvent en aucun cas pallier aux bases fondamentales de l’agriculture, c’est-à-dire un bon drainage, un pH adéquat, et de bonnes conditions de sol, sans compaction… Il y a de plus en plus de produits offerts sur le marché, questionnez-nous sur les résultats d’essais effectués dans votre région, et assurez-vous de choisir un produit de qualité et d’avoir le support technique pour vous assister dans son utilisation.

L’agriculture constitue un pilier incontournable de l’économie provinciale. La croissance de la demande, au Québec, au Canada et dans le nord-est américain crée des opportunités de marché pour lesquelles nos producteurs agricoles sont bien positionnés malgré la compétition intense.

Certains secteurs présentent un potentiel de croissance important, notamment la production en serre ainsi que les produits maraîchers (la production biologique entre autres), et pourraient doubler leur production dans la prochaine décennie si les conditions requises se matérialisent. L’évolution de ces secteurs aura un impact déterminant sur les retombées économiques futures de l’agriculture. La demande croissante pour des produits « santé » fait également partie des tendances favorables identifiées, notamment pour les bleuets et les produits maraîchers.

Aussi, plusieurs secteurs (notamment les serres, les produits maraîchers, et les fraises) bénéficient d’une hausse des exportations vers le nord-est des États-Unis, tant que le marché américain maintient son ouverture pour les produits canadiens. Le taux de change favorable aux exportations canadiennes, les coûts de transport relativement faibles entre le Québec et le nord-est des États-Unis (en comparaison avec les coûts de transport entre la côte ouest et la côte est américaine),et la relative rareté de l’eau sur la côte ouest des États-Unis jouent aussi en faveur des producteurs québécois.

Plusieurs conditions sont présentes pour que l’agriculture québécoise puisse atteindre son plein potentiel. L’accès au financement, l’appui à l’établissement de la relève, l’innovation et la mise en place d’un environnement réglementaire favorable, ou du moins équitable, par rapport à la compétition, en sont des exemples.

Pour accompagner les producteurs dans cette évolution du marché, le réseau Agrocentre se donne la mission d’exceller dans ses champs d’expertise. Il souhaite participer à la croissance des entreprises agricoles et être complice de l’atteinte de leurs objectifs et la réalisation de leurs ambitions, en leur fournissant des solutions pratiques et rentables.

En culture maraîchère, le proverbe mieux vaut prévenir que guérir peut facilement s’appliquer. Avec les conditions météorologiques, la pression des insectes nuisibles, des maladies fongiques, et les risques pour la santé et l’environnement, le choix judicieux des produits de phytoprotection est requis.

La sélection d’un pesticide qui a un mode d’action adapté à la situation est primordiale. Par exemple, certains insecticides peuvent être appliqués lors de la plantation et avoir un effet systémique sur la plante durant une période prolongée afin de la protéger contre les insectes nuisibles. Si de la pluie est annoncée, le choix d’un fongicide systémique peut être judicieux pour la culture, puisqu’une fois absorbé, il ne risque pas d’être lessivé. De plus, quand le feuillage de la culture est abondant, un produit systémique peut se propager dans la plante et protéger contre des insectes ou des maladies. Même avec toute la bonne volonté, un produit de contact n’arrivera pas à atteindre chaque partie de la plante lorsqu’elle est très feuillue.

Pour protéger les jeunes plantules contre les maladies du sol qui attaquent les racines, il y a, entre autres le biofongicide Bora WP pour les serres et le Serenade Soil® pour les cultures en champs. Ces biofongicides favorisent la croissance de bonnes bactéries qui colonisent les racines et luttent contre des agents pathogènes comme le pythium, le rhizoctonia et le fusarium. Lorsque les conditions sont favorables au développement de ces maladies, l’application de ces produits peut être envisagée.

En conclusion, votre régie culturale, les conditions météorologiques, les caractéristiques physiologiques de la culture, la pression et la récurrence des maladies fongiques et des insectes, sont tous des facteurs importants à considérer pour bien positionner un produit. Dans le réseau Agrocentre, nous avons un coffre à outils très varié et l’expertise pour vous recommander le bon positionnement des produits selon la situation.

Une nouvelle saison est sur le point de démarrer en production maraîchère. Les investissements à l’hectare pour implanter la prochaine culture sont énormes, alors pourquoi ne pas s’asseoir quelques instants pour s’assurer d’avoir bien planifié ?

 

Limiter les sources d’infestation

En plus de prévoir de bonnes rotations de cultures, il est possible de limiter l’incidence des insectes ou maladies en contrôlant les sources d’infestation. Les résidus de culture ou les résidus de lavage qui sont mal hachés ou mal enfouis dans le champ à planter peuvent être vecteurs de maladies comme le mildiou, le botrytis ou la moucheture bactérienne. Avez-vous bien nettoyé les fossés et les bords de champs, et contrôlé les mauvaises herbes à l’automne qui peuvent cacher des ravageurs comme le vers gris ? Quelle était la culture des champs voisins l’année précédente ? La première génération d’insectes ravageurs tels que la cécidomyie du chou-fleur, le puceron de la fraise ou la chrysomèle rayée du concombre émerge souvent d’un champ à proximité. 

 

Bien connaître les membres de la famille

Il faut savoir que les insectes et les maladies sont souvent communs aux plantes d’une même famille. Il est donc primordial de choisir les bons engrais verts et de bien contrôler les mauvaises herbes apparentées à la culture à implanter pour limiter les risques d’infection. La famille des Brassicacea (crucifères) par exemple, compte la bourse à pasteur, la moutarde et le radis. La famille des Poaceae (graminées), incluant entre autres le maïs, le sorgho, le millet, le seigle, peut augmenter l’incidence de la fusariose en rotation avec des cultures sensibles. Le sarrasin (Polygonacea) est alors une excellente alternative aux graminées comme engrais vert. La betterave est de la même famille que l’amarante et la morelle est une Solanaceae, tout comme le tabac, la patate, la tomate, l’aubergine, le piment, et la cerise de terre. 

 

Gérer les mauvaises herbes

Avant de semer, il est important de penser aux stratégies de lutte contre les mauvaises herbes. Les graines des annuelles germent uniquement dans les premiers 5 cm du sol. Si les conditions vous permettent de travailler le terrain avant la date prévue de semis, le vibroculteur sert à la fois à inciter la germination des mauvaises herbes et à les détruire par la suite. Le chiendent, le souchet et la prêle peuvent se développer sous 10, 15 et 50 cm de sol respectivement, ce qui est trop creux pour le vibroculteur. Si une de ces espèces est problématique, on devrait plutôt envisager un glyphosate à grosse dose additionné d’un surfactant à base de polyéther de silicone avant le semis. Un faux semis ou un brûlage au glyphosate sont aussi envisageables lorsque les herbicides risquent de créer un stress à la culture. Si l’utilisation d’antigerminants demeure nécessaire, voici quelques précautions à ne pas oublier. Le Dual II Magnum® doit absolument demeurer en surface pour éviter des dommages aux carottes : attention en sol léger ou si des pluies abondantes entraînent la matière active dans la zone racinaire. Le Devrinol® peut être dommageable pour une céréale d’automne semée après la culture traitée. Le Chateau® dans l’oignon peut être utilisé dans le sable et les terres noires, en autant qu’elles soient bien drainées. Finalement n’oubliez pas de tenir compte de l’historique : par exemple, après une application d’Integrity®, il faut attendre 22 mois pour semer des oignons, des piments ou des betteraves. 

 

Préparer les semis

Pour terminer, les conditions de semis sont primordiales pour une bonne germination. La température du sol est facile à prendre et l’intervalle idéal pour chaque légume influence beaucoup la vigueur des plantules et leur résistance aux maladies tel que le pythium et la rhizoctonie. Le site web Agrométéo Québec est un bel outil pour aider à la planification des travaux. Il est également important d’ajuster les taux de semis selon la grosseur du grain, qui peut être modifiée par les traitements de semences, et le taux de germination, qui peut varier de 80 à 95% selon les lots. Il y a d’autres particularités, comme certaines variétés de betteraves qui sont multigermes, n’hésitez donc pas à vous informer auprès de votre fournisseur de semences.

​En conclusion, les quelques minutes prises à bien démarrer la saison vous rapporteront mille fois, c’est garanti !!!

 

 

Carrière

Nous Joindre

English