Un suivi des champs avec l’esprit ouvert

L’année 2018 a enregistré des records de chaleur et connu de longues périodes de sécheresse. Alors qu’au contraire, en 2017, ce sont les précipitations abondantes et l’arrivée très tardive des journées de chaleur qui ont marqué l’année. Cette plus grande variabilité de la météo, entre les années, mais aussi au cours d’une même saison, est possiblement l’un des effets des changements climatiques, tout comme l’augmentation de l’occurence d’événements climatiques extrêmes. Si le réchauffement planétaire a des impacts positifs, notamment sur la prolongation de la saison de culture, des grands écarts de températures se traduisent aussi dans les champs par des symptômes atypiques de maladies ou par des nouveaux ennemis des cultures. Tous ces changements peuvent causer un casse-tête lors du suivi des champs, car parfois, des symptômes standards cachent des causes surprenantes.

L’été dernier a été un paradis pour les insectes piqueurs/suceurs et les acariens. La présence non habituelle de tétranyques dans plusieurs cultures (chou, oignon, courge, céleri, etc.) a été observée sur une longue période, et les insectes ont même causé des dommages sur certaines d’entre elles. Le puceron des racines de la betterave a été découvert dans plusieurs champs, occasionnant des pertes de rendement par secteurs. Cet ennemi ne vit habituellement qu’aux États-Unis, et n’avait été observé qu’en de rares occasions au Québec il y a plus d’une décennie. Ce sont les longues périodes de sécheresse qui ont favorisé son implantation et sa multiplication dans les sols québécois. Ces 2 insectes occasionnent des dommages qui peuvent être confondus avec des symptômes de sécheresse ou de carences. Un examen minutieux de toutes les parties des plants doit être effectué pour donner un bon diagnostic.

Autant en 2017 que l’an passé, les cycles biologiques des ennemis des cultures ont été bouleversés, ce qui fait que les dates d’apparition habituelles ont été soit retardées, soit devancées. De plus, les belles journées d’automne chaudes qui perdurent maintenant souvent tard en septembre, prolongent les cycles de vie des ennemis. Le dépistage ainsi que la pose des pièges doivent donc se faire sur des plus longues périodes afin de ne pas manquer une arrivée plus hâtive des ravageurs et pour prévenir des dommages tardifs ou l’entrée d’ennemis lors de l’entreposage.

Les maladies, autant foliaires que racinaires, évoluent aussi avec ces écarts. Et certains acquis sont ébranlés, dont le fait que l’humidité favorise les champignons s’attaquant aux racines, alors que l’été dernier, plusieurs maladies racinaires ont été observées en pleine sécheresse. Également, la propagation des maladies s’est accentuée depuis quelques années. Les stress intenses subis par les plantes entrent sûrement en ligne de compte, affectant fortement leurs défenses naturelles. Une observation globale du champ doit être faite régulièrement afin de cibler les zones à risque de développer une problématique. Il est recommandé que ces zones soient par la suite dépistées assidûment pour permettre un traitement rapide si nécessaire, avant la propagation du problème au reste du champ.

Suite à tous ces changements météorologiques, les suivis aux champs doivent se faire avec l’esprit ouvert, sans idées préconçues sur ce que nous pourrions trouver. Le Réseau Agrocentre met à votre disposition divers moyens pour cibler et analyser les risques de vos cultures (imageries satellites, analyses foliaires, pièges, etc.). N’hésitez pas à discuter avec votre conseiller afin d’organiser un plan d’action personnalisé à vos cultures et à votre réalité !


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