Édition janvier 2017

À l’été 2016, la majorité de l’équipe d’Agrocentre s’est rendue en Allemagne. Ce voyage de formation avait comme but de voir ce qui se fait comme agriculture dans ce pays et de rapporter de nouvelles idées au Québec. Les Allemands ont la réputation de bien faire les choses et d’être innovateurs. Ce sont ces raisons qui nous ont poussés à nous rendre dans ce pays. Cette édition spéciale sur l’Allemagne nous permet de partager avec vous plusieurs points qui nous ont marqués.

L’Allemagne agricole

En Allemagne, les principales cultures sont les céréales d’hiver, en grande majorité le blé d’automne, suivi du maïs ensilage, du canola d’hiver, de la pomme de terre et de la betterave sucrière. J’ai été surpris d’apprendre que le maïs ensilage, bien qu’il soit produit en grande quantité, n’est pas majoritairement utilisé pour nourrir les troupeaux. Il est destiné aux usines de biogaz afin de produire de l’électricité. Lors de notre séjour en Allemagne, nous avons visité une des 400 usines présentes sur le territoire. En plus des usines de biogaz, l’Allemagne compte le plus grand nombre de panneaux solaires d’Europe. La majorité des bâtiments agricoles en sont pourvus. Le but de toute cette énergie renouvelable est de diminuer le charbon comme source principale d’électricité.

L’Allemagne compte 16 millions d’hectares en culture. Ce qui en fait le troisième pays en importance en Europe. Il est devancé par la France et l’Espagne avec respectivement 28 et 24 millions d’hectares. En comparaison, le Québec dispose d’environ 2 millions d’hectares. Bien que l’Allemagne ait une superficie cinq fois plus petite que le Québec, son climat permet la culture sur l’ensemble du territoire. Le climat, plus tempéré que le nôtre, se traduit par des températures plus fraîches l’été et plus chaudes l’hiver. Ce climat est idéal pour la culture des céréales d’automne. Nous avons visité des champs de blé qui avaient des rendements de 12 tonnes/hectare. C’est impressionnant à voir une si belle uniformité dans les champs de céréales.

 

 

La superficie des fermes est particulièrement petite. L’Allemagne compte 231 000 exploitations avec une superficie moyenne de 45,7 hectares. Tout comme le Québec, le nombre de producteurs est en déclin et les fermes ont tendance à grossir. C’est en l’Allemagne de l’Ouest que l’on retrouve les plus grandes exploitations et où plusieurs multinationales investissent dans l’achat de terres formant ainsi de très grandes exploitations.

Bien que l’Allemagne soit le troisième pays en superficie de l’Union européenne, l’Allemagne se trouve au premier rang de celle-ci en matière de recettes monétaires incluant tout le secteur de l’industrie et du commerce en gros agroalimentaires. Pas surprenant, avec toutes les machineries qui y sont fabriquées ! En exemples, les tracteurs Fendt, les machineries Amazone, Lemken, Krone, Class, etc.

La régie des cultures

Lors de notre séjour, nous avons visité des producteurs, des compagnies et des détaillants. Notre première visite se trouvait chez un producteur de pomme de terre, Carl — Mauritz von Laer.

La majorité de son marché est destiné au marché de la croustille. L’Allemagne est le premier producteur de pomme de terre de l’Union européenne. L’Allemagne cultive 245 000 hectares de pomme de terre. De cette superficie, 160 000 ha sont destinés au marché de la frite et de la croustille, 60 000 ha serviront pour le marché frais et 150 00 ha seront pour la semence. Un point retenu à cet endroit est l’obligation de tenir un registre de pesticide. L’ensemble des interventions phytosanitaires était bien inscrit dans son téléphone intelligent. En Allemagne, il est possible qu’un inspecteur passe et vous demande ce qui a été arrosé dans un champ en particulier, le nom du produit et divers points relatifs à la phytoprotection donc tout doit être inscrit au registre. Ceci tant pour les producteurs maraîchers que ceux de grandes cultures.

Nous avons continué nos visites chez un producteur de grandes cultures, Maximilian Von Laer. Après avoir fait le tour du propriétaire, nous avons visité un champ de céréales. Il nous a fait part de sa régie. Un point très différent entre nous et eux est le nombre de passages pour les herbicides. Comme l’automne est clément, les mauvaises herbes poussent jusqu’en novembre. Les producteurs doivent arroser durant l’automne et souvent, plus d’une fois. Autre constat, les régulateurs de croissance font partie intégrante du programme de régie. Ils sont appliqués à deux stades différents, soit vers le tallage et avant la sortie de l’épi.

Les visites industrielles

Lors de nos visites industrielles, nous avons visité un détaillant qui testait plusieurs produits à base de bactéries qui permettent de fixer l’azote de l’air et de la rendre disponible à la plante. Bien que les mécanismes ne semblent pas encore tous connus, leurs recherches semblent prometteuses. Nous avons aussi visité Yara, une compagnie d’engrais ainsi que la compagnie Bayer qui a son siège social en Allemagne. Bayer nous a montré leurs innovations en productions végétales ainsi que leur centre de recherche. Nous avons visité le centre des abeilles, un bâtiment consacré uniquement à l’éducation sur les abeilles. Des détaillants comme Agravis ont agrémenté le voyage en nous faisant part de leurs bons et mauvais coups commerciaux survenus au cours des dernières années.

En Allemagne, le porc est roi

Et bien sûr, le voyage a été agrémenté de nombreux repas à base de porc. Il n’est pas surprenant que tant de restaurants nous en proposent. L’Allemagne est le premier producteur de porc d’Europe. L’Allemagne compte environ 30 000 élevages répartis principalement dans le nord et le sud du pays.

Comme vous pouvez le remarquer, ce fut un voyage enrichissant au niveau des connaissances techniques et générales. Les journées se terminaient souvent par une bonne bière allemande, histoire de faire comme les habitants locaux qui en consomment passablement beaucoup !

Du 7 au 13 août 2016, j’ai eu la chance, avec une vingtaine de mes collègues, de participer à un voyage de formation agronomique en Allemagne. Nous savions que les Européens pratiquaient l’agriculture de façon intensive, mais il n’y a rien de mieux que de constater sur place les réalités que vivent ces producteurs et leurs détaillants.

Entre autres, nous avons visité un producteur de grandes cultures (820 ha), dont 254 ha de pommes de terre pour Frito-Lay. Leur rendement moyen de blé d’automne, sur 5 ans, a été de 9,62 t/ha et pour la pomme de terre, il variait entre 382 et 534 quintaux/acre. Étant aux prises avec un climat frais et pluvieux, leurs principaux problèmes sont les maladies fongiques. Le doryphore est peu problématique.

Fertilisation

Nous avons remarqué une forte tendance à utiliser des engrais composés de plusieurs éléments dans la même granule comme notre démarreur à maïs MES Zn (10-40-0 +10 S + 1Zn) ou encore notre NOK (21-0-21). Les avantagessont la distribution plus uniforme et la synergie entre les différents éléments contenus dans cette même granule. De plus en plus de producteurs utilisent aussi l’application d’azote à taux variable avec le système « N-Sensor » qui consiste en un lecteur d’azote fixé sur la cabine du tracteur qui capte les taux d’azotes contenus dans la plante et qui ajuste aussitôt le débit variable de l’épandeur de précision installé sur ce même tracteur. Bref, malgré nos différences, il semble que l’agriculture de précision et les fertilisants à valeur ajoutée sont garants de l’avenir !

L’Europe est réputée pour être avant-gardiste en matière d’environnement. À part, peut-être, pour les moteurs à diésel…

Les agriculteurs de certains pays européens sont soumis à des lois environnementales beaucoup plus sévères qu’ailleurs. Toutefois, ce n’est qu’une question de temps avant que celles-ci ne soient en vigueur au Québec.

Quelques exemples que nous avons constatés en Allemagne :

Les pulvérisateurs doivent être inspectés pour une calibration tous les deux ans. La façon de faire est standardisée dans tout le pays. Ceci permet de s’assurer que la bonne dose est appliquée uniformément au sol ou sur les plantes.

Des registres d’épandages doivent être tenus pour toutes les applications de pesticides effectuées, ceci afin de s’assurer que les produits sont utilisés selon leur dosage d’homologation et sur la bonne culture.

Les entrepôts de pesticides des agriculteurs doivent respecter certaines normes de sécurité, comme ceux qu’ont les détaillants au Québec. Ceci afin d’éviter une contamination de l’environnement suite à un déversement accidentel par exemple.

Dans le domaine des traitements de semences, les Allemands travaillent fort sur une nouvelle technologie qui permettrait de réduire ou d’éliminer ceux-ci. Car certains produits très utilisés, comme les Néonics, sont maintenant bannis.

Cet été, comme vous le savez, l’équipe du réseau Agrocentre a eu la chance d’aller en Allemagne. Lors de notre voyage de formation, nous sommes allés visiter un détaillant d’intrants agricoles qui a une vision futuriste de l’agriculture. Cette entreprise se nomme Agravis. Elle est constituée de six divisions : les semences, le secteur animalier, la division de la machinerie, les matériaux de construction, la quincaillerie et le secteur de l’énergie. Agravis est l’un des plus grands fournisseurs d’intrants et de services agricoles d’Europe. Avec plus de 400 points de services, Agravis réussit à se différencier des compétiteurs avec son service technique hors pair et un modèle d’affaires renouvelé que voici.

Avec un nombre plutôt limité de conseillers et un nombre de clients élevé (ratio 1:200), Agravis mise sur un modèle d’affaires complètement différent de celui en vigueur au Québec. Les clients de petite taille, qui représentent environ 90 % du volume d’achat, passent directement au bureau ou communiquent par téléphone pour effectuer des commandes. Seuls les clients de plus gros volume reçoivent la visite des conseillers et les offres de services sont modulées et facturées en fonction de la taille de leurs opérations.

Bien qu’au fil des ans les opérations de l’entreprise se soient diversifiées, leur champ d’expertise demeure les productions végétales. Les informations transmises à leur équipe de consultation proviennent de leurs propres recherches et expérimentations.

L’entreprise compte plus de 100 expériences sur environ 20 sites différents. Les projets misent principalement sur les nouvelles méthodes de protection des végétaux et sur les modèles de prévision. Leurs recommandations sont donc basées sur une agriculture moderne.

Agravis est à la fine pointe de la technologie non seulement au niveau de leurs recommandations, mais aussi grâce aux outils avec lesquels ils travaillent. Ils ont une application mobile qui permet aux producteurs de recevoir des recommandations et des avertissements en fonction de leur région et par culture. Ils ont aussi un système de gestion sur le terrain qui relie des données prises sur le terrain aux recommandations et à de la documentation agricole. Le producteur peut donc recevoir automatiquement les recommandations applicables dans ses champs. L’entreprise mise aussi sur la technologie pour faire des gains d’efficacité. Le conseiller peut prendre des commandes chez un client à l’aide d’une tablette. La commande sera instantanément envoyée au bureau pour être traitée. Ceci permet de faire un suivi personnalisé et d’assurer une livraison rapide et efficace.

Finalement, la visite d’une entreprise telle Agravis nous fait voir à quel point les Européens sont novateurs vis-à-vis de la technologie et de l’amélioration des rendements. Le but de ce voyage formatif est de mettre en application nos nouvelles connaissances et de continuer à utiliser les plus récentes technologies pour se démarquer. L’Outil R7® de Croplan® par Winfield qui nous permet d’élaborer et d’évaluer les performances est une des stratégies innovatrices déjà utilisées dans le réseau. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre représentant au sujet des nouvelles technologies disponibles chez Agrocentre.

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