Portrait de l’Allemagne agricole

À l’été 2016, la majorité de l’équipe d’Agrocentre s’est rendue en Allemagne. Ce voyage de formation avait comme but de voir ce qui se fait comme agriculture dans ce pays et de rapporter de nouvelles idées au Québec. Les Allemands ont la réputation de bien faire les choses et d’être innovateurs. Ce sont ces raisons qui nous ont poussés à nous rendre dans ce pays. Cette édition spéciale sur l’Allemagne nous permet de partager avec vous plusieurs points qui nous ont marqués.

L’Allemagne agricole

En Allemagne, les principales cultures sont les céréales d’hiver, en grande majorité le blé d’automne, suivi du maïs ensilage, du canola d’hiver, de la pomme de terre et de la betterave sucrière. J’ai été surpris d’apprendre que le maïs ensilage, bien qu’il soit produit en grande quantité, n’est pas majoritairement utilisé pour nourrir les troupeaux. Il est destiné aux usines de biogaz afin de produire de l’électricité. Lors de notre séjour en Allemagne, nous avons visité une des 400 usines présentes sur le territoire. En plus des usines de biogaz, l’Allemagne compte le plus grand nombre de panneaux solaires d’Europe. La majorité des bâtiments agricoles en sont pourvus. Le but de toute cette énergie renouvelable est de diminuer le charbon comme source principale d’électricité.

L’Allemagne compte 16 millions d’hectares en culture. Ce qui en fait le troisième pays en importance en Europe. Il est devancé par la France et l’Espagne avec respectivement 28 et 24 millions d’hectares. En comparaison, le Québec dispose d’environ 2 millions d’hectares. Bien que l’Allemagne ait une superficie cinq fois plus petite que le Québec, son climat permet la culture sur l’ensemble du territoire. Le climat, plus tempéré que le nôtre, se traduit par des températures plus fraîches l’été et plus chaudes l’hiver. Ce climat est idéal pour la culture des céréales d’automne. Nous avons visité des champs de blé qui avaient des rendements de 12 tonnes/hectare. C’est impressionnant à voir une si belle uniformité dans les champs de céréales.

 

 

La superficie des fermes est particulièrement petite. L’Allemagne compte 231 000 exploitations avec une superficie moyenne de 45,7 hectares. Tout comme le Québec, le nombre de producteurs est en déclin et les fermes ont tendance à grossir. C’est en l’Allemagne de l’Ouest que l’on retrouve les plus grandes exploitations et où plusieurs multinationales investissent dans l’achat de terres formant ainsi de très grandes exploitations.

Bien que l’Allemagne soit le troisième pays en superficie de l’Union européenne, l’Allemagne se trouve au premier rang de celle-ci en matière de recettes monétaires incluant tout le secteur de l’industrie et du commerce en gros agroalimentaires. Pas surprenant, avec toutes les machineries qui y sont fabriquées ! En exemples, les tracteurs Fendt, les machineries Amazone, Lemken, Krone, Class, etc.

La régie des cultures

Lors de notre séjour, nous avons visité des producteurs, des compagnies et des détaillants. Notre première visite se trouvait chez un producteur de pomme de terre, Carl — Mauritz von Laer.

La majorité de son marché est destiné au marché de la croustille. L’Allemagne est le premier producteur de pomme de terre de l’Union européenne. L’Allemagne cultive 245 000 hectares de pomme de terre. De cette superficie, 160 000 ha sont destinés au marché de la frite et de la croustille, 60 000 ha serviront pour le marché frais et 150 00 ha seront pour la semence. Un point retenu à cet endroit est l’obligation de tenir un registre de pesticide. L’ensemble des interventions phytosanitaires était bien inscrit dans son téléphone intelligent. En Allemagne, il est possible qu’un inspecteur passe et vous demande ce qui a été arrosé dans un champ en particulier, le nom du produit et divers points relatifs à la phytoprotection donc tout doit être inscrit au registre. Ceci tant pour les producteurs maraîchers que ceux de grandes cultures.

Nous avons continué nos visites chez un producteur de grandes cultures, Maximilian Von Laer. Après avoir fait le tour du propriétaire, nous avons visité un champ de céréales. Il nous a fait part de sa régie. Un point très différent entre nous et eux est le nombre de passages pour les herbicides. Comme l’automne est clément, les mauvaises herbes poussent jusqu’en novembre. Les producteurs doivent arroser durant l’automne et souvent, plus d’une fois. Autre constat, les régulateurs de croissance font partie intégrante du programme de régie. Ils sont appliqués à deux stades différents, soit vers le tallage et avant la sortie de l’épi.

Les visites industrielles

Lors de nos visites industrielles, nous avons visité un détaillant qui testait plusieurs produits à base de bactéries qui permettent de fixer l’azote de l’air et de la rendre disponible à la plante. Bien que les mécanismes ne semblent pas encore tous connus, leurs recherches semblent prometteuses. Nous avons aussi visité Yara, une compagnie d’engrais ainsi que la compagnie Bayer qui a son siège social en Allemagne. Bayer nous a montré leurs innovations en productions végétales ainsi que leur centre de recherche. Nous avons visité le centre des abeilles, un bâtiment consacré uniquement à l’éducation sur les abeilles. Des détaillants comme Agravis ont agrémenté le voyage en nous faisant part de leurs bons et mauvais coups commerciaux survenus au cours des dernières années.

En Allemagne, le porc est roi

Et bien sûr, le voyage a été agrémenté de nombreux repas à base de porc. Il n’est pas surprenant que tant de restaurants nous en proposent. L’Allemagne est le premier producteur de porc d’Europe. L’Allemagne compte environ 30 000 élevages répartis principalement dans le nord et le sud du pays.

Comme vous pouvez le remarquer, ce fut un voyage enrichissant au niveau des connaissances techniques et générales. Les journées se terminaient souvent par une bonne bière allemande, histoire de faire comme les habitants locaux qui en consomment passablement beaucoup !


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