Édition janvier 2018

La culture québécoise est colorée d’expressions et de croyances sur tous les thèmes et pour toutes les occasions. En ce début de nouvelle année, célébrons notre folklore avec une petite compilation des expressions agricoles du terroir !

 

Quel temps fera-t-il ?

En agriculture, la météo est particulièrement importante, et pour la prédire, il n’y a qu’à bien observer la nature qui nous entoure. Ainsi, des nuages en écailles de poisson, tout comme les hirondelles qui volent bas ou les vaches couchées au champ, sont annonciateurs de pluie. Au contraire, un soleil rouge au coucher signifie qu’il fera chaud et beau le lendemain. À plus long terme, il semble que la rigueur de l’hiver à venir puisse être mesurée à l’épaisseur de la pelure des oignons récoltés, et la quantité de neige à tomber, à la hauteur des nids de guêpes, ou du premier épi, sur les plants de maïs. Un printemps tardif et froid annoncerait que l’année suivante sera froide aussi.

Le vocabulaire québécois s’est construit au fil des ans, et s’il contient plusieurs expressions et mots anciens légués par les colons français, il s’est également développé selon les réalités propres à notre culture et à la personnalité de nos régions. La religion a donc sans surprise une influence sur nos dictons.

Ainsi, certains diront qu’un vent au nord le Vendredi saint annonce 40 jours de temps frais, et d’autres croient que de la pluie le dimanche des Rameaux en entraînera pour les 13 dimanches suivants.

«  Beaucoup de paille et peu de blé, quand Noël est éclairé »

«  Le vent qui souffle sur les Rameaux, ne changera pas de sitôt »

 

À poils et à plumes

Les animaux de la ferme ont aussi inspiré le parler de nos ancêtres québécois. Quand il vente fort par exemple, on dit qu’il vente à écorner les bœufs. C’était d’ailleurs le temps idéal pour accomplir cette tâche, le vent chassant les mouches des plaies, évitant leur contamination.

Quand le chaos s’installe et que rien ne va plus, on dira que « le diable est aux vaches », et à une personne indécise, on lancera « fais ton pis ! » pour la presser à se décider. À celui ou celle qui se couche tôt on dira qu’il/elle se couche à l’heure des poules, en référence au fait que les poules entrent se coucher dès que le soleil se cache.

Le cochon détient assurément le record en terme de nombre d’expressions qui lui sont associées. L’expression « quel temps de cochon ! » par exemple, désigne un mauvais temps, froid et humide. Elle trouve son origine et son explication dans la vie rurale de jadis, alors que l’animal, une fois abattu, devait être conservé pour plusieurs semaines. L’une des méthodes de conservation les plus connues alors était la mise au saloir. Pour favoriser la prise de sel, il importait que le temps soit de la partie : une bonne et froide humidité ambiante était un gage de réussite. Le porc était donc tué en novembre, par un temps... de cochon.

Il y a aussi l’expression : « on fera quelque chose de toi si les petits cochons ne te mangent pas », qui signifie un avenir prometteur si aucun événement fâcheux ne survient. En temps de guerre, les cochons étaient utilisés pour manger les cadavres et éviter ainsi la propagation des épidémies. À moins d’un évènement funeste, la personne à qui l’on adresse cette réplique est donc destinée à un brillant avenir.

Très imagé, le dicton « donne à manger à un cochon, il viendra chier sur ton balcon », nous rappelle qu’il ne faut pas accorder notre confiance ou être généreux avec quelqu’un qui ne le mérite pas, sous peine d’être déçu, ou trahi en retour. Il en existe plusieurs autres, comme se faire du sang de cochon, manger comme un cochon, avoir une tête de cochon ! Et pour remettre à sa place une personne trop familière, on lui lancera « nous n’avons pas gardé les cochons ensemble ! ».

 

Proverbes de travailleurs

Le métier d’agriculteur est exigeant, et les heures travaillées sont souvent longues. Inspirées de cette réalité, voici d’autres citations : « Y penser sans cesse ne labourera pas le champ », ce qui signifie qu’il est inutile de s’inquiéter ou de ressasser qu’il y a un travail à effectuer, il suffit de le faire. À l’Assomption on dit que « où il y a de la roche, il y a des patates », pour s’encourager à la ramasser, dans un champ qui produira par la suite de bonnes récoltes. « Travailler jusqu’à ce que les cure-dents pètent » s’entend également dans certaines régions, signifiant que la tâche à accomplir se poursuivra jusqu’à ce que les yeux de l’agriculteur se ferment et brisent les cure-dents qui les tenaient ouverts !

Inspirée de la vie agricole, l’expression « raide comme de la corde de poche » fait allusion à la corde de chanvre dont on se servait pour ficeler les ballots de foin. En général, on lance cette moquerie pour décrire les cheveux de quelqu’un. Du passé nous vient aussi la phrase : « amanchure de broche à foin ». Autrefois, les cultivateurs peu fortunés utilisaient de la broche pour attacher les balles de foin. Cette broche, qui cassait très souvent, rendait leur travail inefficace, car elle les obligeait à recommencer. Aujourd’hui l’expression « broche à foin » sert à qualifier une organisation bâclée, quelque chose de mal fait.

 

Presque de la musique

Certaines expressions dénichées pour cet article sont poétiques, presque musicales... Ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire le jour ou le matin ; semaille tardive, récolte chétive ; les boeufs sont lents, mais la terre est patiente... Que de richesse dans le patrimoine linguistique québécois !

En ce début d’année 2018, tout le réseau agrocentre vous souhaite du succès, du bonheur et de la santé pour la prochaine année. 

« Regarde comme sont menées, depuis Noël douze journées, car, en suivant ces douze jours, les douze mois feront leur cours »

 

Au moment d’écrire ces lignes, le 14 novembre dernier, c’était bel et bien la panique ! Au téléphone depuis 7h15 le matin, j’aidais des producteurs à trouver de la place pour leur maïs ! Qui aurait pensé !

Nous avons effectivement connu des rendements supérieurs à la moyenne, et comme les prix étaient plus bas que prévu, la majorité des récoltes a été engrangée pour être vendue dans les mois à venir, en espérant des prix plus élevés au printemps.

Les producteurs se plaignaient du faible poids du maïs. Rien de surprenant compte tenu de la saison humide, du lessivage d’azote, de la mort prématurée des plants due aux maladies foliaires, et du manque de photosynthèse que nous avons observé la saison dernière.

Voyons si vous avez fait ce qu’il fallait dans les circonstances. Le maïs peut normalement gagner environ 0,3 kg / hl par pourcentage d’humidité éliminé. Il est donc important de sécher les grains adéquatement, en vérifiant la teneur en humidité de chaque voyage de maïs, pour réinitialiser les commandes du séchoir en fonction des variations observées, ce qui permet d’uniformiser le niveau d’humidité en entreposage. Il importe aussi de s’assurer que la teneur en humidité du maïs séché est suffisamment faible pour qu’il soit entreposé en toute sécurité (15% pour l’entreposage hivernal, 14% pour le stockage au printemps et en été, 13% pour le stockage sur plus d’un an). Il faut aussi porter attention à réduire le pourcentage d’humidité visé pour le maïs qui est de qualité particulièrement basse en raison du faible poids spécifique.

Le maïs de faible poids compte souvent plus de grains cassés et de matériaux fins ; il est donc important de vider le centre du séchoir de tous les débris qui pourraient l’obstruer, pour favoriser une bonne ventilation dans tout le silo. 

Pour de bons conseils sur le choix d’hybride ou la gestion du grain, n’hésitez pas à contacter votre représentant Agrocentre !

 

Que se passait-il chez votre détaillant en novembre ? Bien sûr, il y avait déjà la planification des semences pour le printemps suivant, mais aussi toute la logistique des fertilisants qui battait son plein. Pourquoi cette période est-elle si active au niveau du secteur des fertilisants ? Ceci est dû à notre climat rigoureux et à la présence des glaces qui oblige la fermeture de la voie maritime du Saint-Laurent. Effectivement, la voie maritime ferme juste avant le temps des fêtes pour rouvrir à la mi-mars. La grande majorité de nos fertilisants arrive par bateau, il faut donc s’approvisionner en grande partie avant cette période. Recevoir tout le matériel après la mi-mars serait impensable et beaucoup trop risqué. Imaginez un printemps hâtif, où les bateaux ne seraient pas arrivés afin d’approvisionner les producteurs. Ce serait catastrophique. Certains bateaux peuvent provenir d’aussi loin que la mer Baltique. Ainsi, les propriétaires de navires sont sur les dents à cette période de l’année. Ils doivent nous approvisionner mais ne veulent pas être pris dans les Grands-Lacs. La planification de leur traversée et leurs horaires de déchargement doivent se faire avec précision afin de repartir avant la fermeture de la voie maritime.

Autre point important, c’est notre engagement à vous offrir des fertilisants de qualité. Lors du chargement du produit dans son pays d’origine, nous envoyons des inspecteurs sur place.Ces inspecteurs nous envoient des photos et échantillons afin de s’assurer que le produit acheté répond à nos critères. De cette manière, nous évitons les mauvaises surprises et surtout, tous les désagréments d’avoir des fertilisants de mauvaise qualité. Les approvisionnements exigent une planification rigoureuse pour que vous receviez le bon produit au bon moment.

Est-ce que votre nutritionniste vous a déjà mentionné que vous aviez besoin d’antitoxines dans votre ration ? Plusieurs d’entre vous, producteurs laitiers, me répondront par l’affirmative… 

 

 

Ai-je besoin de vous sensibiliser aux problèmes de santé que les toxines peuvent causer chez vos vaches ? Non, je n’ai point besoin de le faire. Il existe des moyens pour minimiser l’impact des maladies, comme choisir des hybrides plus résistants, effectuer des rotations de cultures, et enfouir les résidus inoculés. Mais malgré toutes ces précautions, un facteur clé dans le développement des maladies fongiques demeure incontrolable : la météo. C’est à ce moment que les fongicides deviennent une police d’assurance intéressante.

L’idée circule beaucoup dans l’industrie de favoriser le réseautage entre les intervenants gravitant autour de votre entreprise vers un but commun : maximiser vos revenus. L’application de fongicides dans le maïs fourrager en est un bon exemple puisque plusieurs ressources sont impliquées, telles que le nutritionniste, le vétérinaire et votre conseiller en production végétale. Les connaissances et les compétences de chacun deviennent synergiques dans la prise de décision.

 

Des études démontrent une baisse significative des toxines dans le maïs fourrager traité

Pour obtenir le même résultat sur votre ferme, il faut par contre s’assurer d’utiliser le bon fongicide. La majorité des produits que l’on retrouve sur le marché sont efficaces dans le maïs-grain, avec un but commun d’améliorer le rendement sans égard aux maladies de l’épi. Dans le cas du maïs fourrager, c’est une toute autre situation. Il est primordial d’empêcher les maladies de l’épi de s’installer puisque ce sont elles qui ont une incidence directe sur la présence des toxines dans votre fourrage. 

Dans le vaste monde des fongicides, 2 produits sont homologués dans le maïs fourrager contre la fusariose de l’épi, soit le Proline® de la compagnie Bayer et le CarambaMD de la compagnie BASF. Pourquoi sont-ils efficaces ? Ils contiennent des molécules chimiques de la famille des triazoles qui permettent une diminution des maladies de l’épi, dont la Gibberella. Ils doivent absolument être appliqués pendant la floraison du maïs, de la sortie jusqu’au brunissement des soies, pour empêcher les champignons de s’installer et de produire des toxines.

 

Les fongicides améliorent aussi la valeur nutritive de l’ensilage

Un autre avantage de l’application des fongicides est l’amélioration notable des qualités nutritionnelles de l’ensilage. Au cours de l’été, nous avons réalisé un essai pour le démontrer. Nous avons semé une parcelle de 10 hybrides différents et traité une partie avec du Proline®.

Le tableau ci-dessous présente la moyenne des résultats obtenus :

L’effet visuel de l’application du fongicide est également remarquable. Sur la photo, la partie droite du champ sur laquelle le fongicide a été appliqué est demeurée verte beaucoup plus longtemps.

 

Petit ajustement de régie nécessaire

Si je vous convaincs d’essayer les fongicides, il vous faudra peut-être ajuster vos dates de récolte. Je m’explique... Les fongicides maximisent la verdeur tardive de l’hybride ; la photosynthèse continue de faire son oeuvre plus longtemps et les grains se remplissent, pour une meilleure qualité nutritive. Il sera important de mesurer la matière sèche avant de débuter les récoltes. La méthode la plus fiable est de couper des plants aléatoirement dans le champ, de les hacher dans une fourragère ou dans un hachoir et de faire le test avec un Koster. C’est le test le plus proche de la réalité versus celui de la ligne de lait seulement. 

En résumé, selon mon humble avis, tous les producteurs laitiers qui utilisent le maïs fourrager dans leur ration trouveront beaucoup d’avantages à l’application des fongicides. Prévenir plutôt que guérir coûte souvent moins cher en bout de ligne...

 

 

 

 

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