Édition mars 2017

Le semis à taux variable : retour sur une première année d’essais

Au printemps 2016, une trentaine de producteurs du réseau Agrocentre a semé près de 700 hectares de maïs et de soya en variant les populations en fonction des caractéristiques des champs semés.

Les objectifs du projet étaient :

• Démontrer que le semis à taux variable est accessible lorsqu’on marie les connaissances agronomiques et les capacités de la machinerie agricole d’aujourd’hui ;

• Trouver la ou les sources de variations au champ et pouvoir les corriger si possible ;

• Ultimement, pouvoir gérer les intrants efficacement pour chaque champ selon des zones de gestion ayant chacune son propre potentiel de rendement.

Les sources de variation au champ sont souvent nombreuses. Il y a celles qu’on ne contrôle pas, comme la météo et les types de sol. Il y a aussi celles que l’on peut planifier avant ou gérer en cours de saison afin d’aller chercher un retour sur l’investissement intéressant. C’est ce qu’on tente de faire par l’agriculture de précision : améliorer la gestion à la ferme en influençant ce qui peut l’être. Le succès passe donc par la saisie et la conservation de données variées, pour être en mesure de corriger et de planifier les interventions. L’archivage vaut donc son pesant d’or, car il révèle les tendances du champ à travers le temps. En commençant par faire varier les populations au champ, on tente de déterminer le potentiel du champ à recevoir une plus forte ou une plus faible population selon ses caractéristiques.

Dans un gestion fixe des intrants, il peut arriver qu’on n’exploite pas certaines zones à leur plein potentiel (la zone en bleu) ou alors qu’on lui alloue trop de ressources (la zone en rouge). On se prive ainsi de rendements supplémentaires et on ne maximise pas la gestion d’intrants.

Les zones de gestion ont été déterminées bien avant la période des semis lors de rencontres chez les producteurs entre les mois de janvier et mars. Durant ces rencontres, nous avons considéré le plus d’informations disponibles pour créer les zones de gestion qui allaient recevoir différents taux de semis. Nous avons, entre autres, utilisé les analyses de sol géoréférencées, les cartes de rendement des années précédentes et les images satellites provenant de l’Outil R7 qui indiquent les variations du couvert végétal et les variations du sol. Toutes ces sources d’informations ont dû être validées par la meilleure source, soit le producteur lui-même, puisque c’est lui qui connait le mieux ses champs et les opérations qui y ont eu lieu ou qui suivront (nivellement, drainage, fertilisation, etc.). Les règles d’or pour le semis à taux variable sont les suivantes : créer de 3 à 5 zones de gestion par champ qui seront semées en variant les populations de plus ou moins 5 000 à 12 000 plants à l’hectare (2K à 5K plants/acre) par rapport au taux de semis fixe habituel. Ensuite, on augmente ou maintient les populations dans les meilleurs potentiels de rendement et on diminue les populations dans les moins bons potentiels.  

Par la suite, il est temps de choisir l’hybride le plus approprié aux caractéristique du champ. Tous nos hybrides Croplan sont testés dans près de 200 sites de recherche à travers l’Amérique du Nord. Une évaluation rigoureuse nous permet de définir comment l’hybride se comportera selon le type de sol, le niveau de fertilisation azoté, la population semée, la culture précédente et si l’application d’un fongicide sera un bon retour sur l’investissement. Ces informations permettent un positionnement optimal de l’hybride d’une façon simple et efficace.

Une fois l’hybride sélectionné, nous avons créé un fichier informatique contenant les zones de gestion et les différentes populations à semer. Ce fichier sera lu par l’écran dans le tracteur et indiquera au semoir quelle vitesse il devra atteindre pour parvenir à la population désirée. Une autre étape que nous avons faite avant la période des semis était de valider la compatibilité et la capacité de semer à taux variable des équipements des producteurs (GPS, écrans et semoir).

Durant la saison de croissance, plusieurs visites et prises de données au champ ont permis de valider les zones de gestion créées : des décomptes de population, évaluations de l’émergence, prises d’analyses foliaires géoréférencées, suivis à la pollinisation et des rendements théoriques avant la récolte. Toutes ces prises de données ont pu être facilitées par l’utilisation d’images satellites en saison provenant de l’Outil R7. Ces images nous démontrent l’évolution de la couverture végétale puisqu’une image aux 7 à 10 jours nous est transmise par l’Outil R7. Ces images sont rapidement transférables sur un téléphone cellulaire ou une tablette en utilisant l’application Google Earth, ce qui nous permet de marcher chacune des zones de gestion et de découvrir facilement les problèmes de croissance qui auraient pu nous échapper avec une visite de dépistage conventionnelle.

En conclusion, l’équipe WinField et le réseau Agrocentre tiennent à remercier les producteurs ayant participé au projet en 2016. Pour une première année d’essais, des résultats intéressants ont pu être observés. Pour plusieurs, une première étape est franchie, celle de démystifier leur planteur à taux variable. Le mot qui revenait le plus souvent de la part des producteurs eux-mêmes et aussi de l’analyse des cartes de rendement est : uniformité. En effet, même en ayant diminué les populations dans les zones à moins fort potentiel, les écarts de rendements par rapport aux meilleures zones étaient moins élevés qu’à l’habitude. On peut donc considérer que l’hybride a pu exprimer son plein potentiel puisque la fertilité et les conditions de sols de la zone de gestion ont pu soutenir les populations visées. Les producteurs ayant participé en 2016 répèteront l’expérience en 2017 pour continuer à apprivoiser, confirmer et redéfinir chacune des zones de gestion de leur champ avec le semis à taux variable. Comme l’agriculture de précision comportent plusieurs aspects, certains producteurs seront maintenant rendus à la prochaine étape de faire varier la fertilisation dans ces zones. La page facebook La Quête du rendement trace la démarche de certains producteurs pendant la saison 2016. Si l’expérience du semis à taux variable sur votre ferme vous intéresse ou si vous avez d’autres questions sur l’agriculture de précision, contactez votre représentant Agrocentre !

Quoi semer en 2017 ? Normalement, nous devrions nous en tenir à notre plan de rotation. Cependant, les prix actuels nous incitent à semer plus de soya en 2017. Voici pourquoi...

Le ratio de référence de 2,2 – 2,3 entre le prix du maïs et celui de la fève de soya ne tient plus. Au moment d’écrire ces lignes*, il est de 2,57 (10,23 /3,98) en faveur du soya. C’est aussi ce que confirme le premier sondage de l’année auprès de 1060 producteurs américains. Ce dernier prévoit une intention d’ensemencement de 90,52 millions d’acres, soit 8,5 % de plus que 2016. Même son de cloche du côté canadien, où on prévoit, a priori, des hausses dans les principales provinces de production, dont le Québec. Dans le réseau Agrocentre, les ventes de semences de soya pour 2017 gagnent un peu en superficie.

Autre facteur qui permet de prédire une augmentation du prix du soya cette année ; le rallye** dans le marché du soya à Chicago qui a lieu historiquement :

1. Au printemps ;

2. Avant l’hiver en raison de l’Amérique du Sud (c’est ce qu’on vit présentement) ;

3. À l’été si des problèmes météo font surface aux États-Unis.

L’année 2016 fut une année intéressante avec un seul vrai rallye en juin. Bien que chaque année est différente et que rien n’est garanti quant au « moment exact » d’un rallye, il faut être discipliné et vendre quand les marchés s’emballent, et ce, peu importe la période.

Pour 2017, le grand danger est si tout va bien. On aura des superficies record et de bons rendements. Il faudra davantage surveiller les rallyes puisqu’ils pourraient très bien offrir les seules opportunités de vendre à bon prix en 2017.

Alors, posons-nous la question : jusqu’à quand aurons-nous de bonnes opportunités de capturer de bons prix avec votre soya 2017 ? Avez-vous commencé à bâtir votre moyenne ?

*le texte a été rédigé le 23 janvier 2017.

** Rallye : Période où le marché est nerveux

Développés il y a maintenant près de 100 ans, les drones, initialement utilisés à des fins militaires sont maintenant omniprésents dans plusieurs domaines dont le domaine agricole.

Que ce soit pour obtenir des images multispectrales permettant de différencier les plants sains des plants malades, que ce soit pour faire une évaluation périodique d’un champ ou encore pour avoir une vue d’ensemble d’un champ permettant d’identifier des zones de gestion, les drones sont, de nos jours, des outils technologiques de plus en plus démocratiques. Afin d’évaluer le potentiel et d’établir un protocole d’utilisation des drones en milieu agricole, l’équipe de Semestrie a participé à quatre essais au champ. Trois de ces essais se sont déroulés dans des champs de soya IP dont certaines zones nécessitaient un traitement de prérécolte. Une première cartographie a été réalisée à l’aide du drone afin d’identifier les zones d’intervention.


Par la suite, un drone arroseur fut utilisé afin d’effectuer les arrosages nécessaires dans les zones prédéterminées. Un dernier essai, réalisé dans un champ de blé d’automne implanté un mois avant l’essai, avait pour but de déterminer le potentiel de l’utilisation des drones comme outil de dépistage des mauvaises herbes en combinant les indices de couverts végétaux avec des images haute définition.

Notre constat général : il y a définitivement lieu de s’intéresser à ces technologies qui nous permettent d’obtenir une quantité impressionnante d’information dans un délai très rapide, ce qui peut nous permettre de prendre la bonne décision, au bon moment, tout en optimisant les travaux effectués. Considérée comme une technologie verte, l’industrie s’attend à ce que le développement et l’utilisation des drones en agriculture génèrent des retombées de plus de 82 milliards de dollars et créent plus de 100 000 emplois d’ici 20251. Quand on sait que près de 90 % des arrosages réalisés au Japon se font par hélicoptères sans conducteurs1, il y a lieu de s’intéresser à la question…

Source : 1 https://www.technologyreview.com/s/526491/agricultural-drones/

Les projecteurs se tournent de plus en plus vers l’agriculture de précision. L’optimisation, véritable leitmotiv de l’agriculture de précision, transparaît dans les différents produits offerts. Maintenant, toutes les opérations culturales sont ciblées par cette idéologie.

John Deere offre un système nommé Accudepth, permettant de conserver une profondeur de travail égale de gauche à droite sur les machines de préparation de lit de semence de grande largeur. Ce système, alliant électronique et hydraulique, permet d’épouser le relief du terrain changeant afin de conserver la bonne profondeur. En 2017, John Deere amène ce système à un autre niveau : Le TruSet™. Outre les fonctions automatisées de contrôle de profondeur de gauche à droite, il est maintenant possible de varier la profondeur de travail en temps réel, soit en mode manuel, soit en mode automatique, selon une prescription. À l’aide de cartes de prescriptions des profondeurs, le système ajustera la profondeur de travail à ce qui a été prédéterminé sur la carte.

Precision Planting vise encore dans le mille en 2017. Le Smartfirmer, un raffermisseur de semence avec un senseur intégré, lequel augmente le contact sol-semence et lit en temps réel plusieurs informations : matière organique, résidus dans le sillon, humidité du sol, etc. D’un côté, il est possible de documenter et cartographier ces informations. De l’autre côté, il est possible d’utiliser la lecture du SmartFirmer afin de contrôler la population et le choix d’hybride, dans l’éventualité de l’utilisation d’un planteur multihybride. Les informations seront monitorées rang par rang, indiquant clairement à l’opérateur si la profondeur de semis convient par rapport à l’humidité du sillon et si le travail des tasse-résidus est adéquat. Les ajustements à faire par l’opérateur deviennent donc plus évidents.

Toujours chez Precision Planting, le Vset Select suscite l’intérêt. Il s’agit, en fait, d’un système de doseurs doubles multihybrides. En une fraction de seconde, il est donc possible de passer d’une semence à une autre, dépendamment de l’hybride attitré à la zone. Les ensembles disponibles sont multimarques et offrent un avantage de taille : rendre un planteur au goût du jour sans avoir à le remplacer.

Le Speedtube, permettant de convertir un planteur standard en planteur haute-vitesse, prend chaque grain de semence à la sortie du doseur et l’achemine au sol via une courroie. On élimine donc tout risque de rebond dans un tube de descente. De plus, la vitesse de dépôt de la semence est proportionnelle à la vitesse d’avancement, ce qui évite les risques de rebond ou roulis dans le sillon.

Yetter, une compagnie de tasse-résidus, s’est conformée au protocole Isobus. Depuis plusieurs années, il est possible d’obtenir des tasse-résidus contrôlés avec des accumulateurs ou des vérins pneumatiques. La compagnie repousse les limites en offrant le système contrôlé via une console Isobus, souvent déjà présente dans la cabine. Il est possible de prérégler différentes hauteurs de travail et pressions au sol. Il en résulte une précision de travail ainsi qu’une réduction de l’encombrement de la cabine.

 

360 Yield Center®, compagnie offrant divers produits visant à améliorer les rendements, offre le 360 Y-Drop. Il utilise des boyaux flexibles qui traînent sur le sol pour déposer les fertilisants liquides le plus près possible du plant. Il est maintenant possible d’y jumeler le 360 Undercover®, un assemblage de 3 ou 4 buses permettant une pulvérisation de protection sous le couvert végétal, idéal quand des problèmes d’insectes ou de maladies fongiques frappent.

Les manufacturiers sont motivés plus que jamais à embarquer dans le train de l’agriculture de précision. Le fait de viser la précision dans toutes vos opérations culturales et de ne rien laisser au hasard vous permettra de continuer de vous démarquer comme producteur d’aujourd’hui et de demain.

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