De la théorie à la pratique, le réseau Agrocentre vous accompagne

Le visage de l’agriculture dans les années 2000 a beaucoup changé et je peux vous garantir que l’agriculture du futur évoluera elle aussi. Bien malin celui qui peut nous prédire l’avenir, mais pour l’instant, notre domaine subit une vague de nouvelles règlementations et lois, autant fédérales que provinciales, avec lesquelles les agriculteurs du Québec doivent apprendre à composer. L’étau se resserre pour une agriculture plus verte et les consommateurs exigent une certaine traçabilité propulsant ainsi l’agriculture au cœur des préoccupations de la société. Cependant, est-ce une bonne chose ce resserrement des normes environnementales qui pèsent sur notre agriculture québécoise ? Le but de cet article n’est pas de débattre cette question mais plutôt de vous dire que nous sommes là, en tant que professionnels en agriculture, pour vous accompagner. Nous ne reviendrons pas en arrière et il est inutile d’espérer un assouplissement des lois environnementales au Québec compte tenu de la conjoncture mondiale, la cote de popularité auprès du grand public pour le VERT, etc. Nous sommes donc tous destinés, intervenants et producteurs agricoles, à être plus efficaces dans un marché où les marges diminuent, la main-d’œuvre se fait rare, les normes environnementales sont plus sévères, et où le contexte de mondialisation augmente la compétition… Quand on me demande quel est mon métier, je réponds toujours la même chose : j’accompagne et je conseille les agriculteurs au sujet de leur entreprise pour qu’ils en tirent le maximum de profitabilité. Je souhaite être une référence incontournable. En 2019, ceci passe inévitablement par le support dans le respect des lois environnementales pour une agriculture durable..

 

Responsabilités du professionnel

Les technologues professionnels et agronomes ont tous des responsabilités . Ils font tous partie d’un ordre professionnel dont le but ultime est la protection du public et le respect des lois. Que ce soit pour une recommandation de fertilisants, pesticides ou tout récemment depuis 2018 pour un insecticide en traitement de semences, un diagnostic doit être posé pour appuyer une recommandation et une prescription s’il y a lieu. Faisons l’analogie avec un médecin . Vous êtes grippé, vous prenez des médicaments en vente libre si vous le jugez opportun : ceux-ci ne sont pas prescrits et se retrouvent sur les tablettes de la pharmacie. Par contre, si vous souffrez plus sévèrement, votre situation nécessite une visite chez le médecin. Celui-ci (qu’il soit au privé ou au public) posera un diagnostic suite à une série de questions et d’observations. Il fera une recommandation et ultimement, il vous prescrira un antibiotique, ou autre traitement, s’il le considère pertinent. 

En agriculture, le processus est similaire. Depuis 2018, avec la nouvelle loi sur les pesticides, un processus de prescription obligatoire s’est déployé pour certaines matières actives. Pour faire un petit tour d’horizon, votre conseiller(ère) se doit d’abord de respecter les doses homologuées, les contraintes et les indications d’application figurant sur les étiquettes des pesticides et des traitements de semences qui sont sous juridiction fédérale. En ce qui concerne les fertilisants, c’est le PAEF, sous juridiction provinciale, qui dicte les doses de phosphore à respecter. L’azote, la potasse et autres éléments mineurs ne sont pas légiférés, mais la recommandation doit respecter certaines grilles de fertilisation et l’historique de rendements d’un champ. Pour les semences, les traitements avec néonics doivent être prescrits par un agronome et relèvent de la loi provinciale. Parmi les autres obligations légales du professionnel, il y a celle de conserver toutes les recommandations, analyses de sol, PAEFs et notes d’observation au champ d’un client pendant 5 ans. Il est aussi tenu au secret professionnel et ne peut divulguer des renseignements sur votre entreprise sans votre consentement. Évidemment, le respect du code de déontologie, du code d’éthique et des règles de l’art reconnus par son ordre professionnel (technologue ou agronome) est de mise. Finalement, chaque représentant doit avoir suivi une formation et obtenu son certificat relatif aux pesticides pour les recommander et les vendre . Ce certificat est émis par le MELCC selon le règlement sur les permis et certificats, comme c’est le cas pour le certificat requis pour les agriculteurs qui font l’application de pesticides sur les terres agricoles. Le certificat est émis seulement suite à la réussite d’un examen. 

 

Responsabilités de l’agriculteur

Tout comme pour le conseiller agricole, les responsabilités sont nombreuses pour le producteur agricole. Il est d’abord tenu de respecter les recommandations faites par le professionnel (doses, produits à appliquer, moment d’application) pour tous les pesticides, qu’ils requièrent ou non une prescription, et pour les fertilisants organiques et/ou minéraux inscrits au PAEF. Il doit aussi avoir son certificat et/ou permis en règle lors de l’achat et de l’application de pesticides, selon le règlement sur les permis et certificats, de juridiction provinciale. Le port d’un équipement de sécurité adéquat : lunettes de protection, gants, masque, combinaison style Tyvex est également une responsabilité de l’agriculteur qui doit respecter les consignes figurant sur les étiquettes des produits pour leur manipulation. Il y a ensuite le respect des distances séparatrices par rapport aux cours d’eau, puits, fossés lors d’applications de pesticides ou fertilisants, et l’entreposage sécuritaire des pesticides qui sont réglementés et vérifiés lors d’inspections surprise à la ferme par le MELCC. Selon le Code de gestion des pesticides, tous les agriculteurs doivent tenir un registre complet des pesticides qu’ils appliquent ou font appliquer à forfait. Il est de votre responsabilité de le compléter et le conserver pour une période minimum de 5 ans. Nuance importante, le registre du producteur ne correspond pas à la recommandation ou la prescription faite par l’agronome. Il s’agit d’un document différent ,qui contient des détails supplémentaires tels que la date d’application, le nom et numéro de certificat de la personne qui a fait l’application, etc. Si vous faites arroser à forfait, vous devez quand même tenir un registre d’application. 

Ceci n’est qu’un survol de la réglementation et des lois auxquelles nous sommes soumis en agriculture. Pour de plus amples renseignements sur le code de gestion des pesticides, vous pouvez aussi contacter le bureau du MELCC de votre région, et pour l’obtention d’un certificat pour les pesticides, la SOFAD. N’oubliez pas que nous sommes là pour vous aider à réaliser vos projets en apportant des idées et des solutions rentables tout en se préoccupant de l’environnement. C’est important dans ce contexte réglementaire exigeant !


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