Édition mars 2016

L’engouement pour l’agriculture de précision prend de plus en plus d’ampleur depuis les dernières années. Même si l’on en parle depuis fort longtemps, c’est depuis peu que nous pouvons réellement débuter à exploiter les avantages. Pourquoi ? Parce que la machinerie ne suivait pas les idées. Les GPS font maintenant partie des équipements normaux des tracteurs et des moissonneuses-batteuses. Les planteurs offrent la possibilité d’ajuster la population en continu lorsque programmés à un GPS et de plus en plus d’équipements pour l’application d’engrais et de chaux se retrouvent chez les détaillants et chez les producteurs.

L’agriculture de précision dans le réseau Agrocentre est publicisée sous le nom « précision Novagro ». Cette année le logo s’est refait une beauté et représente visuellement des projets réalisés par le réseau Agrocentre.

De nouveaux équipements

De nouveaux équipements sont désormais disponibles, selon le secteur, dans le réseau Agrocentre. Le premier est un applicateur d’engrais en postlevée à haut dégagement. De façon forfaitaire, il sera possible d’appliquer des fertilisants jusqu’au stade V10 du maïs, ce qui peut représenter une hauteur de plant d’environ 1,75 mètre. L’avantage est de pouvoir fractionner l’engrais au maximum et ainsi éviter les pertes inutiles dans l’environnement. Cette année, l’azote ne sera pas appliqué à taux variable, mais des tests en plein champ seront effectués. Le deuxième équipement disponible est un épandeur Sulky 2 qui permet de réaliser des applications précises d’engrais à taux fixe ou variable. Cet équipement sera disponible en location.

Projet de semis à taux variable

Un projet prendra forme dans l’ensemble du réseau Agrocentre cette année. Il s’agit de tests de semis à taux variable. L’objectif est simple : augmenter le rendement dans les zones à haut potentiel et dans les zones à faible potentiel. Le tout sera fait conjointement avec Croplan®, qui a une excellente connaissance des réactions de leurs hybrides de maïs à différentes populations. En jumelant ces connaissances aux caractéristiques du champ, il nous sera possible de faire des cartes de recommandation de semis à taux variable. Bien que la majorité des tests se fera dans le maïs, nous effectuerons tout de même certains tests dans la culture du soya.

Les populations seront modulées en fonction des zones des gestions. Ces zones seront déterminées principalement grâce à l’Outil R7®, qui est un logiciel qui analyse les images satellites. Pour déterminer les zones, nous utilisons les images prises du sol et celles prises lorsque le maïs est à son plein développement végétatif. Un minimum de deux ans d’imagerie est nécessaire. D’autres outils nous permettent de mieux définir ces zones : les cartes de rendement du producteur, les cartes de sol et bien sûr les connaissances du producteur sur ces champs.

De trois à cinq producteurs par Agrocentre participeront au projet. Plusieurs détails mécaniques et informatiques doivent être considérés avant de se lancer dans cette aventure, mais pour participer, le producteur doit être équipé correctement pour faire du semis à taux variable. L’idée de base, si l’on regarde l’exemple sur la carte ci-dessous, est de faire varier les populations de maïs dans les différentes zones de gestion. Chaque couleur représente une zone de gestion. Entre la zone ayant le plus de potentiel de rendement (bleue) et celle en ayant le moins (rouge), les populations varieront de 38 000 plants/acre à 32 000 plants/acre. Il y a deux bandes témoins dans le champ, qui représentent le taux de semis normal du producteur. Ces bandes seront disposées de façon à ce qu’elles croisent le plus de zones de gestion. Lors de la récolte, ces bandes seront comparées au reste du champ afin de déterminer l’avantage agronomique et économique de faire varier les populations dans le champ. Durant la saison de croissance, des images satellites du couvert végétal seront également analysées. Ces images permettent de suivre la culture et de percevoir certains problèmes en saison. Il sera alors possible de corriger les situations problématiques ou de prévoir certaines actions pour l’année suivante.

Il sera possible de suivre ce projet d’envergure sur le site www.agrocentre.qc.ca et dans quelques chroniques du Bulletin des Agriculteurs.

Comme vous le constatez, le réseau Agrocentre est bien outillé pour répondre aux besoins en agriculture de précision. Si vous désirez obtenir plus d’information, n’hésitez pas à en discuter avec votre représentant.

Les producteurs mettent beaucoup d’efforts pour produire du grain de qualité et pour obtenir de bons rendements. Mais qu’en est-il pour la commercialisation des récoltes ? La mise en marché de vos grains est un facteur stratégique dans votre rentabilité d’entreprise. Vous devez être attentifs aux signaux du marché afin de bien planifier votre commercialisation. Les intentions de semis, la météo, l’avancement des récoltes, le niveau des réserves mondiales et locales et la valeur du dollar sont tous des indicateurs d’importance qui vous guideront dans vos décisions. Par exemple, à la récolte 2015, il y avait des surplus de soya au port, les bateaux étaient pleins. Le prix du soya était alors à 400 $/tm. Ceux qui ont su capter cette information ont plutôt vendu du maïs à la récolte et ont entreposé leur soya. Cette décision leur a permis de faire des gains de revenu. Aujourd’hui*, le soya est à 450 $/tm alors que le prix du maïs est demeuré stable depuis octobre à 195 $/tm.

Si vous avez du maïs dans vos silos, une bonne stratégie serait d’en vendre ce printemps. Les rendements exceptionnels de l’automne dernier ont renfloué les réserves localement. Cela aura certainement une pression à la baisse sur les prix et les acheteurs risquent de vouloir attendre la nouvelle récolte.

Comprendre les subtilités de la mise en marché n’est pas simple je vous l’accorde. C’est pourquoi votre Agrocentre met à votre disposition des acheteurs qui peuvent vous guider. N’hésitez pas à nous appeler, nous sommes là pour vous.

 

*Les prix étaient ceux en vigueur le 20 janvier 2016, et FOB à la ferme

Depuis trois à quatre ans, le nombre de producteurs qui appliquent des fongicides entre les stades V4 et V7 du maïs augmente annuellement. Dans le soya, les producteurs se posent des questions, car il y a moins de données de recherche de disponibles. Voici quelques faits à propos des fongicides qui vous permettront de comprendre les dynamiques impliquées dans l’utilisation des fongicides durant toute la saison.

1- Les fongicides sont préventifs. Ils doivent être appliqués avant que la maladie frappe afin de protéger un rendement maximum.

2- Après l’application d’un fongicide, il y a des changements à l’intérieur des plantes qui font en sorte qu’elles se protègent contre d’éventuelles agressions du milieu (climat, stress, maladie) pendant un certain temps (2-3 semaines). Même si la culture n’est pas sous pression de maladies, l’application d’un fongicide peut rapporter des dividendes.

3- Le recouvrement est critique puisque les fongicides ne se déplacent pas bien à l’intérieur de la plante. Ils ne protègent que les tissus qui ont été en contact avec eux. Ainsi, si l’intérieur des feuilles n’est pas couvert par le produit, il ne sera pas protégé. Si une feuille ou une partie de plante n’est pas encore sortie lors de l’application, elle ne sera pas protégée.

 

Pourquoi utiliser un fongicide dans le maïs-grain

Il y a beaucoup de recherche pour l’application de fongicides entre les stades V4 et V7. Les données montrent qu’il peut y avoir une augmentation moyenne de l’ordre de 2 à 5 boisseaux/acre.

  • Arrosez le maïs au stade V6-V7 : il y a plus de feuilles sur le plant, donc la protection sera supérieure.
  • Trop de producteurs appliquent les fongicides avec des buses antidérive. S.V.P., utilisez des buses à ventilateurs plats qui sont spécifiques aux fongicides.
  • Toujours respecter les étiquettes. Parlez à votre conseiller afin de déterminer quel serait le meilleur produit afin de faire bon choix pour votre entreprise.
  • Combinez l’application d’un fongicide avec autre chose (Max-In®, notre applicateur d’azote 32) afin d’en diminuer les coûts de passage.

 

Pourquoi utiliser un fongicide dans le soya

Au Québec, en raison des conditions de températures humides, le développement des maladies s’observe fréquemment.

  • Si vos objectifs de rendements sont d’une tonne/acre, peut-être que les fongicides ne sont pas pour vous. Si votre objectif est plutôt d’une tonne et demie à deux tonnes/acre, votre niveau de gestion doit monter d’un cran et l’utilisation de fongicide sera appropriée.
  • Puisque les feuilles captent le soleil et le convertissent en énergie, il est important de bien protéger les feuilles inférieures. Encore une fois, assurez-vous de bien couvrir toutes les portions de la plante lors de l’arrosage avec un fongicide, d’utiliser le bon type de buse et de bien respecter l’étiquette du produit.
  • Si vos champs ont un historique de maladies, ou si le temps est humide sans être trop chaud, vous aurez une chance plus grande de voir les gains suite à une application de fongicides.

 

C’est vrai, les prix du marché actuel ne sont pas ceux de 2015, mais avec les fongicides, vous aurez une bonne chance de protéger vos récoltes et de faire plus d’argent. Si vous faites le choix d’utiliser un fongicide cette année, utilisez les bonnes buses, la bonne pression, la bonne quantité d’eau et la dose appropriée.

Ne mettez pas de fongicide dans le réservoir de votre arroseuse comme vous le feriez pour le glyphosate. Les fongicides se travaillent différemment. Demandez conseil à votre représentant Agrocentre, il saura vous conseiller adéquatement vers de bons rendements.

 

Afin d’obtenir les meilleurs rendements de nos cultures, il est primordial de réussir chacune des étapes de production. Le désherbage est une de ces étapes où l’on peut passer de héros à zéro en peu de temps. Voici des avantages liés au désherbage hâtif.

1) Pour conserver le potentiel de rendement, il faut avoir en tête que la culture ne doit pas être en compétition au stade de deux feuilles. En présence de mauvaises herbes, la culture compétitionne pour la lumière, ce qui engendre un étiolement de la partie aérienne. On remarque alors une diminution du développement et du volume racinaire et par conséquent une absorption des éléments nutritifs inférieure aux besoins. 

2) La plupart des résistances des mauvaises herbes sont associées au groupe 2 et au glyphosate. Pour bien supprimer celles-ci, nous devons nous tourner vers d’autres modes d’actions, qui pour la majorité, doivent être appliqués avant la levée de la culture.

3) Un désherbage hâtif offre aussi au producteur la possibilité de revenir faire un traitement en cas de problèmes. Certaines mauvaises herbes peuvent être coriaces.

4) Selon le type de mauvaises herbes présentes, une stratégie à deux passages peut être nécessaire.

5) Lorsque l’on désherbe tôt, une plage tardive se libère pour effectuer une application de fongicide et/ou d’engrais foliaire. La combinaison de ces produits avec un herbicide n’est pas recommandée, car il y a un risque d’endommager la culture.

Donc, tant qu’à devoir appliquer un herbicide, aussi bien le faire plus tôt et se donner la chance d’aller chercher le meilleur rendement possible.

 

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