Édition septembre 2018

Certains aiment en faire, d’autres non... assurément, le projet d’implanter une parcelle de variétés ne fait pas l’unanimité ! On le sait tous, personne n’a une minute à perdre au printemps quand le sol est sec et que la météo collabore. Pourquoi, alors, prendre le temps de vider le planteur à quelques reprises et faire de la fantaisie dans le champ ? Qu’est-ce que ce travail supplémentaire rapporte en bout de ligne, et à qui ?

 

Discutons donc de la valeur des parcelles !

Il faut savoir que toute génétique qui vous est offerte pour semer dans vos champs, peu importe la culture, a d’abord été testée pendant de nombreuses années par la compagnie dont elle provient, afin de garantir son succès. Issue d’un groupe parfois composé de centaines de croisements au départ, la variété que vous utilisez se doit de fournir un rendement profitable. Cependant, l’environnement de croissance et la gestion qui est faite sur chaque ferme viendront parfois fausser le résultat et limiter le rendement obtenu par rapport à ce que le pedigree de la semence permettait d’espérer.

Donc, avant de commercialiser un nouvel hybride ou variété, des tests de performance sont menés sur de multiples sites couvrant une vaste géographie, au Canada et parfois aux États-Unis. Comment se fier à de telles données de l’étranger ? Le nombre élevé de ces sites de comparaison nous donne l’assurance qu’un produit devrait résulter en un bon rendement moyen dans la majorité des situations. De plus, un grand nombre de parcelles permet de trier parmi celles-ci et de prédire un comportement dans une condition particulière (terres légères versus terres lourdes par exemple).

Cependant, même s’il est possible de laisser les autres s’occuper de générer ces comparaisons pour ensuite utiliser leurs résultats, il faut se rappeler que l’interaction entre la génétique, la gestion de culture et l’environnement pourra venir tout changer. Alors, il devient clair que le meilleur essai sera celui qui est semé dans un champ avec des conditions les plus similaires possible à celles dans lesquelles le produit choisi sera semé les années suivantes. On pourrait dire « le plus local possible ».

C’est donc la meilleure raison, selon moi, pour implanter une parcelle  : bien connaître comment chacun des produits performera sous nos conditions, ou mieux encore, sous VOS conditions.

Une parcelle d’essai sur votre ferme vous donnera l’heure juste sur ce qui peut vous être le plus profitable, en soumettant les variétés testées à votre régie particulière. Parfois, une fertilisation plus intense profitera à une variété alors qu’une autre performera mieux si son potentiel de rendement est préservé par un fongicide. Cela constitue un bon exemple de l’impact de votre régie de culture sur le choix de semences mieux adaptées à votre entreprise, ou à un champ spécifique sur votre entreprise.

Au niveau du réseau Agrocentre, ces résultats peuvent être compilés et utilisés pour bonifier les guides des compagnies semencières, afin de nous aider à recommander le meilleur positionnement possible pour chacun des produits avec les données locales. Je vous rappelle que c’est en utilisant les données des parcelles, parfois sur plusieurs années, que l’on arrive à faire ressortir des résultats obtenus dans des conditions particulières, soit de sécheresse, de semis tardif ou hâtif, de météo favorable au développement de maladies fongiques, etc. De là l’importance d’avoir plusieurs sites à chaque année, pour obtenir des moyennes plus réalistes, pour pouvoir étudier un site particulier, mais aussi pour arriver à prédire un résultat futur sous une condition précise. 

 

Qui ? Quoi ? Comment ?

Le projet de créer une parcelle à la ferme peut s’adresser à n’importe qui étant prêt à investir un peu de temps pour chercher à approfondir l’analyse des meilleures variétés ou hybrides à semer sur sa ferme.

De quoi a-t-on besoin pour le faire ? Il n’est pas nécessaire de prendre le meilleur champ, il faut simplement un champ assez uniforme, qui, sans nécessairement être égal sur tous les aspects, permet au moins de comparer les différents produits testés équitablement. On peut donc inclure certaines variations, tant que chacune d’entre elles affecte tout l’essai de la même façon (ex. une bande de sable traversant le champ perpendiculairement à tous les hybrides). 

La planification est la clé pour s’assurer de ne pas se décourager et changer d’idée le temps des semis venu. Pendant l’hiver, prenez le temps de discuter avec votre conseiller pour choisir le champ qui sera utilisé et les hybrides ou variétés à tester. Pas besoin d’en choisir 20, limiter son choix à 4 ou 5 est amplement suffisant. Il faut se rappeler que plus la surface de l’essai est grande, plus il risque d’y avoir de la variabilité sur le terrain exploité. C’est pourquoi, dès qu’on s’étire un peu en largeur, je recommande d’insérer un témoin qui se répètera de chaque côté, et une ou plusieurs fois en alternance au centre, pour s’assurer de l’uniformité du champ. Les hybrides à tester devraient inclure ce qui est habituellement semé sur la ferme, des nouveautés ou options à venir, et pourquoi pas un produit compétiteur si ça vous tente ! Assurez-vous de couvrir les maturités que vous utilisez normalement, à quoi bon perdre une place pour quelque chose que vous n’oseriez jamais semer en grands champs ? Avec notre vaste gamme de marques de semences, il n’y a pas de raison pour que votre conseiller Agrocentre ne puisse avoir une option gagnante pour votre entreprise. Une bonne planification fera donc en sorte que tout le monde saura à quoi s’attendre et quoi faire le printemps venu et ne pourra que minimiser le temps requis. Pas question de perdre une journée ni même une demi-journée là-dessus quand on sait où on s’en va !

Une différence de rendement de 100kg ou 200kg à l’hectare semble peu, mais elle ne vous coûtera rien si elle provient du bon choix d’hybride ou variété. Tout réside dans la façon de décider quel produit semer pour être certain d’obtenir ce léger avantage de rendement sur tous vos champs.

Il en est de même pour tous les autres produits fertilisants ou de protection des cultures qui vous sont offerts : dans le doute, essayez-les ! L’équipe Agrocentre est là pour vous accompagner dans la mise en place de parcelles et vous aider à tirer le maximum de l’effort que vous y mettrez.

Achèteriez-vous un tracteur avant de l’avoir essayé ?

Les résultats des parcelles de maïs, soya et céréales du Réseau Agrocentre sont disponibles via notre site internet, mais également sur l’application Agrocentre, que vous pouvez télécharger sur appstore ou google play. Une toute nouvelle présentation vous permet cette année de repérer en un coup d’oeil les parcelles ayant été réalisées près de chez vous, et de repérer les nouveaux ajouts !

Malgré des saisons en dents de scie, depuis trois ans, les rendements ont généralement été au rendez-vous au Québec. Selon les données fournies par l’Institut de la statistique du Québec, la moyenne pour le maïs a été de 10,4 tonnes/ha et pour le soya de 3,07 tonnes/ha.

Cette année, les conditions sèches observées dans plusieurs régions jettent un doute. Certains producteurs parlent quand même de rendements records, mais pour la plupart, on se garde certaines réserves. Cette prudence est justifiée considérant que les dernières semaines avant les récoltes peuvent affecter les rendements. Mais, côté commercialisation, le fait d’éviter toute vente est une autre histoire.

Pas de surprise, on sait que les prix du maïs et soya affichent pratiquement toujours un bon recul en pleine récolte. Historiquement, depuis 5 ans, on parle d’en moyenne une vingtaine de dollars dans le maïs, et d’une trentaine dans le soya. Le fait de ne vendre aucun volume d’avance pour les récoltes, surtout si on prévoit que nos silos ne suffiront pas à tout entreposer, est donc une décision qui n’est pas sans conséquences financières.

À l’opposé, même si nous ne sommes pas certains d’obtenir les rendements prévus, le fait de vendre certains volumes avant les récoltes comporte plusieurs avantages : on est certain que nos silos pourront entreposer tout notre grain, on obtient des liquidités dès la récolte, et on évite généralement de vendre à « rabais » les excédents récoltés.

En prévision des récoltes, pourquoi ne pas alors s’informer dès aujourd’hui des prix, et qui sait, réaliser quelques ventes pour la récolte ?  

Lorsque l’on parle de démarreur liquide, il faut distinguer deux types de placement. Le premier est le fameux pop-up qui est l’engrais que l’on applique directement sur la semence. Le deuxième est le 2 x 2, qui positionne l’engrais liquide à deux pouces sur le côté et deux pouces en dessous de la semence.

Dans les deux cas, il y a des précautions à prendre, mais pour cette chronique je vais m’attarder au pop-up seulement. Tous les engrais sont salins et chacun a son propre indice de salinité, plus ou moins élevé. Lorsque les conditions deviennent trop salines près de la semence ou des racines, l’eau s’en échappe par pression osmotique et celles-ci s’assèchent. Il est alors important d’appliquer la bonne dose de fertilisant selon les conditions environnementales et la culture fertilisée. Les cultures suivantes sont classées en ordre croissant de sensibilité : blé, maïs, luzerne, soya et pour terminer, la plupart des semences de légumes. Le type de sol influence aussi le risque ; les sols sableux et les sols avec un faible taux de matière organique augmentent les risques pour la culture. Du temps sec et peu d’humidité dans le sol aggravent également l’impact de la salinité des engrais. Il est donc important de respecter certaines doses. Prenons l’exemple d’un 6-24-6, que l’on applique sur du maïs en sol sableux. Il serait judicieux de ne pas dépasser 4kg/ha d’azote et de potasse combinés. La dose maximale serait alors d’environ 3 gallons/acre, alors qu’elle pourrait être augmentée à 5 gallons/acre en sol argileux. Mon autre recommandation est d’éviter l’application d’engrais directement avec les semences de soya, pois et haricots, car ces semences sont très sensibles au sel. Si vous avez d’autres interrogations, n’hésitez pas à contacter votre représentant Agrocentre, il saura vous conseiller.

Les cultures intercalaires et les cultures couvre-sol augmentent la diversité du système cultural et améliorent l’utilisation de ressources comme la lumière, la chaleur et l’eau. Alors que les cultures intercalaires sont implantées avec la culture principale, un engrais vert semé à la dérobée, ou comme culture de couverture, est généralement implanté après une culture récoltée tôt.

Avant de se lancer dans les engrais verts, il est essentiel de se poser les bonnes questions, afin de choisir les bonnes plantes, et le bon moment d’implantation.

Quel est le but recherché ? Est-ce de structurer le sol, le fertiliser, augmenter sa teneur en matière organique ? Veut-on combattre les mauvaises herbes, ou optimiser l’utilisation de l’azote ? 

Alors que certains diront qu’une espèce ou deux sont suffisantes, d’autres suggèreront d’en choisir 5-6 et les plus audacieux vous diront qu’entre 13 et 17 espèces c’est encore mieux.

En ce qui me concerne toute ces réponses sont bonnes, il faut juste déterminer dans quelles conditions se fera l’implantation, à quel moment, et connaître les cultures qui précèdent et qui suivent l’engrais vert. On veut en effet éviter d’augmenter le risque de maladie ou d’insectes en choisissant une espèce hôte ou de la même famille que la culture à venir, et tenir compte aussi du possible effet allélopathique de l’engrais vert.

En intercalaire dans le maïs, je favorise un minimum de 4 à 6 plantes différentes (3 familles et 2 espèces de chacune). Par contre, en couverture de sol après une céréale, je préfère y aller avec 13 à 17 plantes différentes en mélange (4 à 5 familles et 3 à 4 espèces de chacune).

Le choix de leur implantation dans la rotation doit donc répondre à un ou plusieurs objectifs.

 

Effet physique :

Le système racinaire fasciculé des graminées améliore la porosité du sol et maintient une structure grumeleuse qui aident à limiter la battance et le tassement, et favorisent un enracinement profond des plantes cultivées. D’autres espèces aux racines pivotantes imposantes et profondes améliorent le drainage de surface et peuvent accélérer le réchauffement du sol. 

 

Effet chimique :

Certaines espèces sont reconnues pour leur production abondante de biomasse (brassicacées) et apportent au sol de la matière organique très fermentescible (peu lignifiée), qui en se décomposant consomme de l’oxygène et crée un phénomène de réduction qui déstabilise les minéraux sous forme oxydée et les rend plus facilement assimilables pour la culture suivante.

 

Effet biologique :

Les engrais verts améliorent l’activité biologique intense du sol en nourrissant les micro-organismes qui s’y trouvent. Ceci est particulièrement vrai quand ils sont détruits tôt (avant floraison), parce que la matière organique apportée par l’enfouissement de jeunes tissus végétaux est essentiellement composée de sucres et d’azote organique, facilement utilisables par les micro-organismes du sol. Par leur activité biologique intense, les micro-organismes du sol vont synthétiser du « mucus » microbien qui joue le rôle de « colle » organique. Elle va permettre l’agrégation des particules minérales du sol et favoriser une structure grumeleuse, propice au bon développement des cultures.

 

Effet désherbant : Les engrais verts limitent le développement des adventices, d’autant plus si leur croissance est rapide et leur pouvoir couvrant important. Par exemple, une culture de seigle ou d’avoine peut aider sur des terres envahies par le chiendent, en compétitionnant pour les ressources disponibles. De plus, certaines plantes, comme le sarrasin ou la moutarde, ont un pouvoir désherbant (allélopathique et physique) et laissent des terres propres.

 

Effet sanitaire :

Par la diversification de la rotation, les engrais verts peuvent diminuer la pression des maladies et parasites tant que les espèces choisies ne font pas partie des mêmes familles que les cultures principales.

Il y aurait encore tant à dire sur le sujet... mais tentez l’expérience, vous serez surpris de tous les bénéfices que peut vous apporter le fait de travailler avec du VIVANT !

La loi

En février dernier ont été rendues publiques, dans la gazette officielle du Québec, des modifications au Code de gestion des pesticides et au Règlement sur les permis et certificats pour la vente et l’utilisation des pesticides. 

Ces changements à la loi ont fait l’objet de plusieurs articles et de plusieurs discussions et certains d’entre vous avez expérimenté cet été les nouvelles exigences en lien avec l’achat et l’utilisation d’atrazine, qui nécessitent maintenant une prescription et une justification. Parmi les pesticides ciblés par la règlementation se retrouvent trois insecticides de la catégorie des néonicotinoïdes, notamment utilisés comme traitement de semences, qui représentent un risque potentiel pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Ces néonics, enrobant les semences de certaines cultures, ont donc été regroupés au sein d’une nouvelle classe de pesticides, la classe 3A. Il est important de comprendre que seules les semences des cultures énumérées dans le tableau suivant, lorsqu’elles sont enrobées de l’un des trois néonics ciblés, deviennent un pesticide de classe 3A. Une semence de haricot traitée au thiaméthoxame, ou une semence de maïs grain traitée au chlorantraniliprole par exemple, ne font pas partie de la classe 3A, et ne sont toujours pas considérées comme un pesticide comme tel.

Les implications de cette modification sont les suivantes (en vigueur depuis le 8 septembre dernier) :

L’assujetissement de la nouvelle classe de pesticides au régime de permis et certificat. C’est donc dire que pour vendre une semence enrobée qui entre dans la classe 3A, un permis de vente au détail sera nécessaire. De même, pour l’achat de cette même semence, un producteur doit avoir un permis ou certificat lui permettant d’en faire usage.

Comme elles sont maintenant considérées comme un pesticides, la mise en terre de ces semences doit se faire en respectant les zones de retrait de 1 mètre des fossés, 3 mètres des cours d’eau et 30 mètres des puits. De plus, elles doivent être entreposées de façon à ce que ni le contenant, ni le contenu ne puissent être altérés, ni causer de contamination dans l’environnement.

Une justification agronomique est nécessaire pour l’utilisation d’une semence inclue dans la classe 3A, et une prescription pour en faire l’achat.

Finalement, le producteur doit tenir un registre de l’utilisation de ces semences, comme il doit le faire pour tous les autres pesticides appliqués sur la ferme.

 

Les nuances

Les néonicotinoïdes sont donc une famille d’insecticides pouvant être appliqués sur les semences lors de l’ensachage pour les protéger contre les insectes ravageurs du sol une fois mises en terre. Ils ont fait leur apparition en agriculture il y a moins de 20 ans, pour remplacer les poudres insecticides utilisées par le passé en Amérique du Nord. 

Dans le rayon des traitements de semences, il existe aussi des traitements fongicides, appliqués sur les semences également, mais qui sont utilisés pour lutter contre les maladies de début de saison, et non contre les insectes. Les traitements fongicides ne sont pas visés par la règlementation. Les traitements de pré-inoculation dans le soya ne sont pas touchés non plus par les nouvelles exigences. Afin d’aider à la compréhension, voici les noms commerciaux et un sommaire rapide des principaux traitements pour s’y retrouver.

 

Les avancées technologiques

Heureusement, de nouveaux produits ont fait leur apparition sur le marché en 2018 et d’autres verront le jour pour les semis de 2019, qui présentent des indices de risque moins élevés pour la santé et l’environnement et qui sont moins nocifs que les néonics pour les insectes pollinisateurs. Par le fait même, il n’est pas nécessaire d’obtenir une prescription pour se procurer ces nouveaux produits, qui ne font pas partie de la classe 3A. Les semences de maïs et soya disponibles pour la saison 2019 seront traitées principalement avec du Lumivia, du Lumiderm ou du Fortenza, qui offrent un contrôle similaire au Cruiser sur les insectes. Parmi les principaux ravageurs des semis dans le maïs on retrouve : les vers fil-de-fer, les vers blancs, les larves de la mouche des semis et les vers gris-noir. 

Alors pouvons-nous utiliser un fongicide seul comme traitement de semence ? Il est possible de le faire car les différents semenciers offrent cette option mais plusieurs recherches démontrent un avantage de gain de rendement de l’ordre de +210 kg/ha en combinaison avec un insecticide sur la semence. Avec le prix des terres et le prix de la semence, l’option double protection (fongicide + insecticide) demeure possiblement le choix le plus rentable sous certaines conditions pour optimiser le plein potentiel de rendement de la génétique choisie. Il est important d’évaluer l’historique des champs au niveau de la présence de certains insectes, et la présence de conditions favorables à leur développement (type de sol, précédent cultural, résidus de culture en surface, cultures voisines, localisation géographique, etc.) pour prendre la meilleure décision.

 

Insecte sous surveillance

La chrysomèle du haricot suscite de plus en plus notre attention car elle peut créer des dommages considérables dans les champs de soya. On en voyait un peu ces dernières années au Québec, mais en 2018, une présence accrue de la chrysomèle du haricot a été rapportée en Montérégie. C’est un insecte qui ne produit qu’une génération par année sous nos conditions. Les adultes passent l’hiver dans les bordures enherbées des champs, sous les tas de feuilles mortes, puis réapparaissent vers la fin d’avril (quand la température oscille entre 10 et 13 °C). À compter de ce moment et jusqu’à ce qu’il meurt vers la fin de juin, l’insecte se nourrit de plantules de soya et de fourragère. À la fin de juin, les femelles pondent leurs œufs dans le sol, qui prendront de 5 à 6 semaines pour éclore, compléter les 3 stades de développement larvaire, la pupaison, et finalement émerger sous forme d’adultes qui pourront à nouveau s’attaquer au soya en se nourrissant de ses feuilles. Le nouvel insecticide en traitement de semences Lumiderm, de Corteva Agriscience, sera disponible dès la saison 2019 et aidera grandement à contrôler la génération hivernante de cet insecte, ainsi que le puceron du soya. 

Si vous avez besoin de conseils pour faire le meilleur choix ou des questions sur les exigences de la nouvelle réglementation, n’hésitez pas à contacter votre représentant(e) Agrocentre.

 

Dans le cadre de son virage numérique, La Coop fédérée lance AgConnexion, qui est une plateforme intégrée pour supporter ses réseaux à l’échelle pancanadienne. Cette technologie est maintenant disponible pour les producteurs agricoles et conseillers professionnels des Agrocentres.

La solution AgConnexion est l’incontournable dans le numérique agricole. Dotée de fonctionnalités simples à utiliser, efficaces et à la fine pointe technologique, cette plateforme se présente en deux modules, qui sont le portail numérique et la ferme intelligente.

Avec la numérisation de données à la ferme, AgConnexion permet aux producteurs de profiter d’une panoplie d’outils qui permettent une gestion optimale de leurs entreprises. 

Le portail numérique vise à faciliter l’expérience du producteur avec son détaillant, tant en ce qui a trait à la gestion commerciale que sur le plan administratif.

Quant au module de la ferme intelligente, AgConnexion offre une intégration des outils technologiques tout au long de la saison ; par exemple, des outils d’analyse agroéconomique qui aident à la planification de programmes de cultures.

Un sondage nord-américain a fait ressortir les 3 principales raisons qui poussent les producteurs agricoles à utiliser les technologies : 41 % en font usage pour analyser des scénarios et améliorer leur rentabilité ; 39 % estiment les outils nécessaires pour prendre de meilleures décisions ; et 37 % sentent le besoin de comparer les scénarios de programmes de cultures. La solution AgConnexion a la capacité de répondre à tous ces besoins.

Les visites, le suivi et le diagnostic au champ sont maintenant plus simples à faire grâce à l’application mobile accessible directement sur le téléphone des utilisateurs. L’accès à une base de données complètement intégrée, par culture et par catégorie et type de problème, rend le dépistage beaucoup plus efficace. C’est une solution disponible partout puisqu’elle peut fonctionner en mode déconnecté (même sans connexion internet). 

Lorsque questionnés sur les critères qui guident leur choix, les producteurs veulent des solutions faciles à utiliser, et capables de gérer un ensemble de données au même endroit. C’est le défi qu’a su relever AgConnexion.

 

AgConnexion et imagerie satellite

Nous sommes à l’ère d’une technologie d’imagerie satellite démocratisée, de plus en plus utilisée pour planifier les interventions au champ et aider à une meilleure prise de décision. AgConnexion met à votre disposition une série d’images satellites prises tout au long de la saison, pour chaque parcelle, peu importe la culture. Cette technologie aide à identifier les endroits problématiques, à prioriser les interventions, et à réaliser les diagnostics nécessaires pour proposer des solutions rapides.

Les images satellites sont aussi utilisées, en combinaison avec d’autres indicateurs, pour visualiser la variabilité des parcelles, et les scinder en zones de gestion. Cette approche de gestion intraparcellaire, tant au niveau de la fertilisation, du chaulage ou du taux de semis, fait de plus en plus d’adeptes.

 

AgConnexion et l’agriculture de précision

Le terme agriculture de précision est connu depuis plusieurs années. L’innovation et l’accroissement de la capacité technologique pour acquérir les données agricoles ont simplifié son utilisation. L’application des outils d’agriculture de précision fait partie des piliers de la solution AgConnexion. 

La gestion de la variabilité des champs se traduit souvent par l’application à taux variable (ATV) des intrants. Ceci apporte un gain réel, tant au niveau agronomique, économique, qu’environnemental. Avec l’application à taux variable, nous nous assurons de choisir le bon produit, de l’appliquer à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit. Le tout est fait de façon simple et rapide, en utilisant le plein potentiel du GPS .

Aujourd’hui, de plus en plus de champs sont échantillonnés par zones, ce qui permet d’obtenir plusieurs analyses de sol par parcelle. Par l’intégration automatique des résultats de laboratoire, la gestion des échantillons de sol avec AgConnexion entraîne un gain net en efficacité. Que ce soit pour un échantillonnage conventionnel (1 analyse par parcelle) ou pour l’échantillonnage au GPS (plusieurs analyses pour une même parcelle), l’outil AgConnexion permet de tout gérer, de la planification de la tâche jusqu’à l’interprétation et la gestion des résultats.

Notre outil carnet de champ numérique complet permet de documenter les interventions, applications et annotations propres à chaque parcelle et à chaque zone. Cela s’applique à l’ensemble des opérations, du semis jusqu’à la récolte, en passant par l’application de produits de protection des cultures.

De même, les producteurs agricoles peuvent accéder aux recommandations de leurs conseillers en un clic, incluant les justifications et prescriptions pour l’utilisation et l’achat de produits réglementés, qui répondent aux exigences de conformité. La valeur ajoutée, créée à partir de la combinaison de données agricoles est énorme. Dates de semis, observations aux champs, résultats d’analyse de sol, données météo et cartographiques, telles les cartes de semis, cartes d’application ou cartes de rendement se retrouvent tous à la même place. Il devient alors possible de recouper des données et d’analyser des résultats de façon simple et rapide : telle est la puissance de la solution AgConnexion !

Le pouvoir analytique propre à AgConnexion permet de maximiser les différentes données recueillies en saison de croissance, pour ensuite les transformer en actions précises aux champs.

La solution AgConnexion est l’espace numérique intégré d’un bout à l’autre, qui alimente l’efficacité et qui supporte les besoins actuels et futurs des producteurs agricoles.

Saviez-vous que le programme de recherche Zone Performance fête ses vingt ans cette année ? Que de progrès réalisés depuis 1998 et nos deux parcelles Zone Performance en Iowa  ! De ces modestes débuts, CROPLAN s’est transformé en semencier majeur disposant d’un des plus grands programmes de recherche appliquée en agronomie en Amérique du Nord. Nous générons chaque saison plus de 6 millions de points de données grâce à nos 200 champs de recherche et de démonstration, dont certains d’entre eux situés au Québec. Fort de son succès, CROPLAN continue de s’améliorer pour rester à l’avant-garde de l’industrie semencière et d’offrir aux agricultrices et agriculteurs d’ici une gamme de semence moderne et performante.

 

Caractérisation et agriculture de précision

Depuis ses début, CROPLAN a toujours cherché à comprendre l’interaction entre génétique et pratiques culturales. CROPLAN est donc le seul semencier à caractériser la réponse à l’azote, à la population, à la monoculture de maïs et aux fongicides de ses hybrides de maïs. Cette caractérisation permet de profiter des points forts de chaque hybride pour allouer au mieux les ressources et intrants disponibles sur la ferme. Dans un monde idéal, tous les champs d’une ferme seraient parfaitement nivelés et sur un sol loameux, riche en matière organique. Mais, la réalité est bien différente et les producteurs ont besoin de suivre rigoureusement leurs champs pour positionner le bon intrant, à la bonne place et au bon moment. Winfield United dispose d’une nouvelle technologie qui permet de surmonter cette complexité et d’en tirer profit. Le Field Monitoring Tool (FMT) est un outil qui facilite le suivi et la gestion des champs en saison. Le FMT fait partie intégrante de l’Outil R7, déjà bien implanté au Québec. Le FMT suit jour après jour, par satellite, la performance de chaque champ. Il indique à l’utilisateur quel champ performe mieux que ses voisins et lequel requiert son attention. C’est un moyen efficace pour résoudre les problèmes à temps, que ce soit une échappée de mauvaises herbes, une carence ou les dégâts d’un ravageur. Un historique de cinq ans, basé sur l’index de végétation, est disponible, permettant d’évaluer le potentiel de chaque champ.

 

Une gamme de maïs à la pointe du progrès

2288VT2P/RIB : Nouveauté de 2500 UTM avec une haute réponse à l’azote et une très bonne vigueur printanière. Son excellent poids spécifique et sa floraison moyenne vous séduiront.

3575VT2P/RIB et SS/RIB : Hybride de 2825 (VT2P) ou 2850 (SS) UTM avec une réponse à l’azote et à la population élevée qui lui assure un bon potentiel de rendement.

3795VT2P/RIB : Hybride à offensif à fort potentiel de rendement de 2875 UTM. Il s’adapte à tous types de sol et possède une courbe de séchage rapide.

4188VT2P/RIB et SS/RIB : Hybride de 3025 (VT2P) ou 3050 (SS) UTM. Possède le gène ASR pour une meilleure tolérance aux maladies de la tige. Potentiel de rendement et qualité de grain sont au rendez-vous.

 

Soya, une montée en gamme

CROPLAN déploie en 2018 cinq nouvelles variétés de soya, possédant la technologie Roundup Ready 2 Xtend qui combine potentiel de rendement et tolérance au glyphosate et au dicamba. Ainsi, il est aisé de gérer intelligemment la résistance des mauvaises herbes grâce aux multiples modes d’action.

RX000918 : Variété très hâtive (2275 UTM), adaptée aux rangs étroits et aux sols légers, qui possède un gène de résistance contre le pourridié phytophtoréen.

RX00218 : Variété hâtive de 2350 UTM de grande taille qui possède une bonne tenue et une bonne tolérance à la moisissure blanche.

RX1018 : Variété performante de 2800 UTM avec une excellente vigueur et de stature moyenne. Sa tolérance contre le pourridié phytophtoréen et la moisissure blanche sont des atouts.

RX1518 : Variété buissonnante de 2950 UTM. Sa bonne tenue et sa couverture rapide des rangs contribuent à son fort potentiel de rendement, épaulé par une bonne résistance aux les maladies.

RX1818 : Variété tardive de 3025 UTM, buissonnante et de grande taille, possédant un très bon potentiel de rendement.

 

Traitements de semence

Les variétés s’améliorent, tout comme les traitements de semence. Ils sont la première barrière qui protège vos semences contre les ravageurs en début de saison. Grâce à ces derniers, la plantule peut prendre un bon départ et ainsi exprimer pleinement son potentiel génétique. CROPLAN a choisi le LumiaMD de CortevaMC pour protéger ses semences de maïs. Le Lumivia offre une protection à large spectre contre les insectes nuisibles comme le ver fil de fer, la mouche des semis, le ver gris noir et la légionnaire. Sa matière active, le chlorantraniliprole (insecticide du groupe 28), possède un profil environnemental favorable avec un impact minimal sur les insectes bénéfiques et les pollinisateurs. C’est donc un outil précieux dans le cadre de la lutte intégrée. Le traitement de semence Acceleron 250 avec néonicotinoïde reste disponible sur demande.

 


Quand vient le temps de choisir un hybride de maïs avec un producteur, d’emblée, je me réfère à mon guide de semis Croplan. Leur façon de classer les hybrides selon les indices de réponse à l’azote, à la population, à la monoculture de maïs et aux fongicides est un atout indispensable afin de m’ajuster aux différents besoins des entreprises.

D’ailleurs, un autre outil intéressant avec lequel j’aime travailler lors des ventes de semences, c’est leur site internet. Sur cette plateforme, il est possible de comparer les hybrides avec à peu près tous les autres de la compétition.

Nous avons parlé du big data ces dernières années tout en cherchant à en définir les avantages pour l’agriculteur. L’idéal est dans l’échange de big data entre la semencière détentrice d’information sur les hybrides et le producteur qui sème ces hybrides afin d’optimiser les profits à la ferme. Les capteurs de rendements sur les moissonneuses sont un début. Chez la semencière, l’accumulation de données sur les hybrides a beaucoup évolué et est aujourd’hui au niveau des besoins de l’agriculture de précision.

 

Introduction

Nous sommes familiers avec le terme « croissance de l’intérieur », un terme fait sur mesure pour l’agriculture de précision. « La décision la plus importante de la saison commence aussi par le choix d’hybrides ». Prendre une décision fait référence au fait de consulter des résultats analysés. Présentement, l’innovation est dans l’analyse du big data. Nous avons produit beaucoup de données ces dernières années, et aujourd’hui on va se servir de ces données, même si elles datent de plusieurs années, car elles serviront à perfectionner notre prise de décision. Les sommes d’argent investis dans la prise de données seront rentabilisées par l’analyse.

 

Agriculture de précision pour tout modèle de ferme de grande culture !

Une grande majorité des surfaces cultivées dans les grandes cultures sont maintenant récoltées avec des moissonneuses munies de capteurs de rendements. Donc on peut dire que l’agriculture de précision est maintenant à la portée de ceux-ci. Nous en sommes au point où il est possible pour un agriculteur de faire analyser ses propres données afin de pouvoir déceler là où se cache la prochaine amélioration agronomique qui va optimiser les profits de sa production. L’analyse des données de plusieurs années passées est cruciale, car elle peut consolider des tendances et permettre de dégager la certitude nécessaire au changement de pratique culturale. Que ce soit un taux de semis, un coup de vibro de moins, une application foliaire...

 

Agriculture de précision 2.0

Les cartes de rendement en couleur, les cartes de photos-satellites et les cartes produites par drône sont des renseignements de base qui doivent être récoltés avec un but, c’est-à-dire qu’ils doivent contribuer à l’analyse des données qu’ils produisent. La prescription est la façon d’initier les actions pour atteindre ce but.

La firme VERITAS, qui a mis en place la méthode VERIBLOCK, continue d’évoluer dans le domaine.

Le système VERIBLOCK a été élaboré grâce à des équipements de semis de précision automatisés servant à exécuter une prescription. La méthode consiste à placer dans une même zone tous les taux de semis de toutes les zones du champ afin de pouvoir comparer et connaître le taux de semis optimum. La prescription peut s’appuyer sur un ensemble de données : types de sols, fertilité/pH du sol, matière organique, rendements passés.

Changer le taux de semis manuellement, établir des zones dans le champ d’après le système de drainage, ou le type de sol, ou encore la pente... bref des éléments uniformes pour créer une zone consistant en une prescription. S’assurer d’avoir deux taux de semis dans cette même zone produira des données pertinentes à analyser même avec des équipements de base. C’est une façon élémentaire de faire du système VERIBLOCK.

 

Projet Semences PRIDE au Québec été 2018

Notre projet 2018 consiste principalement à évaluer différents taux de semis de maïs et de soya. Pour le maïs, les prescriptions de taux sont basées sur les données antérieures, et des zones ont été établies dans le champ à l’aide de la méthode VERIBLOCK. Nous accumulons des données provenant de différentes sources : cartes-satellites, prise de populations au champ, rendement par capteur de rendements sur la moissonneuse.

Un autre volet du projet est de varier manuellement le taux de semis du semoir, de semer en bandes subséquentes ces taux de semis différents pour faire la récolte avec la moissonneuse muni de capteurs de rendements qui accumulent les rendements.

Les cartes de rendement seront acheminées chez VERITAS pour être nettoyées et analysées. ; les passes de la moissonneuse avec un rang Il en résultera une analyse, statistiques à l’appui, et une valeur en dollars sur le rendement idéal dans chacune des zones. Ces rapports d’analyse pourront servir pour les années futures et aider pour établir des prescriptions avec l’arrivée d’hybrides encore plus performants.

L’avenir de l’agriculture de précision prend un tout autre sens, car les agriculteurs ayant un minimum d’équipements de précision, soit un capteur de rendements sur la moissonneuse, pourront évoluer dans l’optimisation des rendements à la ferme grâce à leurs propres données. De même ceux avec des équipements déjà montés pour la précision vont connaître le bilan net des investissements. C’est ce que j’appelle l’agriculture de précision 2.0 : la décision est maintenant basée sur des données statistiquement valables et des dollars. L’acquisition d’équipements ou le changement des pratiques culturales pourra s’appuyer sur des facteurs solides et réels à la ferme.

Nous avons récemment ajouté les Semences PRIDE à notre gamme Agroperformance. Cette compagnie complète très bien notre portfolio semences pour plusieurs raisons : elle offre des maïs de type feuillu adaptés à nos unités thermiques et son catalogue propose plusieurs hybrides conventionnels qui sont dans les mêmes familles génétiques que leurs maïs OGM les plus performants. Aussi, puisqu’ils sont exclusivement semenciers, ils ont accès aux technologies de plusieurs fournisseurs en plus de développer leur propre génétique de maïs.

L’année 2019 sera assurément remplie de défis et nous continuons nos efforts pour mettre en marché des variétés aux performances agronomiques supérieures pour les producteurs, et bien adaptées au niveau alimentaire pour les clients à l’exportation. La demande reste forte à l’étranger pour le soya Québécois et nous avons ensemble de belles opportunités à saisir.

Surveillez nos primes pour la prochaine saison.

 

La recherche chez Prograin

Vous connaissez probablement notre centre de recherche situé à St-Césaire et vous l’avez peut-être visité. À plusieurs reprises, nous vous avons parlé des outils performants et sophistiqués utilisés dans les laboratoires, mais nous irons un peu plus en détails en vous expliquant comment les variétés des prochaines années répondront à vos besoins et à ceux des clients en transformation.

En génétique, les avancés sont très rapides tant au niveau des équipements, de la bio-informatique, des manipulations en laboratoire que de la compréhension des gènes. Évidemment, ces avancés permettre d’être plus performants en évaluant génétiquement plus de plantes de soya. Le travail en laboratoire est d’associer un gène avec un marqueur. Une fois ce travail fait, on peut valider rapidement et sans ambiguïté la présence des traits qui nous intéressent. Aujourd’hui avec le génome du soya séquencé, il y a un grand intérêt à développer des nouvelles technologies pour trouver des nouveaux gènes. Une technologie que l’on nomme « GBS » (genotyping by sequencing ou génotypage par séquençage) nous permet d’associer les phénotypes (caractéristiques visuelles) au génotype (le gène ou les gènes sur le génome).

Il est maintenant possible de trouver rapidement des caractéristiques provenant d’un seul gène. Un exemple simple serait de trouver le gène responsable de la couleur des fleurs. En faisant un groupe de variétés à fleurs blanches et un groupe de variétés à fleurs pourpres, on pourrait facilement trouver l’emplacement du gène responsable de cette caractéristique avec l’utilisation de la technologie GBS. Une fois la méthodologie en place pour trouver des caractéristiques associées à un gène, la prochaine étape sera de travailler sur des caractéristiques dépendantes de plusieurs gènes (par exemple, la résistance au sclérotinia, le rendement, la protéine, etc.).

Un autre avantage de la technologie GBS, c’est de bien caractériser génétiquement nos parents et de savoir qui possède le ou les gènes de résistance ou de tolérance au sclérotinia, au Phytophthora, à la pourriture brune de la tige, au chancre de la tige, à la brûlure bactérienne, aux nématodes à kyste du soya et au Phomopsis. En connaissant bien la génétique des parents que nous utilisons, nous allons pouvoir s’assurer de développer des variétés de soya qui possèdent le ou les gènes permettant d’avoir une des résistances ou un haut niveau de tolérance face au problème rencontré aux champs. Nous pourrons aussi appliquer le même processus pour développer des variétés conventionnelles qui auront le gène ou les gènes recherchés pour donner les qualités alimentaires recherchées par les transformateurs (tofu, boisson de soya, etc.).

D’ici quelques années, les nouveaux outils dont nous disposons vont nous permettre de prédire la performance des nouvelles variétés avant même de faire les croisements. Seulement ceux ayant un haut potentiel de donner une bonne variété de soya seront faits. C’est de cette façon que nous mettrons en marché des variétés performantes et adaptées à nos conditions dans les prochaines années.

 

Nouvelles variétés

En 2019 Prograin vous offrira deux nouvelles variétés destinées au marché de l’alimentation humaine. La plus hâtive de la gamme portera le nom Siberia*, elle remplacera le Tundra. D’une maturité de 2350 UTM c’est la variété toute désignée à positionner dans les régions de l’Est du Québec et du Lac St-Jean.

Ezra une nouveauté d’une maturité de 2725 UTM qui offrira l’opportunité aux producteurs de bénéficier d’un excellent compagnon au Marula. Dotée d’une excellente vigueur, une facilité d’adaptation ainsi que des performances exceptionnelles, elle a terminé première de son groupe de maturité sur une moyenne de 2 ans au RGCQ avec un indice de rendement de 112 %.

Six nouvelles variétés Roundup Ready 2 Xtend qui toucheront l’ensemble des zones de production de soya au Québec seront disponible pour la prochaine saison.

Le Dayo R2X 2325 UTM, à positionner en rang étroit, se démarquera par sa tolérance naturelle au sclérotinia.

Le Dugaldo R2X 2450 UTM, sera apprécié entre autres, pour son excellent potentiel de rendement et plus particulièrement pour sa capacité à faire quelques branches même en zone hâtive.

Le Donaldo R2X 2600 UTM se démarquera par son excellente vigueur printanière et sa capacité d’adaptation même en conditions difficiles.

Le Denzo R2X 2700 UTM vous impressionnera par son feuillage dense et son excellente tolérance au sclérotinia et aux principales maladies du soya.

Le Diego R2X 2725 UTM est un plant de grande taille, branchu avec un excellent potentiel de rendement. Positionné au 30 po, il mettra peu de temps à fermer ses rangs. Il possède la combinaison de gènes de résistance au Phytophthora Rps1c et Rps 3a.

Le Draco R2X 2750 UTM sera un excellent compagnon au Miko R2. C’est une variété qui a une bonne capacité à faire des branches. Il démontre une excellente vigueur printanière ainsi qu’une tolérance naturellement supérieure à la moyenne au phytophthora. *En attente d’homologation

Prograin pour moi, c’est un accompagnement du semis jusqu’à la commercialisation ! Je suis fière de promouvoir les produits de Prograin car leur offre est complète. Des semences performantes de qualité, de pair avec un service agronomique personnalisé du semis jusqu’à la récolte, et pour boucler la boucle, une commercialisation des soya IP et qualipro dont la logistique est adaptée aux clients. Mes variétés coup de coeur sont le Marula et le Hana pour leur bon rendement et leur stabilité année après année.

Les avantages d’inclure les céréales d’automne aux rotations ne sont plus à démontrer ; répartition des travaux aux champs, protection contre l’érosion, potentiel de rendement supérieur aux céréales de printemps, lutte aux mauvaises herbes ou encore le semis d’engrais vert suite à la récolte hâtive en sont quelques uns. Et c’est sans parler des bénéfices de l’ajout des céréales aux rotations traditionnelles de soya et maïs.

Doit-on opter pour un seigle d’automne ou un blé ? Il est plutôt facile d’écouler sa récolte de blé d’automne auprès des meuneries régionales et les minoteries sont acheteuses de qualité spécifique au niveau panifiable. De son côté, le marché du seigle reprend de la vigueur. La demande est en croissance pour les variétés hybrides. Selon les champs, le seigle sera plus rustique que le blé et la survie devrait donc être facilitée. Depuis quelques années, Semican offre d’ailleurs des variétés de seigle hybride. Qu’est-ce que c’est exactement ? Il s’agit d’un croisement entre deux variétés permettant d’obtenir une vigueur particulière, dite hybride, entraînant entre autre des rendements supérieurs aux deux lignées parentales. Semican, à l’avant-garde au niveau du seigle offre depuis quelques années le Brasseto et nouvellement sur le marché, le Bono. Les grains sont plus petits et la récolte est prisée pour des marchés spécifiques en alimentation animale. Le rendement peut être jusqu’à 25% supérieur à celui d’un seigle de type conventionnel ! De plus, le taux de semis est très faible, soit autour de 75 kg/ha. Brasetto et Bono tallent de façon impressionnante. La production de paille est aussi au rendez-vous avec les seigles hybrides. Pour ce qui est du seigle conventionnel, le Danko reste le choix de prédilection de plusieurs ; paille à profusion et stabilité de rendement année après année. Par contre pour que le seigle remplisse ses promesses, la régie doit y être. Par ailleurs, des contrats de rachat de récolte sont disponibles. Parlez-en à votre représentant Agrocentre !

Si on opte pour une culture de blé, différentes options sont possible. La réputation du blé fourrager Frontenac n’est plus à faire. Un rendement exceptionnel associé à une survie hivernale très bonne dans toutes les zones, en fait un allié sur la ferme. Il est peu maladif, facile à battre et avec une bonne quantité de paille. Du côté humain, le Warthog reste un des plus populaires sur le marché. C’est un blé sans barbe avec une excellente tolérance à la fusariose de l’épi. Semican ajoute cette année à sa gamme de blé panifiable, la variété Champlain. Cette dernière se démarque par sa résistance à la fusariose et son potentiel de rendement. Les tests en parcelles à différents sites ont permis d’atteindre un niveau de protéine généralement de 1% supérieur aux autres blés actuellement commercialisés, pour une régie identique dans les mêmes champs. Le blé Champlain passe aussi très bien au travers de l’hiver. Il est barbu, de longueur intermédiaire, avec un poids spécifique élevé et est très bon contre la verse. Pour les producteurs situés en zone 1, une autre alternative est possible au niveau du blé panifiable. La variété Brome y performe vraiment très bien. Bien qu’il soit haut de taille, sa tenue est excellente. Pour la survie hivernale, encore une fois, c’est en zone 1 qu’il est le meilleur. Au niveau de la qualité du grain, le blé Brome offre entre autre un poids spécifique élevé.

Après avoir porté une attention particulière à la sélection de nos variétés, quelques petites consignes de régie sont à respecter pour bien performer au champ. Autant pour la culture du seigle que pour le blé, il est avantageux de semer tôt. Une meilleure chance pour la survie à l’hiver, la vigueur de départ au printemps en est améliorée et en découle un effet au niveau des rendements. La profondeur de semis souhaitée n’est pas la même que dans le cas des céréales de printemps pour deux raisons. Pour une levée uniforme, les semences ont besoin d’humidité. En septembre/octobre, le terrain est généralement plus sec qu’au printemps alors ne soyez pas gêné de placer la semence à minimum 1 pouce ½ de creux. C’est aussi dans cette partie sous-terraine que le plant accumule ses réserves pour passer l’hiver. Si le grain est placé trop en surface, l’hypocotyle sera très court et on diminue donc les chances de survie. Bien que les semis à la volée fassent plusieurs adeptes, les résultats varient grandement d’une année à l’autre et c’est un risque qu’il faut être prêt à assumer. Et bien entendu, la fertilisation n’est pas à négliger, autant dans le seigle que dans le blé.

Arrive finalement le printemps, on se dépêche d’aller marcher nos champs. Il faut porter une attention particulière aux racines et en plus de valider l’état de la partie aérienne. Si la survie n’est pas parfaite mais qu’on choisit de conserver le champ en culture, il existe des moyens de réparer ou de contrôler les dégâts. En effet, selon les régions et les équipements à la ferme, il peut être possible pour certains de semer du pois. Ils se battront en même temps et seront facile à séparer au criblage. Sinon, un semis de trèfle peut être fait. Ce dernier remplira l’espace laissé disponible et contribuera en azote pour la culture suivante. Certains seront tenté de resemer une céréale de printemps, mais il est plutôt rare que les maturités concordent. Il faut alors sacrifier la maturité de l’un par rapport à l’autre ce qui aura un impact sur la qualité de notre récolte…

 

Pouvez-vous deviner le nom de l’entreprise décrite par les sept lettres suivantes ?

La lettre S pour : semences de qualité

La lettre E pour : équipe de spécialistes

La lettre M pour : mélanges fourragers

La lettre I pour : innovateurs

La lettre C pour : conseils judicieux

La lettre A pour : attentifs aux producteurs

La lettre N pour : numéro un des semences céréalières

Voici différents qualificatifs décrivant parfaitement l’entreprise SEMICAN.

Merci pour votre gamme variée et complète, pour votre dynamisme et votre collaboration de longue date avec les AGROCENTRES.

Pensez à la culture de soya qui vous a donné le rendement le plus élevé jusqu’ici. Peut-être que les pressions liées aux insectes et aux maladies avaient été faibles tout au long de la saison, ou que la météo avait été quasi parfaite depuis le semis jusqu’à la récolte. Peu importe les circonstances, vous pouvez être sûr que votre meilleur rendement à ce jour était dû en grande partie aux décisions que vous aviez prises bien avant que la première semence de soya soit mise en terre.

Le choix de la génétique est le premier pas qui mène à des rendements de soya élevés. Il n’existe pas de variété parfaite, mais si les producteurs choisissent la meilleure génétique pour leurs champs, cette décision de gestion contribuera au rendement. La clé de la sélection de la meilleure génétique pour votre ferme consiste à déterminer les points les plus faibles de votre système de production. Il se peut que vous ayez des difficultés avec l’implantation du peuplement ou avec certaines maladies, comme la moisissure blanche ou la brûlure phomopsienne. C’est là que Syngenta peut aider, avec une vaste gamme de génétiques ainsi qu’un éventail complet d’options en matière de traitements de semences, de fongicides et d’herbicides, qui peuvent être adaptées à vos problèmes et défis particuliers. 

 

Du soya sélectionné en vue de garantir sa réussite au Québec

Nous avons élargi notre offre de variétés de soya de marque NK® pour la saison de croissance 2019 : elle comprendra 10 nouvelles variétés Roundup Ready 2 Xtend®. Ce caractère procure une tolérance aux herbicides à base de glyphosate et de dicamba, ce qui vous permet d’avoir recours à de multiples modes d’action pour gérer les mauvaises herbes coriaces. En lisant ce qui suit, je vous encourage à penser à la façon dont les nouveaux cultivars pourraient s’intégrer dans votre rotation.

Pour une excellente résistance aux maladies ainsi qu’une performance de rendement constante et élevée, envisagez de semer du S12-P3X. En plus d’une tolérance remarquable à la moisissure blanche, il offre une tolérance unique au champ au pourridié phytophthoréen et contient le gène Rps1k.

Les producteurs aux prises avec des maladies graves, comme la moisissure blanche causée par Sclerotinia et le syndrome de la mort subite, devraient songer à semer du S18-H3X en 2019. Avec une maturité relative de 1.8, cette variété permet d’exploiter le maximum de votre potentiel de rendement dans les zones de croissance plus chaudes. De plus, c’est un excellent choix agronomique pour tout espacement de rang. Le S14-T7X constitue un choix avisé en raison de sa levée remarquable et de sa stabilité de rendement. La bonne hauteur de ses gousses facilite la récolte, et il offre une performance stable dans divers milieux de culture et régions géographiques, outre une excellente tolérance à la pourriture brune des tiges et au syndrome de la mort subite.

Si vous avez besoin d’un soya très adaptable pouvant produire de hauts rendements, pensez au S09-R8X. Il est performant dans tous les types de sol, milieux de culture et régions géographiques, et la bonne hauteur de ses gousses facilite la récolte. Si le pourridié phytophthoréen est pour vous une préoccupation, la tolérance de ce cultivar est un autre point en sa faveur, car elle dépasse la moyenne.

Bien sûr, nous continuons également d’offrir les variétés les plus performantes introduites dans notre gamme au cours des années précédentes. Si vous cherchez un cultivar hâtif à haut potentiel de rendement, le S01-C4X demeure un choix solide : sa performance est exceptionnelle dans la plupart des types de sol, la hauteur des plants est bonne même quand il est semé au sud de sa zone, et il possède le gène Rps1c, qui lui confère une excellente tolérance au champ au pourridié phytophthoréen. Dans les environnements difficiles, le S07-K5X continue de se démarquer, grâce à sa très bonne tenue, à sa forte tolérance à la moisissure blanche et à son gène Rps3a, qui offre une protection contre le pourridié phytophthoréen.

Quel que soit le défi de production auquel vous devez faire face, notre Outil de sélection des semences (à syngenta.ca/trouvezdesvarietes) peut vous aider à trouver les cultivars qui conviennent à votre ferme. 

 

Pensez à l’insecticide Fortenza pour votre soya

Certains ravageurs, comme le hanneton européen et le ver fil-de-fer, consomment les racines des plantules de soya en croissance. Quand rien n’est fait pour les maîtriser, leurs prélèvements alimentaires peuvent avoir pour conséquence des plants rabougris et un peuplement de soya compromis. Un traitement de semences insecticide est le seul moyen de supprimer les ravageurs souterrains. Pour la saison de croissance 2019, nous mettrons sur le marché l’insecticide Fortenza® (Groupe 28) – un traitement des semences de soya non néonicotinoïde qui permet de lutter contre le hanneton européen, le hanneton, le ver fil-de-fer et la mouche des semis. Combiné avec la protection éprouvée de Vibrance® Maxx, il permet d’obtenir en plus la maîtrise d’un large spectre de maladies, dont la pourriture des semences, la brûlure des semis, la fonte des semis (pré et postlevée) et la pourriture des racines en début de saison dans les variétés tolérantes au Phytophthora. 

 

Maîtrise complète des insectes présents dans votre maïs

Le ver-gris occidental du haricot, indigène à l’Amérique du Nord, s’est progressivement répandu dans toute la « Corn Belt ». Comme des masses comptant jusqu’à 200 œufs sont pondues sur les feuilles du maïs, les populations peuvent croître rapidement et mettre votre culture en péril.

Agrisure Viptera® est le seul caractère actuellement offert qui maîtrise efficacement le ver-gris occidental du haricot. Il a recours à une protéine insecticide végétale (PIV) unique, qui se lie à un site récepteur particulier de la paroi de l’intestin moyen de ce ravageur. Parce que la PIV cible ce site plutôt que ceux traditionnellement visés par les protéines cristallines (cry), Agrisure Viptera procure une élimination massive du ver-gris occidental du haricot.

Agrisure Viptera est également une bonne option pour les producteurs qui doivent lutter contre le ver de l’épi du maïs, le ver-gris noir, la légionnaire d’automne, le foreur des tiges, la légionnaire uniponctuée, la pyrale du maïs et la pyrale du Sud-Ouest.

N’hésitez pas à contacter votre représentant ou détaillant Syngenta, qui peut vous aider à évaluer les besoins de votre ferme et à atteindre votre plein potentiel de production.

L’expertise agronomique de Syngenta est la clé du succès de sa gamme de maïs et de soya.

Mon coup de cœur pour le maïs est l’hybride 8920 (2725 UTM). Il se démarque par une levée rapide, un bon rendement et une santé des plants remarquable. De plus, la technologie Agrisure Viptera protège notre rendement.

Pour le soya, je recommande fréquemment le S07-M8. Offrant un rendement élevé, combiné à des caractéristiques alimentaires prisées par les acheteurs, ce soya est bien adapté à nos méthodes de production.

Lorsque l’on évoque le chanvre par les temps qui courent, c’est surtout au cannabis récréatif ou médicinal que l’on pense, puisque le sujet est amplement couvert dans l’actualité. Toutefois, le chanvre présente bien d’autres propriétés fort avantageuses lorsqu’utilisé au niveau industriel.

Contrairement à son cousin, communément appelé cannabis, le chanvre industriel contient moins de 0,3% de THC, le tétrahydrocannabinol. Seuls les cultivars officiellement inscrits sur la Liste des cultivars approuvés par Santé Canada sont considérés comme du chanvre industriel et autorisés pour la culture commerciale. C’est la concentration en THC, le fameux composé aux propriétés psychoactives et relaxantes, qui est à la base de l’aspect récréatif ou médical de la plante. Ce n’est donc pas son contenu chimique qui rend le chanvre industriel intéressant, mais bien les caractéristiques physiques de sa tige.

Historiquement, les premiers colons le cultivaient pour la résistance exceptionnelle de ses fibres. On en confectionnait les voiles des bateaux de l’époque et des cordages ultra résistants. Toutefois, les difficultés d’implantation de cette culture en Nouvelle-France ont fait qu’elle a rapidement été remplacée par d’autres cultures, tel que le lin. Avec le temps et la venue de l’ère industrielle, on a préféré d’autres matières au chanvre, jugées plus économiques, dans la confection des objets utilitaires. L’essor récent de l’économie verte, associé à la conscientisation grandissante pour le respect de l’environnement, favorisent un retour aux sources par la valorisation des matières végétales dans les processus industriels.

Une culture alternative aux défis surmontables

Cette culture était interdite au Canada, à l’instar de plusieurs autres pays, depuis les années 1930. Elle fut toutefois réintroduite dans le paysage agricole canadien en 1998, à la suite de changements législatifs, selon lesquels sa culture est autorisée sous réserve d’obtenir d’abord un permis de Santé Canada. Si les démarches sont, somme toute, assez simples, il faut tout de même y penser et s’y prendre un peu d’avance… Jusqu’à 60 jours ouvrables d’attente peuvent être nécessaires suivant le dépôt du formulaire avant l’émission de la licence. C’est surtout l’ouest canadien qui se démarque pour la culture du chanvre industriel, principalement pour la production du grain, avec des surfaces variant annuellement entre 30 000 et 50 000 hectares.

Selon le Guide de production du chanvre (*), voici les quatre facteurs d’importance au niveau de la régie qui favoriseront le succès de cette culture :

Une bonne structure de sol et un bon égouttement : Les semences et les jeunes plantules, jusqu’au stade 3e-4e paires de feuilles, sont très sensibles à l’accumulation d’eau. Les champs bien drainés et dont la structure permet un égouttement de surface efficace, sont à privilégier. Dans le cas inverse, la germination sera réduite et la levée inégale. Le système racinaire du chanvre n’étant pas très puissant, sa croissance peut être limitée dans les sols lourds ou mal structurés, même si ceux-ci sont drainés.

Antécédents culturaux : Considérant son faible système racinaire, le chanvre performera mieux sur un retour d’engrais vert ou de prairie, bénéficiant ainsi d’une meilleure structure de sol, en plus d’un apport d’azote par le précédent cultural.

Faible pression de mauvaises herbes : Il y a peu d’herbicides homologués pour cette culture et comme le chanvre a une implantation relativement lente, il est préférable de privilégier un champ avec une faible pression de mauvaises herbes. Le seul herbicide actuellement homologué pour la culture du chanvre (grain et paille) est le ASSURE II et ce dernier ne contrôle pas les feuilles larges (veuillez vous référer à l’étiquette du produit).

Il faut aussi apporter une attention particulière aux herbicides résiduels utilisés l’année précédente, car le chanvre est sensible à ce niveau.

Un pH optimal : Bien que des rendements corrects puissent être obtenus sur des sols de pH 6, il est fortement recommandé de faire des correctifs de chaulage avant le semis pour atteindre un pH eau d’au moins 6,5 et assurer ainsi une bonne germination et des rendements optimaux.

Au niveau de la fertilisation, le chanvre répond davantage à la fertilité globale et aux bonnes conditions de sols, qu’à la fertilisation azotée seulement. Les rendements seront réduits, voir médiocres, si le sol est mal structuré, compact et avec un égouttement déficient, même si l’apport d’azote est adéquat. Selon l’usage de la récolte, on verra à adapter la fertilisation. Au niveau des besoins en azote, le chanvre nécessite un apport entre 90 kg et 150 kg de N/ha selon qu’il est cultivé pour le grain seulement, ou produit pour la paille et le grain (double usage). Il est recommandé de fractionner l’apport total en deux applications : 50 % au semis et 50 % au stade de 3e -4e paires de feuilles. Pour les autres éléments, il est recommandé de suivre les références en fertilisation du CRAAQ pour le blé de printemps, selon les résultats d’analyses de sol.

Pour l’instant, il n’y a pas d’incidence majeure au niveau des maladies ou des insectes pour la culture du chanvre. Les bonnes pratiques culturales demeurent toutefois de mise.

 

Marchés

Actuellement, les marchés pour les produits de la récolte du chanvre industriel sont en développement. Le secteur du grain est de loin le plus organisé en ce moment. Bien qu’ils se retrouvent principalement dans l’ouest canadien, le Québec compte tout de même quelques acheteurs, dont deux transformateurs de grains produits en régie biologique. Provenant de la paille, on retrouve ensuite deux coproduits, soit la fibre et la chènevotte. Le défibrage, qui constitue la première transformation mécanique des pailles, permet de séparer la fibre, située sur le pourtour extérieur de la tige, de la chènevotte, située au centre. Il y a une demande croissante, quoiqu’encore timide, de l’industrie du textile pour l’utilisation de la fibre issue du chanvre. Pour sa part, la chènevotte peut être utilisée comme litière pour les animaux, comme paillis, ou comme composante pour certains matériaux de construction (agent structurel du béton, isolant, etc.). Enfin, la poussière issue du conditionnement peut être granulée et utilisée dans la confection de différents produits d’usage courant.

Agrofibres inc.

Le 20 décembre 2017, était annoncée la création d’Agrofibres inc., issue d’un partenariat entre quatre Agrocentres (Lanaudière, St-Pie, St-Hyacinthe et Vinisol) et Gestion KFY inc. L’entreprise opère une usine à Lavaltrie et compte développer la filière chanvre industriel, notamment en poursuivant le volet recherche et expérimentation en partenariat avec différents collaborateurs dont Lanaupôle fibres, maillon important du secteur de la fibre végétale au Québec.

L’usine d’Agrofibres compte plusieurs équipements spécialisés, la plupart en provenance de l’Allemagne, qui permettent le défibrage des tiges et le conditionnement de la fibre et de la chènevotte. Pour assurer l’approvisionnement, des ententes sont signées avec des producteurs de partout au Québec. Pour s’assurer des conditions gagnantes, Agrofibres propose un modèle d’affaire basé sur une relation étroite avec les producteurs. Ainsi, Agrofibres offre un accompagnement tout au long du processus de production. Les producteurs sont guidés au travers les démarches pour la demande de licence, ils ont accès à des semences de qualité dans un grand choix de cultivars, bénéficient de conseils et d’un suivi agronomique du semis jusqu’à la récolte, et le cas échéant, Agrofibres joue également le rôle d’intermédiaire entre les producteurs et les acheteurs de grains.

Pour la récolte de 2018, des ententes ont été convenues avec plusieurs producteurs, de sorte qu’il sera possible d’expérimenter le procédé et d’identifier des nouveaux débouchés pour les divers produits de la fibre et de la chènevotte.

(*) : Guide de production du chanvre : www.agrireseau.net/documents/97687/chanvre-industriel-guide-pour-la-production-en-regie-biologique-et-conventionnelle

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