La bonne semence à la bonne place

Caroline Turcotte, t.p., conseillère, Agrocentre Lanaudière inc. • 20 novembre 2024

Est-ce que commander vos semences pour l'année prochaine est un processus simple pour vous?

Dans les prochaines lignes, nous verrons qu'il y a plusieurs facteurs qui devraient être pris en considération pour que vos choix soient bien adaptés à votre ferme. Il est faux de penser que n’importe quelle semence peut aller dans n’importe quel champ et sur n’importe quelle ferme. Optimiser les rendements dans chaque parcelle est beaucoup plus complexe. Pour ma part, c’est la partie la plus excitante de mon travail de conseillère auprès du producteur : aider à positionner les bonnes semences, à la bonne place ! Chez Agrocentre, le fait de distribuer les produits de plusieurs semenciers nous permet d’avoir un large éventail d'options, pour tous les goûts et toutes les régies.


Voici les points importants à considérer dans le choix des variétés et hybrides pour l’an prochain :


Les maturités

Surtout pour le maïs grain, il est important de tenir compte de la région pour choisir la bonne maturité. À mon avis, une stratégie à faible risque serait de choisir des hybrides de maturités différentes selon les proportions suivantes : 60% de la quantité de semences achetées selon la maturité réelle de notre région (pour une année normale), 20% d'hybrides un peu plus hâtifs qui pourront être récoltés tôt et 20% d'un peu plus tardifs, question de pouvoir en profiter si l'automne s'étire. On s’entend que bien souvent une variété avec une maturité plus élevée aura un meilleur potentiel de rendement. Par contre, il y a d’excellents hybrides hâtifs qui performent super bien. Évidemment, la météo influence beaucoup le rendement final des hybrides choisis : le moment propice entre la floraison et des précipitations suffisantes par exemple, aura un grand impact. C'est entre autres pour limiter ce « risque climatique » qu'il est bon de varier les maturités semées. D’autres facteurs peuvent influencer les proportions suggérées, comme la date de récolte souhaitée - pour faire des travaux aux champs par exemple - ou la qualité du drainage des terres, qui dans certains cas retarde les semis. Le semis d'une céréale d'automne après la récolte du soya est une autre raison qui pourrait motiver le choix d'une variété plus hâtive. Certaines années, les soyas hâtifs ont même de meilleurs rendements que les tardifs !


Le type de sol

Les cultivars ont un comportement différent selon les types de sol. Certains sont mieux adaptés aux textures grossières et d’autres aux textures fines. Par exemple, les génétiques qui ont une bonne résistance au stress hydrique s'en sortiront mieux que d'autres dans les sols légers, plus sensibles au manque d'eau. La physiologie de la plante aussi a son influence : un soya très long sera à éviter dans une terre meuble et bien fertile, le risque étant trop grand pour la verse et les maladies.


Les rotations de cultures

En général, les cultures donnent de meilleurs rendements lorsqu'une rotation comptant plusieurs espèces est en place. Par contre, dans un système de monoculture, le choix d'hybrides adaptés fait une grande différence. Sur un retour de maïs, surtout lorsque les résidus sont abondants, il est tout indiqué de choisir un hybride qui a une bonne émergence et de la vigueur en début de saison. La résistance de la variété ou de l'hybride aux maladies et aux insectes est également un aspect à considérer lorsqu'on retourne plus d'une année de suite dans la même culture.


La population visée

Il serait avantageux pour plusieurs hybrides et variétés de viser des populations élevées. Dans le maïs, la flexibilité de l'épi est une caractéristique de l'hybride : plus un épi est de type fixe, plus il y aura un avantage à augmenter le taux de semis. Mais attention, semer du maïs à 38 000 plants par acre requiert une attention particulière au niveau de la fertilisation. Plus il y a de monde, plus il y aura besoin de gaz ! En fait, la réponse de l'hybride à la population est étroitement liée à sa réponse au stress. La compétition pour les ressources (eau, lumière, nutriments) est évidemment plus forte lorsque la population est élevée, et il est logique que les cultivars qui, par exemple, développent une masse racinaire plus importante ou plus profonde, soient mieux adaptés aux populations élevées. 


La gestion de l'azote

En terminant, il me reste à parler de la gestion de la fertilisation azotée. Chacun a un peu sa recette pour fertiliser ses champs : certains mettent la totalité de l’azote à la volée avant de semer, d’autres utilisent des fertilisants azotés à libération lente, ou font 1 ou 2 fractionnements en post levée... Il y en a aussi qui fertilisent avec des fumiers ou des engrais verts, etc. Il faut être conscient que le même hybride ne répondra pas nécessairement de la même façon à toutes ces méthodes de fertilisation. Pour ma part, un maïs de type « cheval de course », plutôt offensif, a avantage à être bien fertilisé au bon moment, en plusieurs fractionnements. Il faut le " biberonner ", comme on dit, lui en donner fréquemment, à petites doses, pour qu’il n’en manque jamais ! Un hybride plus défensif, quant à lui, sera moins stressé et impacté par des conditions difficiles. Lorsqu'il y a un élément qui n’est pas optimal, comme l'azote qui est disponible en moins grande quantité une année très pluvieuse avec beaucoup de lessivage, le rendement en sera moins affecté avec ce type de semences. Souvent ces hybrides ont un système racinaire plus développé qui leur permet d’aller capter l'azote dans un plus grand volume de sol. Le facteur de la fertilisation est également à considérer dans le cas du soya. Certaines variétés préfèrent en effet des terres plus fertiles et répondent bien à fertilisation, alors que d’autres sont mieux adaptées à des terrains plus pauvres.

Votre conseiller(ère) Agrocentre peut vous aider à y voir plus clair dans vos choix de semences ! N’hésitez pas à l'appeler pour en discuter !


par Luc Brodeur, Directeur de territoire, Semican et Caroline Turcotte, t.p. vice présidente Agrocentre Lanaudière inc. • 22 septembre 2026
Pourquoi semer des cultures de couverture ? Les cultures de couverture, aussi appelées engrais verts, sont des plantes semées entre deux cultures principales afin de protéger et d’améliorer les sols. Leur utilisation s’est largement développée en agriculture, car elles offrent de nombreux avantages agronomiques, environnementaux et économiques. Elles constituent un levier essentiel pour une agriculture plus durable et résiliente. L’une des principales raisons de recourir aux cultures de couverture est la protection du sol contre l’érosion . En couvrant la surface du sol, elles limitent l’impact des gouttes de pluie et réduisent le ruissellement de l’eau ainsi que l’action du vent. Cette couverture permet de conserver les particules de terre et de préserver la fertilité des parcelles. Les cultures de couverture contribuent également à améliorer la qualité du sol. Leurs racines favorisent la création de galeries qui améliorent la structure, l’aération et l’infiltration de l’eau . En se décomposant, les résidus végétaux augmentent la teneur en matière organique, essentielle à la vie biologique du sol. Cette matière organique stimule l’activité des micro-organismes, des vers de terre et d’autres organismes bénéfiques qui contribuent directement à une meilleure fertilité du sol. C’est au stade floraison que les cultures de couverture atteignent un ratio C/N optimal pour les micro-organismes. Un autre avantage important est la gestion des éléments nutritifs . Les cultures de couverture captent l’azote et d’autres nutriments résiduels après la récolte, limitant ainsi leur lessivage vers les nappes phréatiques. Certaines espèces, comme les légumineuses, sont capables de fixer l’azote atmosphérique grâce à une symbiose avec des bactéries, réduisant ainsi les besoins en fertilisants azotés pour la culture suivante. Les cultures de couverture jouent aussi un rôle dans la lutte contre les mauvaises herbes . En occupant rapidement l’espace et en formant un couvert dense, elles limitent la germination et le développement des adventices. Certaines espèces produisent également des composés naturels qui freinent leur croissance, réduisant ainsi le recours aux herbicides. Enfin, elles participent à l’adaptation aux changements climatiques. Elles améliorent la capacité du sol à retenir l’eau, ce qui aide les cultures à mieux résister aux périodes de sécheresse. En augmentant le stockage de carbone dans le sol, elles contribuent aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En résumé, les cultures de couverture représentent une pratique agronomique aux multiples bénéfices. Elles protègent les sols, améliorent leur fertilité, favorisent la biodiversité, réduisent les pertes de nutriments, limitent les mauvaises herbes et renforcent la résilience des systèmes agricoles face aux changements climatiques. Bien intégrées dans une rotation culturale, elles permettent d’améliorer la productivité à long terme tout en diminuant les impacts environnementaux de l’agriculture. Pour atteindre tous ces objectifs, il est important de bien comprendre les différentes familles de plantes, le rôle respectif de chaque espèce, et de bien les marier dans un mélange. L’équipe Agrocentre-Semican est bien outillée pour vous guider dans vos choix. 
par Stéphane Lanctôt, agr. conseiller agronomique, Agrocentre St-Hyacinthe inc. • 21 septembre 2026
L’automne est le moment idéal pour échantillonner les sols ; les cultures ont été récoltées et on a l’espace et le temps pour effectuer cette tâche. L’échantillonnage traditionnel consiste à parcourir le champ en zigzagant, pour constituer un échantillon à partir des prélèvements effectués. Pour plus de précision sur la variation qui existe à l’intérieur d’une parcelle, on optera pour la prise d’échantillons géoréférencés par zone ou par grille. L’échantillonnage des strates de sol peut être intéressant à effectuer dans les cas de travail réduit du sol (semis direct, billons), puisque certains nutriments auront tendance à s’accumuler en surface. Pour avoir un portrait juste de la situation, il est possible d’effectuer l’échantillonnage 0-10 cm et 10-20 cm séparément. L’analyse de sol se compare à un bilan sanguin : ne pas prendre son analyse de sol correctement équivaut grosso modo à aller voir son médecin avec l’analyse sanguine de son beau-frère. Le premier facteur limitant la fiabilité des résultats est la qualité de l’échantillonnage. L’interprétation des analyses point par point CEC : capacité d’échange cationique La CEC dépend directement de la texture du sol, de son contenu en sable, limon et argile ainsi que de la matière organique. C’est une mesure du nombre de charges négatives qui ont la capacité de retenir et échanger les éléments nutritifs positifs comme le calcium, le magnésium et le potassium. La CEC peut typiquement varier de 4 méq/100 g pour les sols très sableux à plus de 30 méq/100 g pour les sols argileux. Plus le chiffre est élevé, plus le sol est capable d’emmagasiner des éléments fertilisants pour éventuellement les rendre disponibles aux plantes. pH : le pH est la mesure de la quantité d’ions H+ présents dans la solution du sol au moment où vous avez pris votre échantillon. Le pH varie beaucoup au cours de la saison en fonction de l’activité biologique dans le sol. C’est un indicateur de la présence d’acidité dans la solution de sol mais ce n’est pas sur cette valeur que l’on base la recommandation de chaux. pH tampon : Le pH tampon est la mesure de l’acidité de réserve fixée sur les particules du sol. La valeur obtenue sert à calculer la quantité de chaux nécessaire pour corriger un sol trop acide. C’est une des mesures les plus importantes car le pH du sol a un impact important sur la disponibilité des éléments fertilisants : un chaulage adéquat améliore l’apport aux plantes sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des fertilisants supplémentaires. Phosphore : Le phosphore extrait par la méthode Mehlich-3 est exprimé en kg/ha sur le rapport mais c’est surtout le pourcentage de saturation (P/Al) qui va nous permettre d’évaluer sa disponibilité pour les plantes. Au-delà de certaines valeurs qui varient selon le type de sol, le risque environnemental associé à l’apport de phosphore augmente et à l’inverse, on peut estimer qu’en bas de 2% de saturation, les rendements peuvent être affectés négativement si la fertilisation est inadéquate. Calcium (Ca), Magnésium (Mg) et potassium (K) : voici les trois éléments principaux (avec les H+) présents sur le complexe argilo-humique. Ils interagissent entre eux au niveau du complexe et de la solution du sol, ce qui influence la quantité de ces éléments que la plante pourra absorber. L’analyse de sol présente la teneur de ces éléments en valeurs absolues mesurées, exprimées en ppm ou en kg/ha, ce qui permet de faire une recommandation de fertilisation basée sur les grilles du CRAAQ. Certains ratios sont également présentés sur les résultats, comme celui du K/Mg ou Ca/Mg ; ce sont les rapports des pourcentages de saturation de ces différents éléments. Mettre en relation les saturations des bases peut permettre d’anticiper certains problèmes que votre culture ou votre sol pourrait rencontrer au cours de la saison de croissance. Par exemple, dans un sol sableux avec une CEC de 6, qui reçoit beaucoup de lisier de porc, un ratio K/Mg supérieur à 0.4 pourrait induire une déficience en Mg durant la saison. Les sols légers sont particulièrement sensibles à un débalancement des éléments nutritifs, en partie à cause de leur faible CEC. Il faudra dans ce cas trouver un moyen d’apporter du magnésium au sol ou en foliaire et/ou réduire les apports de lisier riche en potassium à un niveau convenable pour que les cultures aient tous les éléments nécessaires à leur croissance. À l’inverse, dans un sol très argileux, où le niveau de magnésium peut être relativement élevé (15% + de saturation), c’est souvent le potassium qui devient moins disponible dans les périodes de forte demande. Il est généralement admis qu’un ratio K/Mg <0.15 peut limiter la productivité du sol. Cette relation existe aussi entre le magnésium et le calcium. Un ratio Mg/Ca supérieur à 0.2 peut occasionner des problèmes au niveau de la structure du sol. Lorsque le magnésium devient trop dominant par rapport au calcium, le sol a tendance à se compacter. Les agrégats se défont à l’état humide, ce qui rend le sol collant, lourd à travailler, plastique, et sujet à la formation d’une croûte dure en séchant. Si l’on observe ce problème, il est possible d’améliorer la situation en appliquant de la chaux calcique si le pH tampon le commande, ou en faisant l’application de gypse si aucune correction de pH n’est requise. Il peut être intéressant de valider les débalancements que l’on observe sur l’analyse de sol et vérifier les éléments que nos plantes absorbent vraiment avec une analyse foliaire en cours de saison. Le stade VT-R1 est indiqué pour le maïs, le stade R4 début remplissage des gousses pour le soya et au stade feuille étendard pour le blé. Les éléments mineurs : zinc, manganèse, bore Ces différents éléments, bien que nécessaires en petites quantités, sont essentiels au bon fonctionnement des plantes. Le zinc par exemple joue un rôle indirect mais critique dans la détermination du nombre de rangs sur l’épi du maïs, qui survient en tout début de saison. Le bore est très important pour le développement des racines, la formation des nodules dans le soya, la pollinisation et le transfert des sucres, en collaboration avec le potassium. Cet élément ne s’accumule pas vraiment dans les sols et environ 90% des échantillons que l’on reçoit sont à des niveaux variant de pauvres à très pauvres. Le manganèse est quant à lui essentiel à la photosynthèse, en plus de participer à une bonne tenue des plantes et à améliorer leur résistance aux pathogènes. Sa disponibilité est grandement influencée par le pH et l’aération du sol. C’est un élément souvent négligé, et pourtant, des carences ne sont pas rares dans les cultures de soya et de céréales, avec comme impact une réduction de la croissance et des rendements des cultures. En connaissant le niveau dans le sol ainsi que le pH, on peut tout de suite planifier une analyse foliaire en saison et corriger avec un engrais foliaire si nécessaire. N’oubliez pas : vos sols sont le garde-manger de vos cultures. Comprendre ce qu’ils contiennent est le meilleur moyen de s’assurer que personne ne reste sur sa faim !
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre • 18 septembre 2026
Le Règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE) a été adopté il y a quelques semaines. Il entrera progressivement en vigueur à compter de janvier 2027, et à terme, remplacera complètement le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), en place depuis 2002. Durant près de 25 ans, le REA aura été la pierre angulaire de l’encadrement agroenvironnemental québécois. À son adoption, l’enjeu principal était surtout la gestion du phosphore et des déjections animales. Le RPAE élargit maintenant la portée réglementaire vers la qualité de l’eau, la conservation des sols, l’érosion et les milieux sensibles. Concrètement, qu’est-ce que ça change pour vous ? Voici un résumé des principales nouveautés qui pourraient avoir un impact sur votre entreprise. GESTION DES DÉJECTIONS ANIMALES Certaines obligations s’ajoutent en lien avec la gestion des déjections animales. Les ouvrages de stockage, par exemple, devront être évalués par un ingénieur tous les 25 ans pour en attester l’étanchéité. Dans le cas des amas au champ, des conditions additionnelles s’ajoutent : l’amas se situe à au moins 15 mètres d’un milieu humide, hydrique ou d’un fossé, il présente une siccité supérieure à 15% jusqu’à sa reprise, et le sol sur lequel il est constitué ainsi que sur une bande de 15 mètres autour est couvert d’une végétation enracinée pour toute la durée du stockage. ÉPANDAGE DES FERTILISANTS Le principe de capacité de réception s’applique toujours : l’exploitant doit s’assurer d’une superficie suffisante pour la quantité de fertilisants à valoriser en respectant le dépôt maximal annuel de phosphore ou selon le besoin des plantes pour la production maraîchère. À partir de janvier 2029, la capacité de réception des lieux d’épandage sera calculée à l’aide des nouveaux dépôts maximaux de phosphore qui ont été ajustés en fonction de la texture et de l’indice de saturation P des sols (ne tiennent plus compte de la culture et du rendement). On s’attend à ce que plusieurs lieux, surtout les plus riches, perdent en capacité de réception. L’épandage de matières fertilisantes doit se faire conformément à un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF). Les critères d’assujettissement au PAEF sont légèrement différents sous le RPAE. Un PAEF est requis si : Le lieu d’élevage produit plus de 1600 kg de P2O5. Le lieu d’épandage a : une superficie de plus de 50 ha incluant prairie et pâturage. * Nouveau * plus de 15 ha, en excluant les superficies en prairie ou pâturage. plus de 5 ha de production maraîchère, fruitière ou ornementale. 1 ha ou plus de culture en serres ou en bâtiments. * Nouveau * À partir du 1er janvier 2029, le bilan de phosphore prévisionnel produit annuellement sera remplacé par un bilan réel des éléments fertilisants (azote, phosphore et potassium) qui comparera les besoins indiqués au PAEF aux apports par les applications réelles une fois la saison de culture terminée. Le PAEF et le bilan sont à produire au plus tard le 15 mai de chaque année. Au niveau des épandages de déjections animales, la période d’interdiction d’épandage entre le 1er octobre et le 1er avril n’existe plus. Il est possible de faire des épandages d’automne jusqu’au 1er novembre, ou après cette date s’ils sont prévus ainsi au PAEF, ou si une recommandation agronomique (lettre d’épandage) les autorise. Les épandages doivent être réalisés sur un sol non gelé et non enneigé. Le RPAE ajoute également que tout épandage de fertilisants (minéral ou organique) doit être réalisé sur un sol couvert de végétation enracinée, ou incorporés sans délai s’ils sont appliqués sur un sol non couvert. PROTECTION DES MILIEUX SENSIBLES Alors que le REA imposait des distances de retrait pour l’épandage de matières fertilisantes le long des fossés et des cours d’eau, le RPAE impose plutôt la mise en place de bandes végétalisées. Une bande végétalisée est constituée de végétaux vivaces implantés entre les parcelles cultivées et les lacs, cours d’eau ou fossés. Cette bande doit avoir une largeur minimale de : 1 mètre de tout fossé à partir du haut du talus. 3 mètres de tout lac ou cours d’eau à partir de la limite du lit mineur (niveau normal de l’eau, hors période de crue ou de sécheresse). Outre les bandes riveraines, le RPAE s’attaque également aux problèmes d’érosion et de contamination des eaux de surface en améliorant la couverture du sol des parcelles cultivées. Pour toute partie de parcelle ayant une pente moyenne de plus de 10% sur plus de 100 mètres de longueur : Présence, en tout temps, d’une végétation enracinée couvrant entièrement le sol. Tout travail de sol est interdit, mais peut être effectué une fois par période de 5 ans, ou dans un délai plus court avec la recommandation d’un agronome. Le sol de tout lieu d’épandage faisant l’objet d’un PAEF doit être couvert d’une végétation enracinée couvrant entièrement le sol pendant l’hiver, sur au minimum : 25% de la superficie de l’ensemble des parcelles pour la culture maraîchère, fruitière, ornementale ou biologique. 50% de la superficie de l’ensemble des parcelles pour tout autre lieu. La végétation enracinée peut bien sûr être une culture de couverture, ou engrais verts, mais il pourrait aussi s’agir de résidus de culture enracinés, comme les plants de céréales coupés. En fait, les racines doivent être intouchées, et le sol couvert, alors l’absence de travail du sol combiné au maintien d’un couvert de résidus de culture en surface permettra également de répondre à cette exigence.
par Alain Brassard B,Sc. T.P. Conseiller spécialisé, Produits Numériques et Innovation • 18 septembre 2026
La période d’échantillonnage de sol suscite toujours la même question : quelle méthode adopter pour positionner efficacement les points d’échantillonnage ? Une approche innovante consiste à utiliser l’imagerie satellite afin de délimiter des zones homogènes qui reflètent la variabilité d’un champ. Une méthode simple et éprouvée repose sur la superposition de plusieurs années d’images (au moins trois), prises à des moments clés du développement des cultures. Avec le module d’imagerie satellite d’AgConnexion | Ferme intelligente, cette démarche devient conviviale et accessible. L’outil propose automatiquement les meilleures images de chaque saison de croissance, permettant à l’agriculteur de délimiter ses zones d’échantillonnage de façon éclairée. Envie d’encore plus de précision ? Il est également possible de créer des grilles d’échantillonnage et d’ajuster la dimension des cases selon le nombre d’échantillons/ha souhaité. Sur le terrain, l’application mobile prend le relais : grâce au GPS, elle guide l’utilisateur directement dans chacune des zones définies, ou sur les points à échantillonner. À la fin du processus, le formulaire d’analyse destiné au laboratoire est généré automatiquement et prêt à être imprimé. Une fois les résultats d’analyses disponibles, vous pouvez les consulter en format cartographique et ainsi constater l’évolution de la fertilité d’un champ à l’autre en utilisant l’option qui permet de combiner les champs. L’échantillonnage de sol demeure une étape cruciale de l’agriculture de précision. En misant sur des outils numériques performants et une méthode adaptée aux particularités de chaque champ, les producteurs augmentent considérablement leurs chances de succès dans l’optimisation de leurs rendements. Vous n’êtes pas encore inscrit au module Ferme intelligente offert par votre détaillant ? Informez-vous sans tarder pour découvrir tout ce que AgConnexion peut faire pour vous !
par Guillaume Bolduc, t.p. Gestionnaire de compte, Réseau Agrocentre • 18 septembre 2026
Le marché mondial des fertilisants continue d’être influencé par plusieurs facteurs économiques, énergétiques et géopolitiques qui façonnent les prix et la disponibilité des principaux nutriments agricoles. Après les importantes perturbations observées entre 2021 et 2023, la situation s’est stabilisée, mais la volatilité demeure présente et exige une gestion attentive des approvisionnements. Azote Le marché de l’azote est actuellement orienté à la baisse grâce à une bonne disponibilité des produits et à une demande plus calme. Toutefois, les prix demeurent sensibles au coût du gaz naturel, aux tensions géopolitiques et aux enjeux logistiques mondiaux. Bien que l’approvisionnement soit généralement adéquat, un rebond des prix demeure possible à l’approche des achats d’automne. Phosphore Le phosphore demeure le segment le plus à risque pour l’automne 2026. Les restrictions d’exportation de certains producteurs majeurs ainsi que les coûts élevés du soufre et de l’ammoniac, éléments essentiels à la fabrication des engrais phosphatés, continuent de soutenir les prix. L’offre est présente, mais le marché dispose de peu de marge en cas de perturbation. Potasse La potasse bénéficie d’un marché plus équilibré grâce à une forte production canadienne et à une chaîne d’approvisionnement diversifiée. Les risques en lien avec la disponibilité demeurent faibles et les prix devraient rester relativement stables comparativement à ceux de l’azote et du phosphore.
par Marie-Andrée Noël, agr. Vice-présidente, Agrocentre Technova inc. • 17 septembre 2026
Au Québec, la décision de récolter le maïs grain repose souvent sur le taux affiché sur le fameux testeur d’humidité. Lorsque le grain est encore à 24 ou 27%, plusieurs producteurs préfèrent attendre quelques jours afin d’économiser du propane. La logique est simple : chaque point d’humidité perdu avant la récolte représente moins de propane à brûler. Pourtant, cette stratégie peut cacher une facture beaucoup plus élevée. Aux États-Unis, on parle du phantom yield loss ou « perte de rendement fantôme » pour décrire la diminution de rendement observée lorsque le maïs demeure au champ après sa maturité physiologique (apparition du point noir), qui correspond au stade R6. À ce moment-là, le maïs est à environ 30-35% d’humidité et il ne lui reste qu’à éliminer de l’eau… Des travaux de l’université Purdue réalisés sur quatre années ont rapporté durant trois de ces années une diminution du poids sec des grains après la maturité physiologique. L’écart observé variait selon l’année et l’hybride, ce qui démontre que le phénomène n’est ni constant ni parfaitement prévisible. La recherche plus récente indique toutefois que la perte de matière sèche du grain n’explique probablement qu’une partie limitée du phénomène. Dans un essai américain mené de 2023 à 2025, le maïs récolté à environ 27% d’humidité a produit, en moyenne, le meilleur rendement. Lorsque l’humidité diminuait à 20%, 18% puis 15%, les pertes moyennes atteignaient respectivement 358 kg/ha, 646 kg/ha et 954 kg/ha. Les responsables de l’essai ont estimé que 80 à 90 % de ces écarts provenaient de pertes physiques : épis au sol, verse, grains détachés, maladies ou mauvais ajustements de la moissonneuse-batteuse. Le véritable enjeu se situe donc surtout dans la quantité de grains que la moissonneuse batteuse réussira finalement à récupérer. Plus le maïs demeure longtemps au champ, plus il est exposé à la verse des tiges et des racines, à la chute des épis, à l’égrenage, aux maladies d’épis, aux animaux et aux épisodes de pluie, de vent ou de neige qui semblent s’accentuer au Québec depuis les dernières années. Le grain affiche une humidité plus faible au testeur mais le nombre de tonnes réellement sorties du champ peut lui aussi diminuer. Des données du Wisconsin illustrent des pertes au champ de 3 à 5% en novembre et ces chiffres sont beaucoup plus élevés lorsque la récolte est repoussée davantage. Il est donc important de comparer le coût certain du séchage au coût probable de l’attente. Prenons un exemple simple : considérant un rendement de 11 tonnes / hectare et un prix de vente du maïs à 250$ / tonne, une perte de seulement 3 % représente 82,50$ / hectare. Une perte de 5% vaut 137,50$ / hectare. Ces sommes peuvent rapidement dépasser le coût supplémentaire en séchage pour récolter quelques points d’humidité plus tôt. La meilleure stratégie n’est pas nécessairement de récolter tout le maïs à 27%. Elle consiste à commencer plus tôt et à établir les priorités selon les risques auxquels vos champs sont exposés. Autour de 20 à 23% d’humidité, le poids spécifique tend à plafonner et l’avantage d’attendre devient limité tandis que l’exposition aux pertes physiques continue d’augmenter. Cette approche doit être considérée sur plusieurs saisons et non sur une seule année. Lors d’un automne sec et stable, attendre et laisser le séchage naturel faire son oeuvre est probablement une décision gagnante. Cependant, sur une moyenne de trois ans, une seule tempête, une période prolongée de pluie ou un épisode de verse peut effacer les économies de propane réalisées durant les bonnes années. Récolter légèrement plus humide devient alors une forme d’assurance : on accepte un coût de séchage mesurable pour protéger un rendement déjà produit.  Le meilleur point de départ cet automne : mesurer les pertes derrière la batteuse, noter l’humidité de chaque champ et comparer le coût du séchage à la valeur réelle des grains laissés au sol. Deux grains de maïs par pied carré représentent approximativement un boisseau perdu à l’acre (62 kg/ha). Ce qui paraît invisible devient alors visible sur le bilan financier. Le message est simple : ne gérez pas seulement l’humidité du grain ; gérez aussi le risque de pertes à la récolte. En contexte climatique plus variable, sécuriser les tonnes avant qu’elles ne deviennent des pertes fantômes pourrait bien être l’une des décisions les plus rentables de l’automne !
par Maurice Cadotte, agr. Conseiller en grandes cultures, Agrocentre St-Hyacinthe inc. • 17 septembre 2026
Il y a quelques années, j’ai assisté à une formation universitaire sur la maximisation des rendements en grandes cultures. Le conférencier, un chercheur américain reconnu en Amérique du Nord pour ses travaux sur la productivité agricole, s’adressait à plus de 400 agronomes, conseillers et techniciens. Il a commencé par une question toute simple : « Qui, dans cette salle, a déjà réalisé des parcelles d’essais ? » Comme la majorité des participants, j’ai levé la main. Sa réponse a provoqué un certain choc : « Vous avez du temps à perdre ! » Bien sûr, il cherchait à faire réagir. Il a ensuite expliqué qu’une parcelle d’essai ressemble à une photo d’un coucher de soleil. Même en retournant exactement au même endroit un an plus tard, les conditions ne seront jamais identiques. Les nuages, la température, l’humidité, le vent et les précipitations auront changé. L’agriculture fonctionne de la même façon. Chaque saison est unique. Une parcelle fournit une information intéressante, mais elle représente seulement une photographie prise dans un contexte particulier. Rien ne garantit que les mêmes résultats se répéteront l’année suivante. Cette réflexion m’a marqué. En observant les producteurs les plus performants avec lesquels je travaille, j’ai constaté qu’ils utilisent rarement les parcelles comme seul critère de décision. Ils s’intéressent davantage aux facteurs qui influencent les rendements et à la capacité des hybrides ou variétés à performer dans différents environnements. Notre objectif est d’obtenir d’excellents rendements sur l’ensemble de la ferme, année après année. Pour y parvenir, il faut d’abord bien comprendre les caractéristiques de chaque champ. Avant même de choisir une semence, plusieurs questions doivent être posées : quel est le système de gestion utilisé ? Quel est le type de sol ? Les conditions de drainage sont-elles adéquates ? Le nivellement est-il satisfaisant ? Le pH est-il optimal ? Il faut également considérer la rotation des cultures, les apports de fumier et l’historique agronomique du champ. Un hybride performant dans un sol bien drainé avec une rotation diversifiée ne produira pas nécessairement les mêmes résultats dans un environnement différent. La fertilisation représente un autre facteur déterminant. Trop souvent, l’analyse se limite à l’azote, au phosphore et au potassium. Pourtant, les éléments secondaires et mineurs jouent aussi un rôle important dans l’expression du potentiel génétique. L’équilibre entre les nutriments est tout aussi important, puisqu’un excès ou une carence peut limiter les performances malgré un programme de fertilisation qui semble adéquat. Il faut également tenir compte des caractéristiques propres à chaque hybride. Quelle est sa tolérance aux maladies ? Comment réagit-il aux insectes les plus présents dans votre région ? Quelle est sa vigueur de départ ? Comment se comporte-t-il lors du remplissage des grains ? Quelle est sa capacité de séchage et sa tenue à l’automne ? Toutes ces considérations influencent souvent davantage le rendement final qu’un simple résultat observé dans une parcelle d’essai. Un autre principe que j’aime particulièrement est la diversification des stades de maturités. Une stratégie équilibrée consiste généralement à semer environ 50 à 60 % d’hybrides adaptés à la maturité normale de la région, 20 à 25 % légèrement plus hâtifs et 20 à 25 % légèrement plus tardifs. Cette répartition aide à mieux gérer les risques climatiques. Lors d’une saison fraîche ou d’un gel précoce, les hybrides plus hâtifs peuvent protéger une partie du potentiel de rendement. Dans les années normales, ils permettent aussi de commencer les récoltes plus tôt et de réduire les coûts de séchage. À l’inverse, lors d’une saison longue et favorable, les hybrides plus tardifs profitent des unités thermiques additionnelles pour augmenter le rendement moyen de la ferme. L’évolution rapide de la génétique mérite également notre attention. Les programmes de sélection progressent constamment et plusieurs hybrides dominants aujourd’hui seront remplacés dans quelques années. C’est pourquoi il est judicieux de consacrer environ 15 à 20 % de sa superficie à de nouvelles génétiques. Cela permet de les évaluer directement dans les conditions réelles de l’entreprise tout en préparant la relève lorsqu’un hybride bien établi disparaît du marché. Ces nouveautés s’accompagnent souvent de nouvelles technologies offrant une meilleure protection contre certaines maladies, insectes ou autres défis agronomiques émergents. Tous ces critères devraient être évalués champ par champ. Cette approche demande davantage de planification, mais elle augmente considérablement les probabilités de succès. Vous connaissez vos terres mieux que quiconque. Vous connaissez leurs forces, leurs limites et leur potentiel. Avec l’aide de votre représentant Agrocentre, il devient possible de construire une stratégie adaptée à votre réalité plutôt que de simplement reproduire ce qui semble fonctionner ailleurs. Une fois l’hybride choisi, le travail n’est toutefois pas terminé. Je rencontre encore des producteurs qui appliquent la même population de semis sur l’ensemble de leurs superficies. Pourtant, nous savons que certains hybrides expriment leur plein potentiel à 32 000 grains à l’acre alors que d’autres performent mieux à 38 000 grains. Une population mal adaptée peut entraîner une perte de rendement ou des coûts de semences inutiles. La même logique s’applique à la fertilisation. Tous les hybrides ne réagissent pas de façon identique aux apports d’azote. Certains répondent fortement à des doses plus élevées alors que d’autres atteignent rapidement leur potentiel. Certains bénéficient davantage d’une disponibilité précoce des nutriments, tandis que d’autres profitent d’un apport plus étalé durant la saison. En réalité, le rendement est le résultat d’une multitude d’interactions. La météo, le drainage, la structure du sol, la fertilisation, les maladies, les insectes, la régie des cultures et la génétique influencent constamment la performance des cultures. C’est précisément pour cette raison qu’une parcelle réalisée pendant une seule saison ne raconte jamais toute l’histoire. Les observations répétées sur plusieurs années et dans différents environnements apportent des informations précieuses, mais la véritable valeur réside dans l’analyse des facteurs qui expliquent les résultats obtenus. Dans un contexte où les variations climatiques deviennent de plus en plus importantes, la diversification génétique constitue également un outil essentiel de gestion du risque. Sécheresse, pluies abondantes, écarts de température et phénomènes météorologiques extrêmes font maintenant partie de notre réalité. Personne ne peut prédire exactement les conditions de la prochaine saison. C’est pourquoi la diversification demeure l’une des meilleures stratégies pour protéger le potentiel de rendement à long terme. Au final, les parcelles d’essais ont leur utilité, mais elles ne doivent jamais être l’unique base de nos décisions. L’agriculture est complexe, et chaque champ possède sa propre réalité.
par Pierre-Olivier Bédard, agr. conseiller Agrocentre Fertibec inc. • 20 avril 2026
Producteurs laitiers, producteurs de grandes cultures, je vous pose la question : croyez-vous que la qualité de l’eau utilisée pour vos arrosages ou pour l’application des conservateurs à ensilage est importante ? La réponse : Absolument ! C’est important dans les deux cas ! Contrairement aux croyances populaires, la famille du glyphosate n’est pas la seule catégorie de pesticides affectée par la qualité de l’eau d’arrosage. Le groupe 4 (MCPA et 2-4D), le groupe 1 (cléthodime) et le groupe 27 (mésotrione) peuvent aussi perdre en efficacité lorsque la qualité de l’eau est mauvaise. Plusieurs paramètres comme le pH, la dureté (magnésium et calcium), les bicarbonates et le taux de chlore affectent la qualité de l’eau pour une utilisation dans le contexte agricole. Voici quelques lignes directrices par rapport à ces éléments : Le pH doit se situer entre 6 et 8 pour obtenir un mélange en réservoir adéquat ; La dureté varie surtout en fonction de la concentration de calcium et de magnésium dans l’eau et elle peut devenir problématique à partir de 200 ppm ; Un niveau de bicarbonates égal ou supérieur à 500 ppm peut affecter l’efficacité du MCPA, du 2,4-D et des herbicides de groupe 1 (DIM). ; Pour ce qui est des conservateurs à ensilage, un taux de chlore élevé dans l’eau peut nuire aux bactéries et réduire significativement l’efficacité des produits.
par Audrey Vernier, TP, DTA, Directrice des ventes corporatives Agro-100 • 15 avril 2026
En post-levée, l’application d’herbicides est une étape incontournable dans la gestion des cultures. Elle permet de contrôler efficacement les mauvaises herbes et de protéger le potentiel de rendement. Mais même lorsqu’il est appliqué dans les meilleures conditions, un herbicide impose toujours un certain niveau de stress à la culture. Ce phénomène est bien connu au champ. Après l’application, il est fréquent d’observer un léger ralentissement de la croissance. La plante doit mobiliser une partie de son énergie pour métaboliser le produit et se remettre de l’impact physiologique causé par l’herbicide. Pendant ce temps, certaines fonctions importantes peuvent être temporairement affectées, comme le développement des racines ou la croissance des feuilles. Dans la majorité des cas, la plante finit par récupérer. Mais cette période de ralentissement peut parfois limiter le rendement de la culture, surtout lorsque d’autres facteurs de stress viennent s’ajouter, comme des conditions météo difficiles, un sol compacté ou une nutrition moins optimale. C’est précisément pour répondre à cette réalité que Salvador Plus a été développé. Pensé pour accompagner les applications herbicides de post-levée, Salvador Plus s’intègre directement dans le mélange en cuve avec les produits de protection des cultures. Son utilisation ne demande donc aucun passage supplémentaire au champ. Il s’agit simplement d’ajouter la solution au moment où la plante est la plus susceptible de subir un stress. La formulation de Salvador Plus a été conçue pour favoriser une absorption rapide par la plante grâce au CPlex, une nano molécule qui facilite l’entrée des nutriments dans les tissus végétaux. Contrairement à certaines formulations où une partie des éléments nutritifs peut rester fixée à la surface de la feuille, le CPlex aide les nutriments à franchir plus facilement la barrière foliaire. Ils sont ainsi rapidement absorbés et mis à la disposition de la plante, là où ils sont nécessaires pour soutenir ses fonctions physiologiques. La formulation apporte notamment du magnésium, du soufre ainsi que plusieurs oligoéléments essentiels au bon fonctionnement de la culture. Salvador Plus contient également de l’acide fulvique, reconnu pour son rôle dans le transport et la mobilité des nutriments dans la plante. Cette molécule agit comme un vecteur naturel qui facilite le déplacement des éléments nutritifs vers les zones de croissance active. En plus de soutenir l’efficacité de la nutrition foliaire, l’acide fulvique contribue à améliorer la croissance du système racinaire et la tolérance de la plante aux différents stress. Grâce à cette combinaison, Salvador Plus aide la plante à maintenir son rythme de développement malgré le stress causé par l’herbicide. Il soutient le développement des racines et des feuilles, favorise une reprise plus rapide de la croissance et aide la culture à continuer de se développer plus normalement après l’application. Au champ, le bénéfice se traduit souvent par une réduction visible des symptômes de stress. Les plantes récupèrent plus rapidement et reprennent leur croissance plus tôt, ce qui permet de préserver une partie du potentiel de rendement qui pourrait autrement être perdu pendant la période de ralentissement. Pour le producteur, l’intérêt est simple : optimiser un passage qui est déjà prévu. L’ajout de Salvador Plus ne complique pas le travail et ne demande pas d’intervention supplémentaire. Il permet plutôt de profiter d’une opération déjà essentielle à la gestion des mauvaises herbes. Les résultats observés en conditions réelles au champ illustrent bien cet avantage. L’ajout de Salvador Plus dans les applications de post-levée a permis d’obtenir un retour sur investissement moyen de 5,3 pour 1. Concrètement, cela correspond à une augmentation de rendement moyenne d’environ 401 kg/ha de maïs.  Au final, Salvador Plus agit là où ça compte vraiment : au moment précis où la culture doit gérer un stress important. En aidant la plante à récupérer plus rapidement et à maintenir sa croissance, il contribue directement à protéger le potentiel de rendement.
par Alain Brassard, conseiller en Produits numériques et Innovation • 15 avril 2026
La plateforme AgConnexionMC | Ferme intelligente propose une solution mobile et Web conçue pour transformer la saisie de données en un véritable levier de performance. L’un des principaux avantages du passage au numérique est le gain de temps substantiel. En utilisant l’application mobile directement au champ, vous pouvez inscrire les informations pertinentes en temps réel. Chaque intervention est documentée instantanément, assurant une précision inégalée du début des semis jusqu’à la fin de la récolte. Au-delà de la simple prise de notes, le Carnet de champs d’AgConnexionMC est un outil stratégique pour la conformité réglementaire. Grâce à une saisie de données structurée, la production de rapports devient une tâche simple et rapide. Vous vous assurez ainsi que votre entreprise respecte les exigences en vigueur sans le stress administratif habituel. Profitez des quelques semaines restantes avant les semis pour explorer l’interface, paramétrer votre compte et prendre de l’avance pour être opérationnel dès que la première machine entrera au champ pour la prochaine saison. Vous pouvez enregistrer vos semis, planifier vos essais, analyser vos cartes de rendements ou l’historique de l’imagerie satellite pour être en mesure de passer au niveau supérieur dans la gestion de vos champs.  Adopter le Carnet de champs numérique, c’est choisir la tranquillité d’esprit et l’efficacité pour l’année à venir. Vous n’êtes pas encore inscrit au module Ferme intelligente offert par votre détaillant ? Contactez votre conseiller Agrocentre dès maintenant !
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