Maximiser son passage de 32

Caroline Turcotte, t.p., conseillère, Agrocentre Lanaudière inc. • 3 mars 2026

L’apport d’azote dans la culture du maïs est l’un des facteurs les plus importants pour avoir de bons rendements. Avec le coût élevé des fertilisants, voici quelques options pour « pimper » votre passage de solution azotée 32% et en tirer un maximum de profit !


L’ajout d’un protecteur d’azote tel que le Tribune™ vous permettra de réduire les pertes dues à la volatilisation, la dénitrification et le lessivage. Les deux ingrédients actifs qu’il contient procurent une protection accrue de l’azote au-dessus comme en dessous du sol ce qui signifie plus d’azote assimilable pouvant être utilisé par la plante. Des études démontrent des augmentations de rendements allant de 300 kg à 800 kg par acre, selon la dose d’azote appliquée, avec l’utilisation du Tribune™ par rapport au témoin non traité. Protéger chaque gallon appliqué, un investissement rentable !


Le soufre est un élément important pour la synthèse des protéines, la production de chlorophylle et le métabolisme de l’azote. Le maïs requiert environ un kilogramme de soufre par 11 kilogrammes d’azote prélevés, donc environ 22 kg de soufre pour 240 kg/ha d’azote absorbés* tout au long de la saison pour un rendement de maïs de 12 tm/ha. L’ajout de thiosulfate (12-0-0 26S) à raison de 10% à la solution azotée en post levée, améliore l’efficacité de l’azote appliqué et peut permettre d’augmenter les rendements du maïs, surtout dans les sols sableux, avec peu de matière organique.


Le bore est aussi un élément qui peut être ajouté dans la solution 32. C’est un élément mineur requis en plus petite quantité (un rendement de 12 tm/ha de maïs prélève 560 gr/ha de bore*), mais qui est néanmoins crucial pour le métabolisme des glucides, la synthèse des protéines, le transport du calcium et des sucres, et une bonne pollinisation. Sur votre analyse de sol, un taux inférieur à 0.7 ppm de bore indique une carence/un faible niveau. Il est fréquent que le bore soit insuffisant, surtout dans les sols sablonneux ou avec peu de matière organique. L’ajout de Nitro-B 10%, un produit d’Agro-100, permet de fournir suffisamment de bore à la plante lorsqu’il est appliqué à une dose de 1.5 L/ac. Les résultats moyens de 12 essais menés de 2019-2021 ont permis de déterminer un avantage de plus de 50$/ac lorsque du bore est ajouté.


Finalement, l’ajout de biostimulants est aussi une excellente option pour maximiser son passage de solution azotée en post-levée. Il y en a une multitude ! Les biostimulants à base d’acides humiques et fulviques par exemple, améliorent la disponibilité et l’absorption des nutriments, stimulent l’activité des microorganismes et favorisent la croissance racinaire. Nous offrons plusieurs produits dans cette catégorie de biostimulants, tels que le Nitro-C C-Plex d’agro-100, l’Hydra-Hume d’Helena, l’OPSORBA ou l’INICIUM LC, d’Organic Ocean. Ce dernier est un mélange d’acides humiques, fulviques, d’éléments fertilisants et d’extraits d’algues, qui permettent en plus d’améliorer la résistance aux stress. En mélange dans le 32-0-0, les acides humiques et fulviques aident à stabiliser la forme ammonium (NH4+) dans le sol et ralentissent la conversion en nitrate (NO3-), ce qui peut réduire les risques de pertes par lessivage et dénitrification.
Il est également possible d’opter pour l’ajout d’un biostimulant contenant des bactéries du genre Bacillus, tel que le BioPath® de Mosaic. Les bactéries solubilisent le phosphore fixé dans le sol et améliorent ainsi sa disponibilité et son absorption par la culture, ainsi que celles d’autres éléments fertilisants. Selon des essais menés par Agrocentre en 2024, le BioPath® a permis d’obtenir un revenu additionnel de plus de 20$/ac.


Un très large éventail de produits est offert pour optimiser le passage de la solution azotée 32%. Cela peut sembler compliqué d’y voir clair, mais il s’agit seulement de choisir le bon produit selon les besoins de vos champs. Il est évident qu’en premier lieu il faut s’assurer de fournir les éléments fertilisants nécessaires aux cultures en fonction des analyses de sol, et ensuite les protéger pour qu’ils demeurent assimilables par les plantes. Contactez votre conseiller pour en savoir plus et faire le bon choix !



*Les prélèvements indiqués dans cet article proviennent des données de l’application Fertilizer Removal by Crop de AgPhD


par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 3 mars 2026
Le genre Bacillus, un groupe très diversifié de bactéries, compte plus de 140 espèces, dont certaines jouent un rôle clé dans la transformation du phosphore du sol grâce aux phosphatases et aux acides organiques qu’elles produisent. Pour cette raison, différents Bacillus se retrouvent dans la composition de biostimulants microbiens qui ont comme fonction d’améliorer la disponibilité du phosphore dans le sol et le prélèvement de plusieurs nutriments par les cultures. Lors de l’utilisation de ces biofertilisants, on observe un meilleur développement racinaire, et une plus grande quantité d’azote, de phosphore, de potassium et de micronutriments dans les tissus végétaux. C’est l’exploration d’un plus grand volume de sol par un système racinaire plus développé, combinée à une meilleure disponibilité de nutriments clés, qui font en sorte que les plantes en prélèvent davantage .Une meilleure utilisation des éléments fertilisants augmente le potentiel de rendement, et la profitabilité. Certaines compagnies ont choisi de commercialiser des produits qui contiennent des enzymes plutôt que les bactéries qui les produisent. Ils permettent de solubiliser les phosphores fixés dans le sol, et auraient comme avantage d’être immédiatement efficaces dès l’application et de façon constante jusqu’à 60 jours. Ces produits sont idéalement appliqués le plus tôt possible en saison, près de la semence ou du système racinaire, pour en tirer un plein bénéfice. On peut s’attendre à des résultats positifs dans plusieurs cultures, mais le maïs, le blé et les pommes de terre répondent particulièrement bien. Les biostimulants à base de Bacillus ou d’enzymes sont offerts en formulations et modes d’application variés, ce qui permet une grande flexibilité d’utilisation. Certains s’appliquent en traitement de semences, d’autres en imprégnation sur les fertilisants granulaires, en mélange avec les démarreurs liquides ou les produits de protection des cultures, ou encore en application en post levée avec la solution azotée 32%.  Vous êtes intéressé à en savoir plus ? Contactez votre conseiller Agrocentre sans tarder.
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 3 mars 2026
Les fertilisants sont des intrants importants en production végétale, autant pour l’obtention de bons rendements que pour la qualité des récoltes. Ils représentent toutefois un poste de dépenses non négligeable, et peuvent devenir une source de pollution de l’eau et de l’air. La gestion des nutriments selon le principe 4B vise une meilleure utilisation des matières fertilisantes afin de maximiser la quantité produite pour chaque unité de nutriments appliqués, tout en diminuant les pertes dans l’environnement. Les 4B, qu’est-ce que c’est ? Et bien le concept est simple : appliquer la bonne source de nutriments à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit . La mise en œuvre est axée sur le savoir et la science, et est propre à chaque site. Le point de départ est l’échantillonnage de sol, pour connaître la teneur en nutriments, et l’évaluation de la santé des sols, afin de déterminer leur capacité à rendre ces nutriments disponibles pour les cultures. Ces informations seront utiles pour déterminer les bonnes doses de fertilisants à appliquer, qui peuvent varier d’un champ à l’autre et même à l’intérieur d’un même champ. Au niveau du bon endroit, les éléments peu mobiles, ou qui sont susceptibles d’être perdus dans l’environnement, ont avantage à être appliqués en bandes près des racines. Le bon moment peut varier selon la culture ou des contraintes logistiques à la ferme, mais le principe de base est de synchroniser au mieux les apports avec les périodes de forts prélèvements par les cultures. On le constate surtout au niveau de l’azote : les nitrates disponibles, qui ne sont pas utilisés par les plantes, sont fortement à risque d’être perdus dans l’environnement. Finalement, on adaptera le choix du produit en fonction des autres B, puisque la dose appliquée, le placement et le moment d’application influencent la source de fertilisant qui devrait être privilégiée.  Au Québec, c’est Réseau Végétal Québec qui est responsable du déploiement et du rayonnement de la gestion des nutriments 4B, comme approche de gestion responsable des fertilisants. Les conseillers, agronomes et technologues peuvent suivre des formations et obtenir leur « attestation 4B ». Les producteurs peuvent également se former sur les principes du 4B, grâce entre autres à deux formations offertes par l’ITAQ, soient la Gestion 4B des nutriments - Grandes cultures, ou pour la pomme de terre. Toutes les informations sont disponibles à partir de la section formation continue du site de l’ITAQ.
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 3 mars 2026
C’est dans les années 1990 que le concept d’agriculture de précision (AP) fait son apparition. L’accessibilité croissante à l’époque des systèmes de positionnement par satellites (GPS), des systèmes d’information géographique (SIG) et des technologies d’application à taux variables a permis l’émergence de ce modèle de gestion des cultures. L’agriculture de précision a pour objectifs l’augmentation de la productivité des cultures, l’amélioration de la rentabilité des entreprises et l’atténuation des risques environnementaux. Si vous intervenez pour traiter la variabilité des propriétés physiques et chimiques de vos sols et les écarts de rendement dans vos champs, vous faites de l’agriculture de précision. La pratique de l’AP se résume effectivement en trois étapes : identifier où se situe la variabilité à l’intérieur d’une parcelle, l’analyser et diagnostiquer la cause de la variabilité, et finalement, prendre action pour la gérer, dans la mesure du possible. Depuis plusieurs années, les Agrocentre proposent à leurs clients l’échantillonnage de sol par GPS. L’échantillonnage géoréférencé consiste à prélever plusieurs échantillons à des endroits précis dans le champ, choisis à l’aide de technologies telles que l’imagerie satellite, ou les cartes de rendement, qui nous permettent de cibler des zones à échantillonner. On peut aussi tracer un carrelage sur le champ (grid) et prélever un échantillon par case, à égale distance l’une de l’autre. En général, on vise à avoir une analyse de sol par hectare de champ. Dès qu’on a plusieurs résultats d’analyses de sol pour un même champ, on peut créer une carte de fertilité du sol qui illustre de manière détaillée la variabilité spatiale des différents paramètres analysés. C’est alors possible de planifier des actions qui permettront de corriger le pH, la fertilité, ou d’améliorer la structure de sol à des endroits ciblés afin d’accroître la productivité globale du champ. Résultats réels Bien qu’en théorie, tout porte à croire que l’agriculture de précision améliore réellement la productivité et la rentabilité des fermes qui l’utilisent, les résultats réels sont plus rarement mesurés. En partant du principe que l’échantillonnage de sol est effectué juste une fois par 3 à 5 ans sur une parcelle donnée, les clients qu’on accompagne depuis le début dans ce processus n’en sont qu’à leur troisième campagne d’échantillonnage géoréférencé, dans le meilleur des cas. Les améliorations et le gain d’uniformité au travers les parcelles ne sont donc pas nécessairement mesurés encore, bien que dans certains cas, on peut déjà remarquer une évolution positive des pH ou des teneurs en potassium, selon ce qu’on cherche à corriger. En étudiant au hasard certaines recommandations, on s’est aperçu que l’application de chaux à taux variable requiert en moyenne 3% moins de produit chaulant que si l’application avait été faite à une dose unique sur tout le champ, calculée avec le pH tampon moyen. C’est par contre très variable d’un cas à l’autre, et sur les 10 champs étudiés, 3 nécessitent plus de chaux à taux variable qu’à taux unique, et dans un cas en particulier, l’application à taux variable a permis d’économiser 18% de chaux. L’économie d’argent, surtout en considérant le coût supplémentaire de l’échantillonnage et des analyses géoréférencés n’est donc pas toujours garantie, mais peut également s’avérer intéressante. Toutefois, c’est en évaluant la répartition de la chaux qu’on a un meilleur aperçu de la valeur de l’AP ; un exemple démontre qu’avec un épandage à dose unique, 50% du champ aurait été sous chaulé, 30% sur chaulé et seulement 20% de la superficie aurait reçu une dose optimale. Un pH inadéquat aux endroits où la correction a été mal faite peut causer des pertes de rendement qui deviennent un « coût » important relié à la gestion conventionnelle.  Les producteurs qui commencent l’échantillonnage par GPS et les applications à taux variables le font souvent avec la chaux, pour la correction du pH. Dans certains cas, 2 produits chaulant différents sont recommandés dans le même champ, pour leur teneur spécifique en potassium ou en magnésium. En effet, les analyses géoréférencées nous permettent de tenir également compte de la variabilité d’autres paramètres de l’analyse, comme les teneurs et les saturations des différentes bases (K, Ca, Mg), lors de la recommandation de chaulage. Puis au fur et à mesure que l’AP entre dans les mœurs, il est possible de gérer d’autres éléments, comme le potassium, à taux variables. En connaissant mieux les différentes zones de gestion du champ, et les paramètres qui les distinguent, on peut ensuite penser varier les quantités de déjections animales appliquées sur différents endroits du champ, ou ajuster les populations semées, toujours dans l’objectif de permettre à chaque section de champ de soutenir un rendement maximal de la culture. Avec le prix actuel des terres et des intrants, on entend souvent parler de la nécessité de « grandir de l’intérieur ». L’échantillonnage de sol par GPS et la gestion par zone est un bon moyen pour le faire, et c’est beaucoup plus accessible que vous pourriez le croire ! N’hésitez pas à en parler avec votre conseiller Agrocentre !
par Maurice Cadotte, agr. conseiller en grandes cultures, Agrocentre St-Hyacinthe inc. 19 septembre 2025
Le pissenlit (Taraxacum officinale) est une mauvaise herbe vivace particulièrement tenace lors d’un travail minimum du sol ou de semis direct. Grâce à sa racine pivotante profonde et à sa grande tolérance à l’hiver, il peut rapidement coloniser un champ et nuire au rendement des cultures. Le pissenlit peut entraîner des pertes de rendement significatives. Une étude menée par l’Université de Guelph a démontré des pertes pouvant atteindre 25 % dans les cultures de soya en présence d’infestations importantes. Au printemps, la circulation de la sève se fait principalement des racines vers les feuilles. Dans ces conditions, l’application d’un herbicide entraîne une destruction partielle de la partie aérienne, mais n’atteint pas efficacement les racines, ce qui limite le contrôle. • Surveillance post-récolte : Il est essentiel de dépister les champs après la récolte afin d’identifier les mauvaises herbes vivaces présentes et de planifier les interventions. • Traitement automnal : L’automne constitue la période optimale pour le contrôle du pissenlit et autres vivaces. À ce moment, la sève redescend vers les racines, ce qui favorise le transport de l’herbicide systémique jusqu’aux organes souterrains. • Application de glyphosate : Un traitement de brûlage à l’automne, après la récolte, avec du glyphosate, permet un contrôle efficace du pissenlit. Il n’est pas nécessaire de se préoccuper des stades de la culture avec cette approche ; de plus, elle facilite un démarrage de saison sans mauvaises herbes hâtives. Cette pratique réduit la dépendance à l’égard des mélanges d’herbicides complexes qui sont souvent moins efficaces au printemps, diminuant ainsi les indices de risques environnementaux (IRE) et de santé (IRS) comparativement à des traitements printaniers multiples. Bonnes pratiques complémentaires : • Hygiène des équipements : Le nettoyage rigoureux des équipements agricoles est essentiel pour limiter la dissémination des graines, bien que celles-ci puissent également se propager par le vent. • Respect de la réglementation : Toujours lire et suivre les recommandations inscrites sur l’étiquette des produits phytosanitaires, notamment en ce qui concerne les doses, les stades d’application et les conditions d’utilisation.
par Jean-Philippe Raynault, conseiller en productions végétales, Agrocentre Lanaudière inc. 19 septembre 2025
Plusieurs facteurs peuvent occasionner des pertes de quantité ou de qualité lors de la récolte. En se préparant bien et en employant de bonnes pratiques, il est toutefois possible de limiter ces pertes et faire face aux défis variés rencontrés d’une saison à l’autre ! La première étape est l’entretien et le réglage optimum des outils de récolte (batteuse, ensileuse, arracheuse, etc.). L’usure des pièces peut diminuer l’efficacité des machines et augmenter les pertes. Une formation adéquate des opérateurs est essentielle ; un opérateur bien formé repère les pièces usées qui doivent être changées, connaît les bons réglages et sait s’adapter aux conditions du champ lors de la récolte. Il est important d’ajuster la hauteur de coupe, la vitesse d’avancement et les réglages d’ouverture, de soufflerie, etc. pour maximiser la récolte et la qualité de celle-ci. Une moissonneuse-batteuse mal entretenue et mal réglée peut augmenter le pourcentage de grains cassés. Chaque grain cassé ou fendu est une porte d’entrée pour les bactéries et moisissures. Récolter à maturité optimale est aussi important pour un meilleur rendement et une meilleure qualité. Une récolte trop tardive, lorsque les grains sont beaucoup plus avancés et secs, risque d’augmenter les pertes par la chute au sol de grains devant le nez de la batteuse. En cas de pluie abondante, c’est plutôt la germination sur les plants et les maladies fongiques qui guettent les grains trop mûrs. Généralement, on suggère de récolter plus tôt que tard, même si ça implique de devoir sécher les grains. Selon l’espèce récoltée, la température et la vitesse de séchage doivent être adaptées. Sécher les grains trop rapidement à une température trop élevée peut causer une perte de poids spécifique. Un blé trop chauffé pourrait aussi brûler et perdre ses qualités pour la panification par exemple. En cas d’entreposage à long terme, il importe d’assurer un bon suivi des récoltes entreposées. Au fil des semaines, il peut y avoir d’importants changements de température et d’humidité, qui peuvent entraîner une surchauffe et/ou le développement de moisissures. Ventiler le silo au bon moment peut sauver une récolte ! Lorsque les conditions sont trop humides à la récolte, les équipements peuvent causer une compaction du sol qui pourrait affecter le rendement sur plusieurs années. À défaut de pouvoir attendre de meilleures conditions, il faut donc limiter le plus possible les passages de la machinerie. Faire passer les équipements toujours au même endroit permet de limiter la compaction sur une superficie ciblée plutôt qu’à la grandeur du champ.  En résumé, bien se préparer, connaître ses équipements, assigner les bonnes personnes aux bonnes tâches et faire un bon suivi durant les travaux et tout au long du temps d’entreposage vous permettra de maximiser la quantité et la qualité de vos récoltes !
par Jules Swennen, dta, conseiller en productions végétales, Agrocentre Farnham inc. 19 septembre 2025
Un vrai printemps de misère ! Les retards dans les épandages et les semis nous ont forcés à semer ce qu’on pouvait, et non ce qu’on voulait. Ne vous y méprenez pas, l’an prochain, on recommence ! En décembre, votre conseiller se présentera chez vous en vous rappelant qu’il est important de mettre la bonne semence au bon endroit. Vous pourriez avoir envie de lui répondre : « Je ne sais pas ce que je vais semer, ni quand, et ne me demande pas où non plus ! » Tout de même, ce printemps nous aura appris quelques leçons, et même s’il arrive que les plans changent en cours de route, ça vaut toujours la peine de prendre le temps d’en établir un. Entre les fenêtres de semis trop courtes et des champs qu’on aurait mieux fait de laisser tranquilles, le placement des biotechnologies a parfois été compromis . Des champs infestés de mauvaises herbes résistantes au glyphosate ont été semés en VT2P (caractère offrant le gène Roundup Ready), alors que des hybrides SmartStax ou LibertyLink auraient permis un meilleur contrôle en post levée. Autre exemple, un champ semé en majeure partie avec du soya Xtend, puis complété avec une variété Enlist. Résultat : moins de flexibilité, et un plus gros casse-tête lors de l’arrosage. Alors voici une proposition : tenez vous-en aux technologies que vous aurez choisies avec votre conseiller pour répondre à une ou des problématiques connues. On choisira l’hybride ensuite ! Les sceptiques seront confondus ! Qui n’est pas content d’avoir semé du blé d’automne l’an dernier ? Déjà parce que ces champs-là n’ont pas eu à être semés au printemps, mais ça va bien plus loin que ça. Les semis ont été beaucoup plus faciles sur un chaume de blé ou d’engrais vert. C’est dû au fait que ces cultures améliorent le niveau de matière organique, la structure du sol, et la capacité drainante de nos champs. Donc, une autre proposition : si ce n’est pas déjà fait, envisagez d’intégrer une céréale et des cultures de couverture à votre rotation. Les champs qui vous ont donné du fil à retordre ce printemps pourraient grandement bénéficier d’une culture d’automne. Et surtout, continuez d’envoyer des vidéos de capteurs de rendements à vos conseillers quand vous êtes contents du rendement du UGRC Ring, ils adorent ça ! Au moment d’écrire ces lignes, la disparité entre les champs de soya est frappante . Alors que dans certains, les plants sont à la hauteur des hanches, ils sont à peine plus haut que les genoux ailleurs. Pourtant, leurs stades de croissance ne sont pas si éloignés. Le soya est une plante qui s’adapte à la saison ; sa croissance n’est pas aussi rigide que celle du maïs. Cette capacité d’adaptation nous pousse à agir : plus on sème tard, plus nous devrons augmenter la population et resserrer les rangs. Un semis tardif réduit la période de croissance végétative du soya, ce qui l’empêche de développer pleinement son potentiel de buissonnement. Pour compenser, il est crucial d’accroître la population de plants par hectare et de diminuer l’espacement entre les rangs, quitte à ressortir le semoir à céréales !  En augmentant la densité de plants, on favorise une fermeture rapide du couvert végétal. Cela maximise l’interception de la lumière par la culture, permet un meilleur contrôle des mauvaises herbes et, au final, compense le moins grand nombre de branches des plants semés tardivement. L’objectif, c’est de s’assurer que, même avec une saison plus courte, le champ atteigne son potentiel de rendement optimal grâce à une densité de population adéquate. Bref, au travers de tout ça, tout le monde a survécu ! Nous avons présentement de très belles températures pour le maïs et le soya, et nous avons, pour la plupart, des magnifiques récoltes de céréales d’automne. Mais surtout, nous allons affronter 2026 avec un coffre à outils un peu mieux garni ! Bonnes récoltes !
par Martin Mercier, t.p. conseiller en grandes cultures, Agrocentre Technova inc. 18 septembre 2025
Le blé d’automne gagne en popularité au Québec, et pour de bonnes raisons. Cette année, avec un printemps plutôt capricieux, le blé d’automne a été très apprécié, diminuant la charge de travail printanière. Grâce à une meilleure utilisation de la saison de croissance, cette céréale peut offrir des rendements supérieurs à ceux du blé de printemps, tout en s’intégrant dans des rotations culturales diversifiées. Toutefois, pour exploiter pleinement son potentiel, plusieurs facteurs doivent être soigneusement maîtrisés : la fertilisation, la population, le choix de la méthode de semis et, surtout, le respect de la fenêtre optimale de semis. Fertilisation La fertilisation du blé d’automne lors de l’implantation joue un rôle déterminant dans la réussite de la culture, particulièrement dans le contexte québécois, où l’hiver impose une longue pause végétative. L’objectif principal est de favoriser une bonne implantation avant le gel, sans stimuler une croissance excessive qui nuirait à la survie hivernale. Le défi réside donc dans l’équilibre entre les besoins pour le démarrage et une bonne préparation à la saison hivernale de la plante. Azote (N) L’apport en azote (N) doit soutenir l’établissement du blé (développement racinaire, premières talles) sans favoriser une croissance excessive du feuillage, ce qui rend les plants plus vulnérables à l’hiver. Pour ceux qui n’utilisent pas de fumier, je vous conseille le sulfate d’ammonium (21-0-0-24S), un produit qui permet une excellente couverture du sol en raison de sa concentration plus faible, avec un apport de soufre très bénéfique pour la culture. Certaines fermes disposant de fumier ou de lisier l’utilisent en pré-semis ou immédiatement après, surtout sur des sols pauvres en matière organique. Dans ce cas, une analyse du fumier et du sol est essentielle, car l’azote organique minéralisé peut suffire pour l’automne. Qu’en est-il de l’apport d’azote au printemps ? Considérant un climat de plus en plus incertain, l’application d’azote très tôt au printemps, sous forme de sulfate d’ammonium, peut permettre d’attendre une application optimale au tallage, diminuant les stress dus à une carence azotée pouvant survenir si des périodes pluvieuses nous empêchent d’agir au bon moment. Cela facilite grandement l’atteinte des objectifs fixés, tout en permettant d’appliquer un programme complet de fertilisation sans embûche. Phosphore (P) : la clé de l’enracinement Le phosphore (P) est sans contredit l’élément le plus important à apporter à l’automne pour le blé d’automne. Il favorise la croissance racinaire, essentielle pour une bonne implantation et une meilleure reprise au printemps. Je vous recommande l’utilisation du MESZ (12-40-0-1Zn-10S) pour combler vos besoins en phosphore. Le MESZ est le seul produit sur le marché qui contient, en plus du phosphore, du soufre sous deux formes différentes, pour un apport tout au long de la saison, ainsi que du zinc qui joue un rôle crucial dans le développement racinaire. Potassium (K) : ne pas négliger sur sols sableux Même si le potassium (K) a une influence plus importante au printemps, il ne doit pas être négligé à l’automne. Il augmente la concentration en sucres dans la plante, ce qui améliore la survie hivernale. D’autres rôles importants joués par le potassium incluent l’augmentation de la production de lignine (liée à la tenue), l’amélioration de la résistance naturelle aux attaques fongiques et au stress hydrique, ainsi que l’augmentation de la taille des fruits, donc du grain dans le cas des céréales. En Europe, les producteurs de céréales d’automne réalisent en moyenne des apports de 100 unités fertilisantes de potassium par hectare, en diversifiant les sources d’engrais. On parle généralement de 40 unités apportées par le K-Mag (0-0-22-11Mg-22S) et de 60 unités par l’Aspire (0-0-58-0,5B), ce qui assure un apport de plusieurs éléments (ex. : bore, soufre, magnésium), en plus des deux formes de potassium se libérant à différents moments dans la saison. Il est donc important d’appliquer une partie à l’automne, considérant nos printemps plutôt incertains, pour faire une bonne gestion des risques et s’assurer d’une disponibilité constante. Population et taux de semis : viser la juste mesure Le taux de semis est un levier agronomique majeur pour assurer une bonne couverture du sol avant l’hiver et un rendement optimal à la récolte. Il doit être adapté en fonction de la date de semis, du type de sol, de la méthode d’implantation (semoir ou semis à la volée), et des conditions de levée. En conditions idéales, le blé d’automne peut produire 2 à 3 talles fertiles par plant. Pour atteindre un objectif de 500 à 700 épis/m² au printemps, il est donc généralement recommandé de semer entre 350 et 450 grains viables/m² à l’automne. Cela correspond, selon la grosseur du grain et le taux de germination, à environ 150 à 220 kg/ha pour la plupart des cultivars utilisés au Québec. Il est important d’ajuster la dose en fonction du PMG (poids de mille grains), qui varie selon les variétés. Petite réflexion : les records mondiaux visent plus entre 1 000 et 1 300 épis/m². Faites vos calculs et laissez-vous tenter par des essais de population sur votre ferme ! Semis au semoir ou semis à la volée ? Tout dépend de l’équipement disponible sur la ferme et de l’avancement des autres cultures. Semis au semoir : plus précis, plus économique Les semoirs à céréales permettent une répartition régulière et un bon contrôle de la profondeur, favorisant une levée uniforme. En sol bien préparé, cette méthode permet d’utiliser une dose plus économique, soit souvent entre 150 et 175 kg/ha, selon le cultivar. Semis à la volée : compenser en augmentant la population Cette méthode est de plus en plus utilisée, notamment en semis simplifié, après une culture hâtive ou même dans le soya avant la chute des feuilles. Le semis à la volée est rapide et réduit les passages, mais il génère une distribution moins uniforme et une profondeur d’enracinement irrégulière. Dans ce cas, il est recommandé d’augmenter le taux de semis de 10 à 20 %, voire plus selon le type de recouvrement (rouleau, herse, léger travail du sol). Une dose de 185 à 240 kg/ha est courante. Date de semis maximale : jusqu’où peut-on retarder sans compromettre l’implantation ? Le bon moment pour semer le blé d’automne se situe entre trop tôt (croissance excessive) et trop tard (insuffisance de tallage et mauvaise survie hivernale) ! Fenêtre optimale de semis au Québec : • Zone 3 (Laurentides, régions froides) : 1er au 15 septembre • Zone 4 (Estrie, Montérégie centre, Centre-du-Québec) : 5 septembre à début octobre • Zone 5 (Montérégie sud, vallée du Saint-Laurent) : jusqu’à début octobre Objectif : que le blé ait développé 3 à 4 feuilles et initié le tallage avant les gels profonds, pour bien résister à l’hiver. Règle tout-terrain : semer environ 6 semaines avant le gel permanent du sol. Si le semis est retardé : • Augmenter le taux de semis de 10 à 15 % ; • Limiter l’azote à l’automne pour favoriser l’endurcissement ; • Utiliser un semoir pour maximiser la levée et compenser la plus courte période d’implantation. Réussir son blé d’automne, une affaire de précision Le blé d’automne offre un fort potentiel de rendement, mais il exige une planification rigoureuse dès l’implantation. Une fertilisation bien dosée, particulièrement en phosphore, et un taux de semis adapté à la méthode utilisée sont les bases d’une culture réussie. À retenir pour maximiser vos résultats : • Viser un semis de 350 à 450 grains viables/m² • Fertiliser selon les besoins réels du sol, notamment en P et K (une partie), idéalement à l’automne • Adapter la méthode de semis aux conditions de champ • Respecter la fenêtre optimale de semis pour favoriser tallage et enracinement  En misant sur une planification rigoureuse dès l’automne, vous mettez toutes les chances de votre côté pour récolter un blé robuste, homogène et rentable !
par Stéphane Lanctôt, agr. conseiller agronomique, Agrocentre St-Hyacinthe inc. 17 avril 2025
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 17 avril 2025
Dans ce Flash, nous ferons le point sur certaines exigences réglementaires qui devaient entrer en vigueur le 1er janvier 2025 et qui ont été repoussées au 1er août 2025. D’abord, depuis le 1er janvier dernier, les semences d’avoine, de blé, de canola, de maïs fourrager, de maïs grain, de maïs sucré, d’orge ou de soya enrobées d’un pesticide sont assujetties à de nouvelles règles. Les semences de ces espèces, dès qu’elles sont traitées avec un insecticide, font partie de la classe 3A ; lorsqu’elles sont enrobées d’un fongicide seulement, elles font partie de la classe 3B. En novembre 2024, le Ministère rendait publique une position administrative visant à faciliter la mise en œuvre des nouvelles règles concernant les semences enrobées. Ainsi, l’obligation pour un agriculteur de posséder un certificat pour pouvoir acheter et mettre en terre des semences traitées (à l’exception des traitements aux néonicotinoïdes) est repoussée au 1er août 2025 . Il en est de même pour l’obligation de fournir une prescription pour l’achat de semences de la classe 3A. Vous êtes plusieurs à avoir déjà entamé les démarches nécessaires pour obtenir votre certificat E1 ou E2 ; si ce n’est pas votre cas, et pour vous assurer de pouvoir acheter et semer des semences traitées après le 1er août, vous devriez vous y mettre. Une nouvelle autoformation est d’ailleurs disponible sur le site de la SOFAD. Il s’agit en fait d’un examen formatif qui vous permettra d’obtenir un certificat d’une nouvelle sous-catégorie (E4), le « certificat d’agriculteur pour mise en terre de semences enrobées de pesticides ». C’est une option intéressante, moins dispendieuse et plus rapide, si vous n’avez pas à acheter, entreposer et utiliser des pesticides autres que ceux des classes 3A et 3B. Malgré ce petit sursis en lien avec l’obligation de détenir un certificat et de fournir une prescription, le cas échéant, les autres exigences demeurent. Entre autres, celles-ci : Un forfaitaire qui sème au printemps 2025 des semences des classes 3A ou 3B contre rémunération doit être titulaire d’un permis C8 ; En tant que producteur, vous devrez indiquer dans votre registre d’application de pesticides les informations en lien avec les semences des classes 3A et 3B, dès le printemps 2025 ; Les distances d’éloignement des zones sensibles (fossés, cours d’eau, puits, garderies et milieux scolaires), doivent aussi être respectées lors de la mise en terre de ces semences. Je vous invite à consulter le site du MELCCFP, section pesticides, pour obtenir toutes les informations en lien avec le Code de gestion des pesticides et le Règlement sur les permis et certificat pour l’achat et l’utilisation des pesticides. Et avec tout ça, je vous souhaite un bon printemps !
par Owen MacCallum, agr. conseiller Agrocentre Farnham inc. 16 avril 2025
Le choix de semences de maïs et de soya est de plus en plus vaste, surtout avec l’arrivée sur le marché de plusieurs biotechnologies. Bien que ces biotechs améliorent notre productivité en permettant aux cultures de résister aux insectes ou de mieux tolérer certains herbicides, la panoplie de produits disponibles peut porter à confusion ! Les premiers traits transgéniques sur le marché étaient faciles à comprendre. Les appellations LibertyLink® et Roundup Ready MD s’expliquent d’elles-mêmes, malgré qu’il y eut tout de même quelques erreurs d’arrosage au champ dans les premières années ! Les nouvelles nomenclatures sont moins évidentes à déchiffrer. SmartStax MD , Qrome®, VT2P, Xtend MD , Enlist™… C’est facile de commettre des erreurs d’arrosage si on n’est pas sûr de la tolérance que ces différentes biotechnologies confèrent aux cultures. Les technologies Xtend et XtendFlex sont la propriété de Bayer, et leur division semences, Dekalb, offre donc des variétés avec ces traits. La technologie Enlist appartient à Corteva, alors les marques Brevant et Pioneer (affiliées à Corteva) offrent le trait Enlist E3 dans leurs soyas. Les autres fournisseurs de semences dans le marché offrent les deux plateformes et paient des dividendes aux titulaires respectifs. Les soyas Xtend sont arrivés sur le marché en 2017 et sont tolérants au dicamba et au glyphosate. En 2021, XtendFlex permet d’ajouter le glufosinate (Liberty) à la liste des herbicides qui peuvent être utilisés sans risque sur les cultures ayant cette technologie. Les soyas Enlist E3 ont fait leur entrée en 2019 et ce trait génétique leur confère une tolérance au 2,4-D, au glufosinate et au glyphosate. Mais pourquoi choisir l’une ou l’autre de ces technologies ? En premier lieu, si vous prévoyez arroser seulement au glyphosate, les caractères Enlist ou Xtend n’ont pas de valeur ajoutée pour vous ; vous devriez orienter votre choix selon les caractéristiques agronomiques de l’hybride ou de la variété (rendement, tenue, maturité, vigueur printanière, tolérance naturelle à certaines maladies…). Par contre, ces technologies peuvent être des outils intéressants dans certaines situations. Par exemple, la possibilité d’utiliser l’herbicide Liberty (Enlist E3 et XtendFlex) pour contrôler des mauvaises herbes résistantes au glyphosate est un vrai atout ! Le dicamba (Xtend) est un herbicide de contact avec un certain effet résiduel qui permet de prolonger le contrôle des mauvaises herbes un peu plus tard dans la saison qu’un passage de glyphosate seul. Le dicamba offre un meilleur contrôle de l’herbe à poux, l’abutilon, la vergerette, les renouées, la morelle et le laiteron des champs. Par contre, le désavantage du dicamba est sa volatilité, surtout lors de journées chaudes ; des précautions sont à prendre pour limiter les risques de dérive. Le 2,4-D (Enlist), quant à lui, est très efficace sur la prêle, le pissenlit et la moutarde. Le 2,4-D n’est pas résiduel, alors il n’y a pas d’avantage à l’ajouter au glyphosate, à moins d’être en présence de mauvaise herbes non-contrôlées par celui-ci. Le 2,4-D est peu volatile et peut être arrosé pendant toute la saison. Évidemment, l’utilisation d’un herbicide sur une culture qui n’est pas tolérante peut mener à sa destruction complète . Assurez-vous toujours que votre herbicide correspond au trait technologique de votre culture. Pour éviter les erreurs, n’utilisez pas à la fois des variétés Xtend et des variétés Enlist E3, et gardez les étiquettes de vos sacs de semences. Mais surtout, rappelez-vous, peu importe la technologie utilisée, c’est le rendement final qui paie les comptes !
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