Gestion par zone, pour une meilleure utilisation des matières fertilisantes.

Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre • 3 mars 2026

C’est dans les années 1990 que le concept d’agriculture de précision (AP) fait son apparition. L’accessibilité croissante à l’époque des systèmes de positionnement par satellites (GPS), des systèmes d’information géographique (SIG) et des technologies d’application à taux variables a permis l’émergence de ce modèle de gestion des cultures.
L’agriculture de précision a pour objectifs l’augmentation de la productivité des cultures, l’amélioration de la rentabilité des entreprises et l’atténuation des risques environnementaux.
Si vous intervenez pour traiter la variabilité des propriétés physiques et chimiques de vos sols et les écarts de rendement dans vos champs, vous faites de l’agriculture de précision. La pratique de l’AP se résume effectivement en trois étapes : identifier où se situe la variabilité à l’intérieur d’une parcelle, l’analyser et diagnostiquer la cause de la variabilité, et finalement, prendre action pour la gérer, dans la mesure du possible.


Depuis plusieurs années, les Agrocentre proposent à leurs clients l’échantillonnage de sol par GPS. L’échantillonnage géoréférencé consiste à prélever plusieurs échantillons à des endroits précis dans le champ, choisis à l’aide de technologies telles que l’imagerie satellite, ou les cartes de rendement, qui nous permettent de cibler des zones à échantillonner. On peut aussi tracer un carrelage sur le champ (grid) et prélever un échantillon par case, à égale distance l’une de l’autre. En général, on vise à avoir une analyse de sol par hectare de champ. Dès qu’on a plusieurs résultats d’analyses de sol pour un même champ, on peut créer une carte de fertilité du sol qui illustre de manière détaillée la variabilité spatiale des différents paramètres analysés. C’est alors possible de planifier des actions qui permettront de corriger le pH, la fertilité, ou d’améliorer la structure de sol à des endroits ciblés afin d’accroître la productivité globale du champ.


Résultats réels
Bien qu’en théorie, tout porte à croire que l’agriculture de précision améliore réellement la productivité et la rentabilité des fermes qui l’utilisent, les résultats réels sont plus rarement mesurés. En partant du principe que l’échantillonnage de sol est effectué juste une fois par 3 à 5 ans sur une parcelle donnée, les clients qu’on accompagne depuis le début dans ce processus n’en sont qu’à leur troisième campagne d’échantillonnage géoréférencé, dans le meilleur des cas. Les améliorations et le gain d’uniformité au travers les parcelles ne sont donc pas nécessairement mesurés encore, bien que dans certains cas, on peut déjà remarquer une évolution positive des pH ou des teneurs en potassium, selon ce qu’on cherche à corriger. En étudiant au hasard certaines recommandations, on s’est aperçu que l’application de chaux à taux variable requiert en moyenne 3% moins de produit chaulant que si l’application avait été faite à une dose unique sur tout le champ, calculée avec le pH tampon moyen. C’est par contre très variable d’un cas à l’autre, et sur les 10 champs étudiés, 3 nécessitent plus de chaux à taux variable qu’à taux unique, et dans un cas en particulier, l’application à taux variable a permis d’économiser 18% de chaux. L’économie d’argent, surtout en considérant le coût supplémentaire de l’échantillonnage et des analyses géoréférencés n’est donc pas toujours garantie, mais peut également s’avérer intéressante.
Toutefois, c’est en évaluant la répartition de la chaux qu’on a un meilleur aperçu de la valeur de l’AP ; un exemple démontre qu’avec un épandage à dose unique, 50% du champ aurait été sous chaulé, 30% sur chaulé et seulement 20% de la superficie aurait reçu une dose optimale. Un pH inadéquat aux endroits où la correction a été mal faite peut causer des pertes de rendement qui deviennent un « coût » important relié à la gestion conventionnelle.



Les producteurs qui commencent l’échantillonnage par GPS et les applications à taux variables le font souvent avec la chaux, pour la correction du pH. Dans certains cas, 2 produits chaulant différents sont recommandés dans le même champ, pour leur teneur spécifique en potassium ou en magnésium. En effet, les analyses géoréférencées nous permettent de tenir également compte de la variabilité d’autres paramètres de l’analyse, comme les teneurs et les saturations des différentes bases (K, Ca, Mg), lors de la recommandation de chaulage. Puis au fur et à mesure que l’AP entre dans les mœurs, il est possible de gérer d’autres éléments, comme le potassium, à taux variables. En connaissant mieux les différentes zones de gestion du champ, et les paramètres qui les distinguent, on peut ensuite penser varier les quantités de déjections animales appliquées sur différents endroits du champ, ou ajuster les populations semées, toujours dans l’objectif de permettre à chaque section de champ de soutenir un rendement maximal de la culture.

Avec le prix actuel des terres et des intrants, on entend souvent parler de la nécessité de « grandir de l’intérieur ». L’échantillonnage de sol par GPS et la gestion par zone est un bon moyen pour le faire, et c’est beaucoup plus accessible que vous pourriez le croire ! N’hésitez pas à en parler avec votre conseiller Agrocentre !



Témoignage de Alexis Roy, Ferme Bellmeco inc. Stanbridge Station


L’échantillonnage de sol par GPS est utilisé sur notre ferme depuis maintenant trois ans. Cette transition s’inscrit dans une volonté d’intégrer davantage les principes de l’agriculture de précision afin d’améliorer la gestion des intrants. Ce qui nous a convaincus d’adopter cette approche, c’est la possibilité d’obtenir une lecture beaucoup plus précise de nos sols. En multipliant les points d’échantillonnage à l’intérieur d’un même champ, il devient possible de cibler plus précisément les applications de chaux et d’engrais, tout en maximisant leur efficacité et en justifiant les investissements associés à ces intrants.
Au départ, l’un des principaux freins à l’adoption de l’échantillonnage GPS concernait l’aspect technologique. La mise en place et la gestion des points GPS demandent une certaine maîtrise des outils numériques. Avant mon arrivée sur la ferme, peu de personnes étaient réellement à l’aise avec ces technologies, ce qui rendait l’adoption plus complexe. Un temps d’apprentissage a donc été nécessaire.
Les résultats observés depuis l’implantation de cette méthode ont toutefois rapidement confirmé sa pertinence. L’échantillonnage par GPS a révélé d’importantes disparités dans les analyses de sol à l’intérieur de certains champs. Des zones que nous pensions uniformes, notamment en ce qui concerne le pH, présentaient en réalité des carences spécifiques. Ces différences seraient passées inaperçues avec une approche d’échantillonnage plus conventionnelle, basée sur un nombre limité de prélèvements.
L’application de la chaux à taux variable, guidée par les cartes issues de l’échantillonnage GPS, a permis d’améliorer significativement la précision des interventions. Dans certains champs, cela s’est traduit par une réduction des quantités de chaux appliquées, tandis que dans d’autres, les doses sont restées similaires, mais mieux réparties selon les besoins réels du sol. Cette approche a également permis d’ajuster la fertilisation de certains champs, notamment pour la potasse et d’autres éléments nutritifs, en fonction des résultats obtenus.
Malgré les coûts supplémentaires liés à l’analyse de plusieurs échantillons en laboratoire, la rentabilité de l’échantillonnage GPS s’est manifestée rapidement. Les économies réalisées sur les intrants, combinées à une meilleure efficacité des applications, démontrent que cette approche représente un investissement judicieux à moyen et long terme.
Pour la gestion de l’échantillonnage et des données, nous utilisons la plateforme AgConnexion. Bien que l’apprentissage de l’outil ait demandé un certain temps, l’accompagnement d’un conseiller a facilité la transition. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de produire nos propres cartes d’analyses de sol et de gérer l’échantillonnage de façon autonome.

par Audrey Vernier, TP, DTA, Directrice des ventes corporatives Agro-100 15 avril 2026
En post-levée, l’application d’herbicides est une étape incontournable dans la gestion des cultures. Elle permet de contrôler efficacement les mauvaises herbes et de protéger le potentiel de rendement. Mais même lorsqu’il est appliqué dans les meilleures conditions, un herbicide impose toujours un certain niveau de stress à la culture. Ce phénomène est bien connu au champ. Après l’application, il est fréquent d’observer un léger ralentissement de la croissance. La plante doit mobiliser une partie de son énergie pour métaboliser le produit et se remettre de l’impact physiologique causé par l’herbicide. Pendant ce temps, certaines fonctions importantes peuvent être temporairement affectées, comme le développement des racines ou la croissance des feuilles. Dans la majorité des cas, la plante finit par récupérer. Mais cette période de ralentissement peut parfois limiter le rendement de la culture, surtout lorsque d’autres facteurs de stress viennent s’ajouter, comme des conditions météo difficiles, un sol compacté ou une nutrition moins optimale. C’est précisément pour répondre à cette réalité que Salvador Plus a été développé. Pensé pour accompagner les applications herbicides de post-levée, Salvador Plus s’intègre directement dans le mélange en cuve avec les produits de protection des cultures. Son utilisation ne demande donc aucun passage supplémentaire au champ. Il s’agit simplement d’ajouter la solution au moment où la plante est la plus susceptible de subir un stress. La formulation de Salvador Plus a été conçue pour favoriser une absorption rapide par la plante grâce au CPlex, une nano molécule qui facilite l’entrée des nutriments dans les tissus végétaux. Contrairement à certaines formulations où une partie des éléments nutritifs peut rester fixée à la surface de la feuille, le CPlex aide les nutriments à franchir plus facilement la barrière foliaire. Ils sont ainsi rapidement absorbés et mis à la disposition de la plante, là où ils sont nécessaires pour soutenir ses fonctions physiologiques. La formulation apporte notamment du magnésium, du soufre ainsi que plusieurs oligoéléments essentiels au bon fonctionnement de la culture. Salvador Plus contient également de l’acide fulvique, reconnu pour son rôle dans le transport et la mobilité des nutriments dans la plante. Cette molécule agit comme un vecteur naturel qui facilite le déplacement des éléments nutritifs vers les zones de croissance active. En plus de soutenir l’efficacité de la nutrition foliaire, l’acide fulvique contribue à améliorer la croissance du système racinaire et la tolérance de la plante aux différents stress. Grâce à cette combinaison, Salvador Plus aide la plante à maintenir son rythme de développement malgré le stress causé par l’herbicide. Il soutient le développement des racines et des feuilles, favorise une reprise plus rapide de la croissance et aide la culture à continuer de se développer plus normalement après l’application. Au champ, le bénéfice se traduit souvent par une réduction visible des symptômes de stress. Les plantes récupèrent plus rapidement et reprennent leur croissance plus tôt, ce qui permet de préserver une partie du potentiel de rendement qui pourrait autrement être perdu pendant la période de ralentissement. Pour le producteur, l’intérêt est simple : optimiser un passage qui est déjà prévu. L’ajout de Salvador Plus ne complique pas le travail et ne demande pas d’intervention supplémentaire. Il permet plutôt de profiter d’une opération déjà essentielle à la gestion des mauvaises herbes. Les résultats observés en conditions réelles au champ illustrent bien cet avantage. L’ajout de Salvador Plus dans les applications de post-levée a permis d’obtenir un retour sur investissement moyen de 5,3 pour 1. Concrètement, cela correspond à une augmentation de rendement moyenne d’environ 401 kg/ha de maïs.  Au final, Salvador Plus agit là où ça compte vraiment : au moment précis où la culture doit gérer un stress important. En aidant la plante à récupérer plus rapidement et à maintenir sa croissance, il contribue directement à protéger le potentiel de rendement.
par Alain Brassard, conseiller en Produits numériques et Innovation 15 avril 2026
La plateforme AgConnexionMC | Ferme intelligente propose une solution mobile et Web conçue pour transformer la saisie de données en un véritable levier de performance. L’un des principaux avantages du passage au numérique est le gain de temps substantiel. En utilisant l’application mobile directement au champ, vous pouvez inscrire les informations pertinentes en temps réel. Chaque intervention est documentée instantanément, assurant une précision inégalée du début des semis jusqu’à la fin de la récolte. Au-delà de la simple prise de notes, le Carnet de champs d’AgConnexionMC est un outil stratégique pour la conformité réglementaire. Grâce à une saisie de données structurée, la production de rapports devient une tâche simple et rapide. Vous vous assurez ainsi que votre entreprise respecte les exigences en vigueur sans le stress administratif habituel. Profitez des quelques semaines restantes avant les semis pour explorer l’interface, paramétrer votre compte et prendre de l’avance pour être opérationnel dès que la première machine entrera au champ pour la prochaine saison. Vous pouvez enregistrer vos semis, planifier vos essais, analyser vos cartes de rendements ou l’historique de l’imagerie satellite pour être en mesure de passer au niveau supérieur dans la gestion de vos champs.  Adopter le Carnet de champs numérique, c’est choisir la tranquillité d’esprit et l’efficacité pour l’année à venir. Vous n’êtes pas encore inscrit au module Ferme intelligente offert par votre détaillant ? Contactez votre conseiller Agrocentre dès maintenant !
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 15 avril 2026
L’azote a une place importante dans nos systèmes agricoles ; qu’il provienne d’une source organique ou de synthèse, c’est un nutriment indispensable à la croissance des cultures. L’azote existe sous plusieurs formes, et évolue de l’une à l’autre, suivant un cycle. Sous certaines conditions, il devient du protoxyde d’azote (N2O), un gaz à effet de serre 273 fois plus puissant que le CO2. À l’échelle canadienne, 80% des émissions de N2O sont d’origine agricole (ECCC, 2018) : de ce constat découlent donc certaines mesures gouvernementales visant la diminution des quantités de fertilisants azotés utilisés, ou du moins, la réduction des émissions associées à leur utilisation. Parmi les bonnes pratiques de gestion de l’azote, il y a l’utilisation de fertilisants à libération lente ou contrôlée, comme le PurYield, ou d’inhibiteurs d’uréase et de la nitrification. Le rôle des inhibiteurs est de ralentir l’action normale des bactéries et enzymes présentes dans le sol, qui transforment l’azote d’une forme à l’autre, afin de le maintenir sous des formes stables plus longtemps, de le rendre disponible aux culture plus graduellement. Inhibiteurs d’uréase : Ils agissent sur l’enzyme uréase qui convertit l’urée en ammonium (NH4+). Au cours de cette transformation, il y a production d’ammoniac (NH3), un gaz qui s’envole s’il est trop près de la surface du sol. Ils peuvent réduire la volatilisation jusqu’à 70% par rapport à de l’urée non-protégée. Ils sont utiles seulement si on est en présence d’azote sous forme urée (urée ou solution azotée 28 ou 32%) qui est appliqué en surface ou enfoui de manière très superficielle (moins de 5 cm). Inhibiteurs de la nitrification : Ils agissent sur les bactéries nitrifiantes du sol, ralentissant la conversion de l’ammonium (NH4+) en nitrates (NO3-). Les plantes prélèvent surtout l’azote sous forme de nitrates, on souhaite donc qu’il y en ait en quantité suffisante dans le sol pour répondre aux besoins des cultures, mais étant chargées négativement, les molécules de nitrate ne sont pas retenues sur les particules de sol, et sont sujettes au lessivage, surtout en sol léger, lorsqu’il pleut. De plus, ce sont les nitrates qui, sous certaines conditions, sont convertis en protoxyde d’azote (N2O). Ralentir la nitrification permet donc de limiter les pertes, améliorer l’efficacité de l’azote et mieux synchroniser la disponibilité des nitrates avec les besoins des cultures. Les fertilisants sous forme urée ou ammonium peuvent bénéficier de l’ajout d’inhibiteurs de la nitrification. Il est important d’expliquer que la production de protoxyde d’azote survient lorsque les sols sont saturés d’eau. En absence d’oxygène, certaines bactéries vont « dénitrifier » les nitrates pour utiliser les ions oxygène qu’ils contiennent, et les convertir ainsi en N2O. La proportion de l’azote appliqué perdue par dénitrification varie donc beaucoup d’une année à l’autre, selon les conditions météo dans les semaines qui suivent les applications d’azote. Les sols lourds, mal structurés, au drainage déficient, les cuvettes et les sols compactés sont plus sujets à libérer du protoxyde d’azote après des épisodes de pluies abondantes. Dans le cadre du projet Racines d’avenir, Laboratoire vivant, des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ont testé différents inhibiteurs dans des essais réalisés à la ferme, en 2024 et 2025. En 2024, les inhibiteurs ont permis une réduction moyenne du N2O de 17.1%, et de 12.7% en 2025. Il n’y a pas eu d’augmentation de rendement de façon systématique, mais dans presque tous les essais avec une hausse de rendement, l’inhibiteur utilisé avait permis une réduction des émissions de 9% et plus. C’est donc dire que si les conditions météorologiques dans les semaines qui suivent l’application d’azote favorisent les pertes (par volatilisation, lessivage ou dénitrification), l’effet de l’inhibiteur sera plus tangible et l’augmentation de rendement plus probable. Vous avez de l’intérêt pour les inhibiteurs ? Nous avons une bonne nouvelle pour vous ! La mouture 2026 du programme Agrisolutions climat inclut une nouvelle PGB sur les inhibiteurs d’uréase et de nitrification. Une aide financière est disponible, permettant de couvrir 85% du coût d’un inhibiteur double (uréase et nitrification), ou d’une combinaison d’inhibiteurs, jusqu’à un montant maximal de 4000$. Vous trouverez tous les détails, et le formulaire d’inscription, sur le site de l’UPA G estion de l’azote et cultures de couverture (PGB 1 à 9) – UPA
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 15 avril 2026
Nous avons déjà abordé, dans un autre article , les points clés d'une bonne implantation du blé d'automne. Une implantation réussie est importante: il y a effectivement une portion du rendement qui se joue dès le semis. Dans sa présentation au Rendez-vous végétal de 2026, le conférencier Eric Richter, expert céréales chez Syngenta, indiquait que « ce sont les tiges d’automne qui font le rendement ». Une fois l’hiver passé, il y a toutefois encore beaucoup à faire pour s’assurer d’une récolte abondante et de qualité ! Voyons quelles sont ces étapes qui influenceront le succès et la rentabilité de la culture du blé d’automne. Survie à l’hiver et population : Semer une céréale d’automne a de nombreux avantages, dont ceux de maintenir le sol couvert, de maximiser l’utilisation de l’énergie du soleil dans les entre-saisons et d’alléger les tâches de semis le printemps venu. Par contre, l’hiver, avec ses grands froids et ses redoux, représente toujours un risque pour la survie de la culture. Dès que la croissance reprend, il faut visiter les champs de blé d’automne et évaluer la survie à l’hiver. Même si certaines feuilles sont desséchées, si la couronne et les racines sont saines, le plant est en vie et reprendra sa croissance. Le guide Céréales d’automne du CRAAQ indique qu’un seuil à 65% de survie permet d’espérer un rendement quand même intéressant, et supérieur à celui d’un blé de printemps. Pour compter la population sur 1 pi2, dans un champ semé avec un espacement de 7,5 pouces entre les rangs, il faut compter les talles (ou les tiges principales), sur 19,2 pouces de rang. Dans sa présentation, M. Richter proposait de viser une population de 80 tiges/pi2 pour un rendement supérieur. L’imagerie satellite en début de saison, ou les images prises par drone, sont des outils d’aide à la décision qui peuvent s’avérer utiles pour estimer le % de survie global lorsque la mortalité survient par zones dans le champ. Fertilisation : Il est recommandé d’appliquer une portion de l’azote très tôt au printemps, dès que la survie est confirmée et qu’il est possible d’entrer dans le champ. Cela favorise la reprise et la formation de talles et peut s’avérer particulièrement intéressant si le plant n’a pas eu la possibilité d’en développer à l’automne. Le reste de l’azote est généralement appliqué en début de montaison (stades Zadoks 30-31). Les sources d’azote utilisées peuvent varier, mais idéalement, au moins une portion de l’azote provient d’une source facilement disponible par temps froid, comme le nitrate de calcium ; l’ajout de soufre permet une belle synergie et maximise l’utilisation de l’azote. --> Pour aller plus loin : au stade GS30-31, prenez une analyse foliaire et corrigez la fertilisation en magnésium et en éléments mineurs si nécessaire, à l’aide de fertilisants foliaires combinés au régulateur de croissance. Vous pouvez analyser de nouveau le feuillage à la sortie de la feuille étendard et corriger la fertilisation en même temps que l’application de fongicide. Fongicides : La santé des plants permet de prolonger et de maximiser la période de remplissage des grains. Pour générer du rendement, ça prend beaucoup d’épis, beaucoup de grains par épis, et des grains pesants. Il y a 3 moments clés pour l’application de fongicides dans le blé : le premier traitement (T1) vise à protéger le feuillage des maladies comme les rouilles ou l’oïdium et s’effectue autour de l’apparition du premier nœud (GS30 à 32). Le deuxième traitement (T2) protège la feuille étendard ; avec l’avant-dernière feuille et l’épi, ces structures représentent 90% des tissus photosynthétiques de la plante. Pour optimiser l’utilisation de l’énergie lumineuse et la convertir en rendement, on vise à garder la feuille étendard verte jusqu’à ce que l’épi commence à murir. Finalement, le traitement T3 s’effectue à la floraison, et sert à prévenir la fusariose de l’épi. La compilation des résultats du Yield Enhancement Network (YEN) des Grands Lacs, un concours du plus haut rendement de blé qui rassemble des producteurs de l’Ontario et des États américains autour des Grands Lacs, montre qu’en 2025, ce sont les producteurs qui ont fait 3 applications de fongicides qui ont eu les plus hauts rendements. Par contre, la grande majorité des participants optent pour une stratégie à deux passages, soient T1 et T3. Si un seul passage est envisagé, la plupart des producteurs choisissent de protéger l’épi. Si vous observez des maladies foliaires dans le bas de vos plants, il pourrait être judicieux de protéger la feuille étendard avec une application de fongicide. Pour ce qui est du T3, vous pouvez consulter le site internet Agrométéo Québec qui présente un modèle d’évaluation du risque d’infection par le fusarium sous forme de cartes interactives, afin de vous aider à prendre la décision de traiter ou pas. --> Pour aller plus loin : envisagez d’ajouter un biostimulant avec votre application de fongicide. Dans le Réseau Agrocentre, nous avons eu de très bons résultats en ajoutant du STIMULAGRO au fongicide appliqué à la floraison dans le blé. Régulateur de croissance : Un régulateur de croissance permet d’épaissir la tige du blé pour la rendre plus résistante à la verse. L’endroit où l’épaississement se produit est défini par le moment d’application du régulateur. Il est recommandé de viser le stade GS30-32 pour solidifier davantage la base du plant. La décision d’utiliser ou non un régulateur de croissance devrait être guidée par certains facteurs : la sensibilité variétale à la verse, la densité de population et la fertilisation azotée doivent être pris en compte. Récolte : Le dernier point de régie du blé d’automne couvert par M. Richter lors de son passage au Rendez-vous végétal était la gestion de la récolte. Selon lui, récolter « trop tôt » est de loin préférable à récolter « trop tard ». Quand le grain a atteint sa maturité physiologique, ce qui se produit à un taux d’humidité relativement élevé pour les céréales, il n’y a plus de gain possible à le laisser au champ. On vise à le récolter alors que ses paramètres de poids spécifique, d’indice de chute et de D.O.N. sont à leur meilleur. Le conférencier indique que lorsque l’humidité du grain atteint 22%, c’est le signal que le blé est prêt à être récolté. Il faut bien sûr s’assurer ensuite que les conditions d’entreposage sont adéquates pour préserver la qualité de la récolte. --> Pour aller plus loin : le semis de trèfle en intercalaire du blé est une pratique qui gagne en popularité. Le trèfle s’implante tranquillement dans la céréale en croissance, et se développe rapidement une fois le blé récolté. Il bénéficie d’une longue saison de croissance et apporte une quantité d’azote non négligeable pour la culture suivante (souvent du maïs). On le sème en sursemis à la volée sur le blé gelé (avec un vtt pour limiter la compaction) dès que la neige fond, ou encore par drone ! Le blé d’automne est une culture particulièrement intéressante par sa grande réponse à plusieurs points de régie. Il y a de quoi s’amuser à se mettre au défi d’atteindre année après année de meilleurs rendements ! Vous voulez pousser un peu plus loin votre gestion du blé d’automne ? Parlez-en à votre conseiller Agrocentre !
par Nadia Fournier, TP, conseillère Agrocentre Fertibec inc. 23 mars 2026
Ces dernières années, il est de plus en plus fréquent de faire face à des ruptures de stock de certains produits de phytoprotection au cours de la saison de production. Pour la plupart, ces manques surviennent à la suite d’événements météorologiques extrêmes et imprévisibles, plus fréquents avec le réchauffement climatique, et parce que les inventaires sont généralement plus limités chez les fournisseurs. Rappelez-vous que ces compagnies doivent prévoir les quantités à produire jusqu’à un an à l’avance, en considérant les besoins d’acheteurs de différents endroits sur la planète, et en tenant compte des périodes d’application, des formulations ou des règlementations qui peuvent différer d’un pays à l’autre. Certains produits reviendront sur la chaîne de production 3-4 fois dans une année alors que d’autres ne seront produits qu’une seule fois, la totalité des quantités prévues, sans possibilité de redémarrer une production à un autre moment. Les manufacturiers doivent intégrer le tout dans un horaire de production qui doit être respecté pour que l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement performe bien. Qu’est ce que vous pouvez faire de votre côté afin de mieux planifier vos besoins en produits de protection des cultures ? Les aléas de la météo entraîneront toujours des imprévus qu’il faudra gérer au cas par cas,mais faire un sommaire des produits utilisés au cours des 3 dernières années, mis à jour annuellement, serait certainement un bon point de départ afin d’aider à la planification. Nous vous suggérons également de garder l’esprit ouvert face aux nouveaux produits qui font leur apparition sur le marché ; les inclure à petite échelle dans votre régie vous permet d’apprendre à travailler avec ceux-ci et lorsque certains produits sont retirés ou tout simplement non disponibles, il y a des alternatives que vous êtes à l’aise d’utiliser. Avant chaque début de saison, il serait aussi important de revalider directement sur le site internet des fournisseurs les étiquettes des produits utilisés ou potentiellement utilisés sur la ferme. Il est aussi recommandé de le faire en cours de saison, avant l’utilisation, afin d’éviter des mauvaises surprises. L’étiquette publiée sur le site des fournisseurs prédomine toujours sur celle qui est sur le contenant qui peut dater de plusieurs années. À la fin de chaque saison, il serait bien de faire une rétrospective en essayant d’évaluer les problèmes de contrôle des insectes ou des maladies rencontrés pendant la saison, en se questionnant sur les raisons possibles de ce moins bon contrôle ? Voici quelques pistes de réflexion : volume de bouillie appliquée, qualité de l’eau d’arrosage, mauvais timing, stade de l’insecte, choix de produit, adjuvant, température. Ces observations permettront d’améliorer la planification pour le prochain cycle de culture. L’entreposage sur la ferme ? Oui, mais à certaines conditions... Certains d’entre vous seront tentés de se bâtir un inventaire afin d’éviter les pénuries de produits en cours de saison. Vous devrez rester vigilant car plusieurs règles s’appliquent à l’entreposage de pesticides. Tout d’abord, certaines distances sont à respecter entre le lieu d’entreposage et toutes sources d’eau (puits, lacs, milieux humides, etc.) et ces distances varient selon la source d’eau présente. Les pesticides doivent être entreposés dans un endroit où aucun paramètre (température, humidité, précipitation) ne peut altérer le pesticide (valider avec les fiches signalétiques de chacun des produits), son contenant ou son étiquette. Les quelques règles qui suivent sont souvent sous-estimées ou tout simplement méconnues de la part des producteurs agricoles. En effet, lorsque vous entreposez une quantité égale ou supérieure à 1000 litres ou à 1000 kg de pesticides sur une période de plus de 15 jours consécutifs, vous devez le faire dans un endroit avec un aménagement de rétention. Ce qui signifie que cet endroit doit être aménagé de sorte à pouvoir retenir toute fuite ou déversement de pesticides et rendre possible la récupération de l’entièreté du produit écoulé. L’aménagement peut consister en un plancher, une plate-forme ou un bassin étanche. La capacité de rétention doit être suffisante pour contenir au moins la quantité du plus gros contenant entreposé dans cet endroit. À noter que la quantité maximale de 1000 kg ou 1000 L représente la somme des pesticides liquides et solides entreposés, afin de totaliser le nombre de 1000. Par exemple, 700 litres de pesticides liquides et 310 kg de produits solides totalisent 1010 ce qui est supérieur à la limite permise sans aménagement de rétention.  Les pénuries de produits feront malheureusement partie de votre quotidien et il faudra apprendre à s’adapter à cette réalité. La planification sera un outil important dans le futur afin d’évaluer vos besoins à long terme et considérer avoir un certain inventaire de produits tout en étant conformes aux lois régissant l’entreposage des pesticides.
par Mégane Daneau, agrocentre Lanaudière inc. 23 mars 2026
Les décisions à prendre en saison sont de plus en plus importantes, dans des conditions de production plus restrictives et un contexte économique serré. Entre la gestion des champs et les engagements personnels, le temps disponible est limité et les fenêtres d’intervention se resserrent, ce qui demande davantage de précision. Il devient donc essentiel de s’appuyer sur des outils d’aide à la décision pour bien planifier les interventions. Chez Agrocentre, nous mettons de l’avant le dépistage comme complément au suivi des cultures, qu’il soit réalisé par nos dépisteurs ou en collaboration avec le producteur et ses employés. Le dépistage consiste à observer et identifier les symptômes ou les dommages causés par différents facteurs nuisibles. Il vise également à suivre et évaluer les conditions du champ et de la culture afin de mieux comprendre leur évolution. Que le suivi soit réalisé par le producteur, un conseiller ou un dépisteur, il est effectué de façon répétée en saison et sa fréquence peut varier selon les besoins et les périodes critiques. La méthode de dépistage s’adapte aussi au stade de la culture. Par exemple, dans la carotte, l’observation des mauvaises herbes est plus soutenue du début de la levée jusqu’à la fermeture des rangs, période durant laquelle la culture est plus sensible aux herbicides et où le choix du traitement doit être fait avec rigueur. Les outils disponibles sur les réseaux d’information permettent également d’anticiper certaines périodes de forte pression des ravageurs, en fonction des variations de température, de l’activité des insectes bénéfiques ou du stade de développement de la culture. Ces informations, combinées aux observations terrain, contribuent à mieux positionner les interventions. Puisque le professionnel qui recommande un traitement doit bâtir une justification et même produire une prescription pour certains produits, consigner l’historique des champs devient primordial. Rapports, notes et photos constituent des outils précieux pour documenter les décisions prises. À l’Agrocentre, l’utilisation de la plateforme AgConnexion permet de structurer les rapports de dépistage et de centraliser les recommandations partagées entre le conseiller et le producteur. La valeur du dépistage se reflète dans une meilleure gestion du temps et des investissements de l’entreprise agricole. Il permet de prioriser les dépenses existantes, de protéger le rendement et d’éviter des interventions inutiles ou mal positionnées. L’historique des observations et des décisions facilite également la planification, en réduisant les allers-retours au champ et les risques liés à des interventions improvisées. En conclusion, les conditions environnementales et réglementaires obligent les entreprises agricoles à s’adapter continuellement aux besoins des cultures et aux normes encadrant l’utilisation des fertilisants et des pesticides. Le dépistage demeure un appui concret à la gestion des cultures, permettant d’optimiser les interventions afin de protéger le potentiel de rendement, la rentabilité et l’environnement. 
par Audrey Vernier, TP, DTA, Directrice des ventes corporatives Agro-100 23 mars 2026
par Éliane Lauzon-Laurin, TP, conseillère Agrocentre Lanaudière inc. 23 mars 2026
Au cours de l’été 2020, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a publié un projet de directives sur l’étiquetage des mélanges en cuve. L’objectif de ce document était de clarifier et de consolider les instructions servant à l’étiquetage des mélanges autorisés de produits de phytoprotection. Ces directives ont pris effet le 20 décembre 2025. Cela signifie que les compagnies de phytoprotection doivent inscrire sur les étiquettes de leurs produits des instructions concernant les mélanges en réservoir faits à la ferme. Pour qu’un mélange en cuve soit permis, l’étiquette de chacun des produits mélangés doit inclure soit une mention explicite des produits autorisés (par exemple le produit X peut être mélangé en cuve avec le produit Y), ou l’énoncé général de l’étiquette qui permet le mélange en cuve. En plus de l’énoncé général, les compagnies peuvent ajouter des directives d’exclusion si le mélange de certains produits avec le leur est déconseillé. Par exemple, sur l’étiquette du fongicide Nova, un énoncé général indique que les mélanges en cuve sont permis, mais un peu plus bas il y a un avertissement pour une catégorie de produits : “Les produits à base de cuivre mélangés au fongicide Nova réduisent l’efficacité du fongicide. » Voici un tableau résumé des mélanges permis selon les énoncés présents sur les étiquettes des produits: (source : Étiquetage des mélanges en cuve - Document d’orientation de l’ARLA 2025)
par Caroline Turcotte, t.p., conseillère, Agrocentre Lanaudière inc. 3 mars 2026
L’apport d’azote dans la culture du maïs est l’un des facteurs les plus importants pour avoir de bons rendements. Avec le coût élevé des fertilisants, voici quelques options pour « pimper » votre passage de solution azotée 32% et en tirer un maximum de profit ! L’ajout d’un protecteur d’azote tel que le Tribune™ vous permettra de réduire les pertes dues à la volatilisation, la dénitrification et le lessivage. Les deux ingrédients actifs qu’il contient procurent une protection accrue de l’azote au-dessus comme en dessous du sol ce qui signifie plus d’azote assimilable pouvant être utilisé par la plante. Des études démontrent des augmentations de rendements allant de 300 kg à 800 kg par acre, selon la dose d’azote appliquée, avec l’utilisation du Tribune™ par rapport au témoin non traité. Protéger chaque gallon appliqué, un investissement rentable ! Le soufre est un élément important pour la synthèse des protéines, la production de chlorophylle et le métabolisme de l’azote. Le maïs requiert environ un kilogramme de soufre par 11 kilogrammes d’azote prélevés, donc environ 22 kg de soufre pour 240 kg/ha d’azote absorbés* tout au long de la saison pour un rendement de maïs de 12 tm/ha. L’ajout de thiosulfate (12-0-0 26S) à raison de 10% à la solution azotée en post levée, améliore l’efficacité de l’azote appliqué et peut permettre d’augmenter les rendements du maïs, surtout dans les sols sableux, avec peu de matière organique. Le bore est aussi un élément qui peut être ajouté dans la solution 32. C’est un élément mineur requis en plus petite quantité (un rendement de 12 tm/ha de maïs prélève 560 gr/ha de bore*), mais qui est néanmoins crucial pour le métabolisme des glucides, la synthèse des protéines, le transport du calcium et des sucres, et une bonne pollinisation. Sur votre analyse de sol, un taux inférieur à 0.7 ppm de bore indique une carence/un faible niveau. Il est fréquent que le bore soit insuffisant, surtout dans les sols sablonneux ou avec peu de matière organique. L’ajout de Nitro-B 10%, un produit d’Agro-100, permet de fournir suffisamment de bore à la plante lorsqu’il est appliqué à une dose de 1.5 L/ac. Les résultats moyens de 12 essais menés de 2019-2021 ont permis de déterminer un avantage de plus de 50$/ac lorsque du bore est ajouté. Finalement, l’ajout de biostimulants est aussi une excellente option pour maximiser son passage de solution azotée en post-levée. Il y en a une multitude ! Les biostimulants à base d’acides humiques et fulviques par exemple, améliorent la disponibilité et l’absorption des nutriments, stimulent l’activité des microorganismes et favorisent la croissance racinaire. Nous offrons plusieurs produits dans cette catégorie de biostimulants, tels que le Nitro-C C-Plex d’agro-100, l’Hydra-Hume d’Helena, l’OPSORBA ou l’INICIUM LC, d’Organic Ocean. Ce dernier est un mélange d’acides humiques, fulviques, d’éléments fertilisants et d’extraits d’algues, qui permettent en plus d’améliorer la résistance aux stress. En mélange dans le 32-0-0, les acides humiques et fulviques aident à stabiliser la forme ammonium (NH4+) dans le sol et ralentissent la conversion en nitrate (NO3-), ce qui peut réduire les risques de pertes par lessivage et dénitrification. Il est également possible d’opter pour l’ajout d’un biostimulant contenant des bactéries du genre Bacillus, tel que le BioPath® de Mosaic. Les bactéries solubilisent le phosphore fixé dans le sol et améliorent ainsi sa disponibilité et son absorption par la culture, ainsi que celles d’autres éléments fertilisants. Selon des essais menés par Agrocentre en 2024, le BioPath® a permis d’obtenir un revenu additionnel de plus de 20$/ac. Un très large éventail de produits est offert pour optimiser le passage de la solution azotée 32%. Cela peut sembler compliqué d’y voir clair, mais il s’agit seulement de choisir le bon produit selon les besoins de vos champs. Il est évident qu’en premier lieu il faut s’assurer de fournir les éléments fertilisants nécessaires aux cultures en fonction des analyses de sol, et ensuite les protéger pour qu’ils demeurent assimilables par les plantes. Contactez votre conseiller pour en savoir plus et faire le bon choix !  *Les prélèvements indiqués dans cet article proviennent des données de l’application Fertilizer Removal by Crop de AgPhD
par Catherine Faucher, agr. conseillère technique et marketing, Réseau Agrocentre 3 mars 2026
Le genre Bacillus, un groupe très diversifié de bactéries, compte plus de 140 espèces, dont certaines jouent un rôle clé dans la transformation du phosphore du sol grâce aux phosphatases et aux acides organiques qu’elles produisent. Pour cette raison, différents Bacillus se retrouvent dans la composition de biostimulants microbiens qui ont comme fonction d’améliorer la disponibilité du phosphore dans le sol et le prélèvement de plusieurs nutriments par les cultures. Lors de l’utilisation de ces biofertilisants, on observe un meilleur développement racinaire, et une plus grande quantité d’azote, de phosphore, de potassium et de micronutriments dans les tissus végétaux. C’est l’exploration d’un plus grand volume de sol par un système racinaire plus développé, combinée à une meilleure disponibilité de nutriments clés, qui font en sorte que les plantes en prélèvent davantage .Une meilleure utilisation des éléments fertilisants augmente le potentiel de rendement, et la profitabilité. Certaines compagnies ont choisi de commercialiser des produits qui contiennent des enzymes plutôt que les bactéries qui les produisent. Ils permettent de solubiliser les phosphores fixés dans le sol, et auraient comme avantage d’être immédiatement efficaces dès l’application et de façon constante jusqu’à 60 jours. Ces produits sont idéalement appliqués le plus tôt possible en saison, près de la semence ou du système racinaire, pour en tirer un plein bénéfice. On peut s’attendre à des résultats positifs dans plusieurs cultures, mais le maïs, le blé et les pommes de terre répondent particulièrement bien. Les biostimulants à base de Bacillus ou d’enzymes sont offerts en formulations et modes d’application variés, ce qui permet une grande flexibilité d’utilisation. Certains s’appliquent en traitement de semences, d’autres en imprégnation sur les fertilisants granulaires, en mélange avec les démarreurs liquides ou les produits de protection des cultures, ou encore en application en post levée avec la solution azotée 32%.  Vous êtes intéressé à en savoir plus ? Contactez votre conseiller Agrocentre sans tarder.
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