Des fertilisants à prix d'or
Une forte demande saisonnière, une disponibilité mondiale limitée et des retards de production, les astres ne semblent pas alignés en notre faveur cette fois...
Dans ce blogue, je vous propose une traduction libre d'un article paru sur le site de Farm Progress, qui explique bien les principaux facteurs qui ont mené à l'escalade du prix des fertilisants dans les dernières semaines/mois.
On y explique d'abord que les superficies cultivées en maïs, soya, blé ou coton, aux États-Unis, au Brésil et en Chine, ont augmenté dans la dernière année, et que la tendance à la hausse devrait se maintenir. La demande est donc forte, et aura eu raison des réserves de fertilisants des différents producteurs, qui peinent à suivre la cadence.
Aux États-Unis, plusieurs installations impliquées plus ou moins directement dans la production ou le transport des fertilisants ont été endommagées, ou temporairement arrêtées, par l'ouragan Ida à la fin de l'été, ce qui n'a en rien aidé ce débalancement entre l'offre et la demande.
Il y a ensuite la Chine, plus important producteur d'engrais phosphatés, qui a récemment décidé de stopper ses exportations de phosphore et d'urée, afin d'assurer un approvisionnement suffisant pour les agriculteurs chinois. Même si nous achetons peu de fertilisant en provenance de Chine, les pays qui s'y approvisionnent habituellement se tournent maintenant tous vers les fournisseurs restants, ceux de qui nous achetons...
Mais le principal moteur de la flambée des prix des engrais est sans doute la situation actuelle de l'énergie. L'augmentation importante du coût du gaz naturel en Europe force l'arrêt des usines qui fabriquent des fertilisants azotés. Le gaz naturel, en plus d'être la principale source d'énergie de la plupart des usines de fertilisants au travers le monde, est aussi un ingrédient clé dans la fabrication de l'ammoniac anhydre, un constituant de l'urée. Ces arrêts dans la production ont bien sûr un impact important sur la disponibilité mondiale, et au-delà du prix, c'est le fait d'être capable d'acheter du produit à temps pour nos besoins qui devient inquiétant.
D'ailleurs, au niveau de l'approvisionnement, la disponibilité du produit n'est pas le seul enjeu. Une fois qu'il est acheté, il faut encore pouvoir l'amener jusqu'ici. La rareté des bateaux et des wagons, ainsi que les prix et les conditions fixés par les transporteurs, représentent un véritable défi logistique pour les équipes d'approvisionnement!
En résumé, c'est un ensemble de facteurs, pas nécessairement liés les uns aux autres, qui entraînent cette année les prix des fertilisants (et d'autres commodités) vers des sommets qu'on ne souhaite pas revoir trop souvent!








