Les leçons d'un printemps difficile
Un vrai printemps de misère ! Les retards dans les épandages et les semis nous ont forcés à semer ce qu’on pouvait, et non ce qu’on voulait.
Ne vous y méprenez pas, l’an prochain, on recommence ! En décembre, votre conseiller se présentera chez vous en vous rappelant qu’il est important de mettre la bonne semence au bon endroit. Vous pourriez avoir envie de lui répondre : « Je ne sais pas ce que je vais semer, ni quand, et ne me demande pas où non plus ! »
Tout de même, ce printemps nous aura appris quelques leçons, et même s’il arrive que les plans changent en cours de route, ça vaut toujours la peine de prendre le temps d’en établir un.
Entre les fenêtres de semis trop courtes et des champs qu’on aurait mieux fait de laisser tranquilles, le placement des biotechnologies a parfois été compromis. Des champs infestés de mauvaises herbes résistantes au glyphosate ont été semés en VT2P (caractère offrant le gène Roundup Ready), alors que des hybrides SmartStax ou LibertyLink auraient permis un meilleur contrôle en post levée. Autre exemple, un champ semé en majeure partie avec du soya Xtend, puis complété avec une variété Enlist. Résultat : moins de flexibilité, et un plus gros casse-tête lors de l’arrosage.
Alors voici une proposition : tenez vous-en aux technologies que vous aurez choisies avec votre conseiller pour répondre à une ou des problématiques connues. On choisira l’hybride ensuite !
Les sceptiques seront confondus ! Qui n’est pas content d’avoir semé du blé d’automne l’an dernier ? Déjà parce que ces champs-là n’ont pas eu à être semés au printemps, mais ça va bien plus loin que ça.
Les semis ont été beaucoup plus faciles sur un chaume de blé ou d’engrais vert. C’est dû au fait que ces cultures améliorent le niveau de matière organique, la structure du sol, et la capacité drainante de nos champs.
Donc, une autre proposition : si ce n’est pas déjà fait, envisagez d’intégrer une céréale et des cultures de couverture à votre rotation. Les champs qui vous ont donné du fil à retordre ce printemps pourraient grandement bénéficier d’une culture d’automne.
Et surtout, continuez d’envoyer des vidéos de capteurs de rendements à vos conseillers quand vous êtes contents du rendement du UGRC Ring, ils adorent ça !
Au moment d’écrire ces lignes, la disparité entre les champs de soya est frappante. Alors que dans certains, les plants sont à la hauteur des hanches, ils sont à peine plus haut que les genoux ailleurs. Pourtant, leurs stades de croissance ne sont pas si éloignés. Le soya est une plante qui s’adapte à la saison ; sa croissance n’est pas aussi rigide que celle du maïs. Cette capacité d’adaptation nous pousse à agir : plus on sème tard, plus nous devrons augmenter la population et resserrer les rangs. Un semis tardif réduit la période de croissance végétative du soya, ce qui l’empêche de développer pleinement son potentiel de buissonnement. Pour compenser, il est crucial d’accroître la population de plants par hectare et de diminuer l’espacement entre les rangs, quitte à ressortir le semoir à céréales !
En augmentant la densité de plants, on favorise une fermeture rapide du couvert végétal. Cela maximise l’interception de la lumière par la culture, permet un meilleur contrôle des mauvaises herbes et, au final, compense le moins grand nombre de branches des plants semés tardivement. L’objectif, c’est de s’assurer que, même avec une saison plus courte, le champ atteigne son potentiel de rendement optimal grâce à une densité de population adéquate.
Bref, au travers de tout ça, tout le monde a survécu ! Nous avons présentement de très belles températures pour le maïs et le soya, et nous avons, pour la plupart, des magnifiques récoltes de céréales d’automne. Mais surtout, nous allons affronter 2026 avec un coffre à outils un peu mieux garni !
Bonnes récoltes !








